Histoires Courtes/La Naissance d'un Chasseur de l'Ombre

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« Tu as perdu le droit de m'appeler frère quand tu nous a tous trahi. Va-t'en Nidhiki, hors de ma vue et de cette cité. Va-t'en avant que je ne te tue. »
Toa Mangai Lhikan

La Naissance d'un Chasseur de l'Ombre
Drapeau Royaume-Uni.png
2005
Greg Farshtey

La Naissance d'un Chasseur de l'Ombre est une histoire courte écrite par Greg Farshtey qui fut publiée dans la première édition de BIONICLE : Encyclopédie. La facette Chasseur de l'Ombre de la trahison de Nidhiki est racontée dans L'Héritage du Mal.


Toa Lhikan glissait en silence à travers les rues sombres de Ta-Metru. La nuit était tout à fait silencieuse, comme si sa cité d'adoption était devenue une ville des morts. Même les ombres semblaient touchées par la peur qui s'était emparée de Metru Nui.

Il commença à invoquer une petite flamme, puis s'arrêta. Turaga Dume l'avait averti : il risquait de trahir sa position en utilisant ses pouvoirs. L'ennemi n'aurait qu'à remonter à la source de la flamme, et s'il devait être pris trop loin du Colisée... il avait vu ce qui restait d'autres Toa qui s'étaient montrés négligents.

Vous pouvez vous permettre une erreur ou deux contre une bête Rahi, se rappela-t-il. Mais pas contre ces opposants. Tous ce dont ils ont besoin, c'est une ouverture, et -

Un son venu d'en haut - du métal grattant contre la pierre, sans aucun doute de l'un des toits. Une embuscade ? Les Chasseurs de l'Ombre étaient suffisamment malins pour cela - et encore pire. Lhikan activa son Masque de Protection, s'entourant d'un champ de force, et prépara ses Grandes Épées de Feu. Qui que ce soit - ou quoi que ce fut - qui le poursuivait, il aurait une surprise.

Un masque familier apparut sur le bord du toit de la fonderie. « Détends-toi, mon frère. C'est moi ! »

Toa Nidhiki sauta à terre et atterrit à côté de son camarade. Son armure émeraude était marquée et grêlée par d'innombrables batailles. « Des promenades de minuit, maintenant ? » murmura-t-il. « C'est quoi le problème, la guerre ne te donne assez d'exercice ? »

« Tu étais censé rester au Colisée, avec les autres », répondit Lhikan.

« Je m'ennuyais. En plus, six Toa pour garder un Turaga devrait être suffisant. »

« Pas si j'ai raison, », déclara Lhikan, l'air sombre. « Pas si c'est lui leur cible, comme je le pense. La moitié de la légion pourrait être dans ce bâtiment, et il ne serait toujours pas en sécurité. »

Sous son Masque Kanohi de la Furtivité, Nidhiki sourit brièvement. « Tu t'inquiètes trop, mon frère. Comme toujours. Tu te souviens quand le haut de toutes les Tours de la Connaissance de Ko-Metru ont été fracassées ? Tu étais certain que le Dragon de Kanohi était de retour. Il s'est avéré que c'était des Chauve-Souris des Glaces. »

« Alors aide-moi, », déclara Lhikan. « Je vais vers l'ouest pour y patrouiller. Va vers le nord. Utilise ton masque, reste hors de vue, et pour l'amour de Mata Nui, si tu remarques des Chasseurs de l'Ombre, va chercher de l'aide cette fois. »

« Tu enlèves tout ce qui amusant dans cette violence constante, Lhikan » Nidhiki gloussa, se fondant déjà dans l'ombre.

***

Toa Nidhiki vagabondait dans les larges avenues de Ga-Metru, des vieux temples, des écoles et des canaux. De tous les Metru de la ville, c'était celui qu'il aimait le moins. Il semblait si propre et ordonné. Il avait le sentiment que si un peu d'eau débordait sur la rue, ils allaient appeler une demi-douzaine de patrouilles Vahki et déclarer l'état d'urgence dans le Metru.

Il avait depuis longtemps désactivé son Masque de la Furtivité, qui lui permettait de se transformer en une forme fantomatique, à peine visible et complètement silencieux. Même si le masque était efficace, il trouvait cela déconcertant de ne pas être capable d'entendre ses propres pas. Lhikan aurait appelé son action prendre un risque inutile. Mais Nidhiki doutait sérieusement qu'un Chasseur de l'Ombre soit prêt à mourir dans cette image parfaite du ciel bleu du si propre Metru.

Quelque chose fit bouger les ombres sur sa droite. Il sauta légèrement en voyant une Araignée de Chutes partir dans sa chasse nocturne. C'était quelque chose qu'il ne voudrait jamais admettre à ses frères Toa, mais Nidhiki avait toujours eu un dégoût maladif pour les Araignées de Chutes, les Nui-Jaga, les Nui-Rama... tout ce qui était insectoïde. Si ça ne tenait qu'à lui, Metru Nui aurait été purgé de ces choses rampantes avec plein de pattes il y a longtemps.

Nidhiki attendit jusqu'à ce que l'araignée soit hors de vue avant de passer, un peu plus prudemment qu'auparavant. Ce n'est que ce petit plus de méfiance qui lui permit de repérer le personnage qui passait d'ombre en ombre. C'était la première fois qu'il voyait quelqu'un d'aussi à l'aise que lui dans les ombres. Intrigué, il le suivit.

Deux choses sont rapidement devenues évidentes. La première était que ce n'était pas un Toa - elle ne portait pas de masque Kanohi et elle était beaucoup trop doué pour se rendre invisible et se glisser dans la nuit. Les Toa, en règle générale, n'étaient pas très bon pour se faufiler. Ça allait à l'encontre de leur image de héros publiques et fiers. Nidhiki était une exception à cette règle. D'où il venait, les Toa frappaient depuis l'ombre ou ne vivaient pas très longtemps.

La seconde était sa destination. Elle était sur une route directe du sud-ouest vers le Colisée. Normalement, ça n'aurait pas inquiété Nidhiki, pas avec les mesures de sécurité qui régnaient là-bas. Mais si ce Chasseur de l'Ombre était assez doué pour s'infiltrer, qui savait ce qui arriverait à Turaga Dume ?

Nidhiki s'arrêta, prépara sa faux, et visa là où elle serait, non pas où elle était. Puis il déclencha un fort ouragan, petit et concentré, dirigé vers sa cible. Elle ne se retourna pas. Elle ne cria pas. Elle sauta simplement de côté comme s'il lui avait jeté une balle Kodan, atterrit en silence, et fila dans sa direction. Son sourire était un défi.

« J'apprécie la petite brise », dit-elle doucement. « La chasse est un travail qui donne chaud. »

« Alors peut-être as tu besoin d'être un peu plus rafraîchie, » répondit-il. Cette fois, il envoya son pouvoir élémentaire d'air des deux côtés de son outil, l'encerclant. À son grand étonnement, elle fit un saut périlleux sans élan, évitant soigneusement les deux souffles. Avant même d'avoir atterri, elle lança deux poignards sur lui. L'un d'eux siffla devant son masque alors que l'autre trancha l'armure de son épaule droite tandis qu'il l'évitait.

« Je suppose qu'ils n'enseignent pas comment esquiver quand ils forment les Toa, » dit la femelle Chasseur de l'Ombre. « Pas étonnant que votre ville soit en train de tomber. »

Le regard de Nidhiki partit de la nouvelle entaille sur son armure émeraude pour arriver sur son ennemi. Elle l'avait raté volontairement, il en était sûr. Avec sa précision, si elle avait voulu le tuer, il serait mort.

« Non, pas ma ville », répondit-il. « Mais un endroit que je protège quand même. »

« Oh. Une question d'honneur ? »

Nidhiki fit une pause avant de répondre. « Disons qu'on ne m'a rien proposé de mieux. »

Il écarta ses yeux d'elle pendant une fraction de seconde pour préparer sa faux. Quand il regarda de nouveau, elle avait disparu, évanouie dans les airs comme un volute de fumée dans la brise nocturne. Nidhiki était complètement immobile, arrêtant même de respirer, ses jambes tendues et prêtes à bondir. En vétéran de mille combats, il savait qu'il valait mieux ne pas paniquer. Ne sachant pas où elle était, tout mouvement qu'il pourrait faire serait le mauvais. Il enclencha mentalement son masque et disparut dans les ténèbres.

« Oh, tu es doué. »

La voix était venue d'en haut. Elle était perchée dans les chutes, à regarder. C'était une cachette parfaite - un vent assez fort pour la déloger lui enverrait la chute sur la tête, et essayer de l'atteindre en grimpant tiendrait plus du suicide qu'autre chose.

« Je pourrais te tuer maintenant, Toa » poursuivit-elle. « Mais j'ai rempli mon quota aujourd'hui. Donc je vais juste te laisser ici et allez achever votre précieux Turaga. Si tu n'as pas peur du noir ... eh bien, tu le devrais probablement. »

Nidhiki garda le silence, jusqu'à ce qu'un autre poignard s'enfonce dans le mur derrière lui.

« Ne restes pas silencieux quand je te parle, » dit la Chasseuse de l'Ombre. « Je sais déjà où tu es. Je peux sentir ta peur. »

Le Toa se força de se détendre. Il avait dû subir de pires situations auparavant et avait toujours trouvé un moyen de s'en sortir. Ça n'en ferait qu'un de plus. « Tu ne réussiras jamais. C'est trop bien gardé. »

« Regarde-moi... À moins que tu ais un meilleur plan ? »

« Nous ne faisons pas partie du même camp, tu t'en souviens ? »

« Il n'y a aucune raison à cela. » Sa voix était au-dessus et derrière lui maintenant. Il tourna sur lui-même, mais ne réussit pas à la voir. « Combien de Toa aviez-vous au début ? Une centaine ? Deux cents ? Et qu'est-ce qu'il vous reste, peut-être quelques dizaines ? Les Chasseurs de l'Ombre ont la moitié de la ville, et nous allons bientôt avoir l'autre moitié. Quand ce sera fini, tu ne seras qu'un masque de plus dans une pile. »

Ces mots le frappèrent fortement. Dans les mois qui suivirent le refus de Turaga Dume pour la construction d'une base des Chasseurs de l'Ombre sur Metru Nui, d'innombrables Toa étaient tombés. La plupart avaient été frappés dans l'ombre, ne sachant même pas que leur ennemi était là. Oh, il y avait eu quelques victoires - Nidhiki avait mis en déroute plus que sa part d'ennemis, et Lhikan valait six Toa au combat - mais ils savaient tous que les chiffres étaient contre eux. Ce n'était qu'une question de temps.

« Si tu veux mourir, je serai plus qu'heureuse de te rendre service, » ajouta-t-elle. « Mais si tu veux vivre... quelque chose pourrait être arrangé. »

Un long moment passa. Puis Nidhiki abaissa sa faux. Une seconde plus tard, la Chasseuse de l'Ombre connu sous le nom de Lariska retomba au sol, en face de lui. Elle avait encore ses poignards à la main. « Le Ténébreux - mon employeur - est toujours à la recherche de nouveaux talents, » dit-elle. « Aide-nous à capturer le Colisée et tu pourras choisir ta récompense. »

L'impact de ce qu'il allait faire frappa de nouveau Nidhiki. S'il trahissait les Toa, son nom resterait dans l'infamie... ou pas ?

Qui le dira ? se demanda-t-il. Les Toa seront tous morts. Les Matoran ? Ils croient tout ce qu'on leur dit de croire. Et les Chasseurs de l'Ombre ? Bon, ce n'était pas comme si n'importe qui pouvait les écouter.

« Metru Nui, » dit-il fermement. « Je vous donne Dume, Lhikan, et le reste, et je reçois le droit de diriger la cité. C'est mon prix, c'est à prendre ou à laisser. »

Lariska sourit. « En fait, je pense que mes choix sont d'accepter ou bien de te tuer ou tu te tiens. Mais je vais attendre. Retrouve moi ici la nuit prochaine - Je te donnerais notre réponse. »

***

Le lendemain dura une éternité. Nidhiki passa son temps à errer dans le hall du Colisée, s'imaginant contrôlant tout cela. Ici et là, il sentit un petit pincement de culpabilité à propos ce qu'il allait faire. Mais ensuite, il se rappela que c'était la faute de Dume, et la faute des autres Toa, parce qu'ils avaient pensé qu'ils avaient une chance contre les Chasseurs de l'Ombre.

Lors du double coucher de soleil, Lhikan s'approcha. « Nidhiki, tu es ici. Il y a un bateau qui arrive du sud, transportant des fournitures. J'ai besoin de toi pour aller à sa rencontre. »

« Bien sur, » répondit Nidhiki, trouvant une excuse pour partir. « Un siège se finirait bien rapidement sans fournitures, non ? »

Il partit avant que Lhikan ne puisse répondre.

***

« Nous sommes d'accord, » déclara Lariska. « Demain, tu mèneras Lhikan et la garde du Colisée dans le Canyon des Chuchotements Éternels à Po-Metru. Nous serons éparpillés dans les grottes et les contreforts des collines. Une fois que ça sera fini, je m'occuperai de Dume personnellement... et la ville sera la tienne, Nidhiki. Que compte-tu en faire ? »

Nidhiki s'assit sur un banc et étendit ses jambes. « Peut-être que tu devrais rester dans les alentours, Lariska, et le découvrir toi-même. »

***

Les nouvelles de Nidhiki frappèrent le Colisée comme la foudre. Les Chasseurs de l'Ombre avaient établi un camp de base dans un canyon à Po-Metru. Toutes leurs opérations étaient coordonnées à partir de là. Une attaque éclair et la guerre serait finie. « Mais nous aurons besoin de tous les Toa que nous pourrons rassembler, » dit-il à Lhikan. « Nous ne pouvons pas nous permettre de gâcher cette opportunité parce nous aurons laissé quelques gardes au Colisée derrière. »

Lhikan regarda Dume. Le Turaga hocha la tête. « Nidhiki a raison. Nous pourrions ne jamais avoir une opportunité similaire. »

« Très bien, » déclara Lhikan. « Je vais rassembler la garde. Nous partirons tous ensemble. »

Moins de quinze minutes plus tard, ils étaient en chemin, une centaine de Toa menés par Lhikan et Nidhiki. Des nuages ​​de poussière étaient soulevés par leurs pieds armurés tandis qu'ils cheminaient sur des sentiers usés de Po-Metru. Chacun d'eux avait perdu un frère ou une sœur Toa dans cette guerre, et tous voulaient y mettre fin. Mais pas avant d'avoir fait payer les Chasseurs de l'Ombre pour leurs crimes.

Côte à côte, ils marchaient dans le Canyon des Chuchotements Éternels. Le cliquetis de leurs pas résonnait encore et encore. Le soleil cuisait la roche stérile aussi loin que l'on pouvait voir. Quelques Rahi volants s'élançaient et plongeaient dans le ciel rayonnant. D'un camp de base Chasseur de l'Ombre, il n'y avait aucun signe.

« Où est-il ? » demanda Lhikan, se tournant vers Nidhiki. « Tu as dit que la guerre pourrait prendre fin aujourd'hui. »

« Et ça sera le cas, » répondit le Toa de l'Air. Tout autour, les Chasseurs de l'Ombre sortaient de leurs cachettes, leurs armes dirigées vers les héros assemblés. « Désolé que ça doive se finir comme ça, frère. »

Lhikan secoua la tête. « Même pas à moitié aussi triste que je le suis ... et ne m'appelle plus "frère". »

Le Toa du Feu leva son bras. Soudain, des Toa apparurent en haut des parois du canyon, une douzaine, une centaine, puis deux cents, et plus encore. Ils ne disaient rien, se contentant de viser les Chasseurs de l'Ombre maintenant encerclés. Les Chasseurs sont désormais les Chassés, et ils regardèrent Lariska pour savoir quoi faire. Elle évalua ses chances, puis haussa les épaules, laissa tomber son poignard et se leva.

« Magnifique, » dit-elle à Nidhiki. « Tu m'avais trompée. »

Lhikan envoya Nidhiki vers les lignes des Chasseurs de l'Ombre. « Il ne vous a pas trompé. Bien que j'aurais préféré qu'il le fasse. »

« Comment as-tu su ? » demanda le Toa de l'Air à son ancien ami.

« L'autre soir. Le bateau transportant des fournitures, » répondit Lhikan. « Tu es parti sans demander où il s'était amarré. Je t'ai suivi pour te le dire, et je suis tombé sur ton rendez-vous avec ta nouvelle amie. »

« Et tous ces nouveaux Toa ? »

« Les fournitures qu'on nous avait promis du sud. Les Chasseurs de l'Ombre ayant des yeux et des oreilles partout, Dume et moi avons pensé qu'il valait mieux ne pas parler de renforts à haute voix. Une fois que je savais ce que tu avais prévu, je les ai envoyé ici pour tendre un piège pour nous. »

« Et maintenant quoi ? » demanda Lariska. « Vous nous envoyez dans la mer ? »

Le Toa du Feu a rencontré son regard, ses yeux froids. « Un messager a été envoyé au Ténébreux avant même que vous ayez atteint ce canyon. Vous serez autorisé à sortir d'ici la même manière que vous êtes entré, à condition que les Chasseurs de l'Ombre quittent Metru Nui et ne reviennent jamais. » Il se retourna et montra Nidhiki. « En commençant par lui. »

Nidhiki était incrédule. « Aller avec eux ? Mais je suis un Toa, Lhikan. Je suis ton frère d'armes ! »

Lhikan tourna le dos au Toa de l'Air traître. « Non. Non, tu ne l'es pas. Tu as perdu le droit de m'appeler frère quand tu nous a tous trahi. Va-t'en Nidhiki, hors de ma vue et de cette cité. Va-t'en avant que je ne te tue. »


SIX MOIS PLUS TARD


Nidhiki était assis sur un banc, à regarder une équipe de Chasseurs de l'Ombre s'entraîner. Leur mission était de pénétrer une île fortement défendue et voler une pierre connue sous le nom de Makoki. Il ne connaissait pas tous les détails, mais apparemment le Ténébreux avait l'intention de casser la pierre en six morceaux et ainsi faire six fois plus de profit.

L'équipe de Chasseurs de l'Ombre était, dans la plus grande partie, professionnelle et efficace. Ils surmontèrent ou contournèrent tous les obstacles que Nidhiki avait mis en place, et avaient éliminé efficacement tous les mannequins d'entraînement qui avaient surgi. Tous, en effet, sauf une grande brute bleue qui n'avait aucun semblant de grâce, de style ou de furtivité. Après l'avoir vu démolir une barrière sous laquelle il était censé se glisser silencieusement, Nidhiki en eut assez.

« Krekka ! » hurla-t-il. « Tu viens juste de réveiller tous les Toa à des kios à la ronde. Un Toa du Feu a repéré votre équipe et vous êtes sûr d'être l'invité d'honneur d'une friture de Chasseur de l'Ombre. Que fais-tu ? "»

Le Chasseur de l'Ombre réfléchit très longtemps. Puis il sourit et dit vivement : « L'écraser ? »

« Il est là-haut, » dit Nidhiki, montrant une forteresse inexistante. « Tu es en bas. »

Krekka regarda l'endroit que son instructeur indiquait, mais ne vit rien. « Il n'est pas là. Il s'est enfui ? »

« Non, mais pourquoi pas toi ? »

« Parce que j'aime être ici. »

Sans un mot, Nidhiki s'éloigna. Il était temps que lui et le Ténébreux aient un entretien.

***

« Ils sont prêts. » signala Nidhiki. « Tous, sauf l'imbécile bleu. Gardez-le ici, envoyez-moi, et nous allons prendre cette pierre pour vous. Je vous le promets. »

Le Ténébreux sourit, mais ne leva pas les yeux. « Et nous savons tous ce que tes promesses valent, n'est-ce pas, Toa Nidhiki ? »

Nidhiki s'empêcha de dire ce qui lui était venu à l'esprit. Il avait vu comment le Ténébreux traitait les insubordonnés. Au lieu de cela, il essaya une approche différente. « Je sais comment pensent les Toa. Je sais comment ils vont essayer de garder la pierre. Je devrais faire partie de cette mission. »

« Ta connaissance de tes anciens alliés te rend trop précieux en tant que formateur pour pour que je risque de te perdre », déclara le Ténébreux, n'essayant même pas d'avoir l'air convaincant. « Krekka pars. Tu restes. »

Nidhiki sentit la fureur monter en lui. Pendant les six mois passés depuis qu'il était arrivé sur l'île du Ténébreux, il n'avait rien fait, à part aider à préparer d'autres Chasseurs de l'Ombre pour des missions, flâner parmi les rochers, et regarder l'océan. S'il y avait quelque chose comme un Toa de l'Ennui, il en serait un. Et maintenant, être considéré comme moins que cette brute, cette masse de muscle maladroite - c'en était trop.

« C'est un crétin », a-t-il dit en serrant les dents.

Cela attira l'attention du Ténébreux. Il fixa Nidhiki et se redressa de toute sa hauteur. Sa voix sonnait comme de la glace que l'on brisait. « Et tu es un traître. Tu as tourné le dos à tes idéaux, tes amis, ta ville, tout cela pour sauver ta misérable peau. Pourquoi pense-tu que je devrais te faire confiance, Nidhiki ? »

Le Toa de l'Air n'avait rien à dire. Après tout, le Ténébreux avait raison. Il avait tourné le dos à tous ceux qui comptaient sur lui. Les Toa ne voulaient pas de lui, et les Chasseurs de l'Ombre ne faisaient que l'utiliser pour ses connaissances. Il n'appartenait à aucun endroit.

« Mais... j'apprécie tout de même tes talents, » continua le Ténébreux. « Alors peut-être as-tu raison - peut-être que tu pourrais mieux nous servir dans le monde au-delà de cette île. Je présume que tu ne souhaiterais que les missions les plus dangereuses ? »

Nidhiki sourit, à peine capable de croire que le Ténébreux en était venu à penser comme lui. « Ce sont celles qui sont le mieux récompensées. »

« En effet. Elles sont trop dangereuses pour qu'un Chasseur de l'Ombre les accomplisse seul, toutefois. Vous aurez besoin d'un partenaire. Heureusement, la personne parfaite attend en ce moment hors de cette pièce. »

Nidhiki se tourna vers la porte, certain qu'il savait qui était sur le point de la traverser. Lui et Lariska étaient des compagnons proches depuis la catastrophe sur Metru Nui. Personne ne pourrait mieux faire équipe avec lui.

La porte s'ouvrit. Nidhiki commença à dire son nom... puis le bruit mourut dans sa gorge. Debout sur le seuil ... en fait, si large qu'il avait cassé le chambranle de la porte... se trouvait Krekka.

***

« Dis-moi le plan de nouveau. »

Krekka commença à répondre, puis s'arrêta, comme si ses pensées venaient de s'envoler comme un oiseau Gukko affamé. Il sembla perdu pendant un moment. Puis il s'égaya soudainement alors qu'il se rappelait ce que Nidhiki lui avait demandé d'écouter.

« On va là-bas. Je me tais et j'essaye de sembler effrayant. Lorsqu'on a trouvé l'endroit, j'explose la porte en un coup. Tu vas à l'intérieur. Je reste à l'extérieur. »

« Pourquoi ? » demanda Nidhiki.

« Parce que tu l'as dit. »

« Et ensuite ? » C'était la quatrième fois que Nidhiki faisait répéter le plan à Krekka, du début à la fin, et il le ferait quatre fois de plus s'il le devait.

« Tu t'occupes de l'endroit puis ressort. On part et on revient ici. Tu donnes les armes au Ténébreux et je me tais, et... et... »

Nidhiki fronça les sourcils. « Et personne n'est blessé. »

« Oh, c'est vrai ! » dit Krekka. « J'oublie toujours cette partie. »

C'était un travail assez simple. Des Matoran d'une île proche avaient développé un nouveau type de lanceur. Personne ne savait exactement ce qu'il était censé lancer, mais le Ténébreux le voulait quand même. Apparemment, il n'y avait que quelques modèles qui existaient. Une fois qu'ils auraient été volés, et les équipements utilisés pour les créer réduits en miettes, cela prendrait du temps avant que plus puissent être construits.

Il y avait des problèmes, bien sûr. Il y avait un Toa sur l'île, mais Lariska avait accepté d'aller de l'avant et de mettre en place une diversion. Les Matoran avaient posté des gardes autour de leur village, mais ne couvrait pas un point d'accès, qui obligeait à escalader une falaise abrupte. Ils avaient supposer que personne ne pourrait passer par là.

Ils n'avaient jamais rencontré Krekka.

Le grand Chasseur de l'Ombre bleu enfonça son poing sur le flanc de la falaise, créant une prise en un instant. Il commença à monter, créant des trous dans la roche au passage. Nidhiki monta après lui. Ils étaient à mi-hauteur quand Nidhiki se rendit compte que quelque chose n'allait pas.

« Attends une minute, Krekka, » a-t-il dit. « Il me semble que Lariska a dit que tu pouvais voler ? »

Krekka répondit avec son air perplexe habituel. Puis il hocha vigoureusement la tête. « Oh, c'est vrai. J'avais oublié. »

Si je le pousse tout de suite de cette falaise, on ne le saurait jamais, grommela Nidhiki à l'intention de lui-même. Et je le voudrais bien, sauf que le Ténébreux a dit que je suis responsable de sa sécurité.

Krekka marcha rapidement vers la porte de l'armurerie et il l'abattit en un coup. Puis il s'arrêta docilement, se retourna et laissa Nidhiki entrer seul.

Les lanceurs furent faciles à trouver. Il y en avait trois, mais Nidhiki n'en prit qu'un seul pour le ramener au Ténébreux. Puis il creusa un trou dans le sol rocheux du bâtiment et plaça les deux autres dedans. Personne ne songerait à chercher des objets volés dans le lieu même où ils ont été volées - et maintenant que Nidhiki savait où ils étaient, il pourrait revenir et les récupérer à tout moment. Après tout, il pourrait en avoir un jour besoin pour quelque chose que le Ténébreux n'approuverait pas.

Il commençait à peine à combler le trou, que l'ombre de Krekka apparut. « Que fais-tu ? » demanda le grand Chasseur de l'Ombre.

« Je t'avais dit de rester dehors ! »

« Je viens de m'en rappeler, le Ténébreux m'a dit que je dois rester avec toi tout le temps pendant les missions. » répondit Krekka. « Qu'est-ce que tu fais, Nidhiki ? »

« Qu'est-ce que j'ai l'air de faire ? Écoutes, Krekka, nous allons en ramener un au Ténébreux, et nous allons garder les deux autres pour nous. N'aimerais-tu pas avoir un nouveau jouet pour jouer avec ? »

Krekka secoua la tête. « Le Ténébreux a dit de tout lui ramener. On ne laisse rien. »

« Krekka - »

« Le Ténébreux a dit non ! » dit Krekka, enfonçant son poing dans le mur. L'ensemble du bâtiment trembla comme s'il allait s'écrouler sur eux. Pire encore, le volume de sa voix attirait l'attention des Matoran. Nidhiki pouvait entendre les gardes arriver vers eux. On lui avait demandé de s'assurer que la participation des Chasseurs de l'Ombre à ce vol reste secrète, et c'était maintenant en danger.

« Très bien, » déclara Nidhiki, rassemblant les trois lanceurs et souhaitant pouvoir les utiliser sur Krekka. « Mais simplement parce que tu l'as demandé si gentiment. »

***

Nidhiki repéra tout d'abord l'étranger qui marchait dans la cour de pierre de la forteresse du Ténébreux. Grande, puissante, revêtue d'une armure noire de jais, elle bougeait comme un serpent, en lançant des coups d’œil à gauche et à droite. Elle était nouvelle, et tout ce qui était nouveau sur l'île était intéressant pour lui.

« Je ne le ferais pas, » déclara Lariska. Elle était apparue à côté de lui sans même qu'il ait remarqué qu'elle s'approchait. « Elle est louche. »

« Quel genre ? »

« Elle veut une formation de Chasseur de l'Ombre, et elle est prête à payer. Mais elle ne veut pas adhérer. Elle dit qu'elle a des plans bien à elle. Le Ténébreux lui a donc donner quelques heures pour changer d'avis, après elle sera renvoyée d'où elle vient. »

« Et elle a besoin de nos compétences - donc ses plans impliquent vol, assassinat, et trahison, » murmura Nidhiki. « On dirait que ça me ressemble. »

Avant que Lariska ne puisse l'arrêter, il était sur le chemin de la nouvelle pour la saluer.

« Laisse moi passer. »

Nidhiki ne bougea pas. Il avait découvert que le nom de la nouvelle arrivante était Roodaka, mais pas grand chose d'autre à son sujet. Pourtant, il avait pu faire quelques conjectures et la meilleure façon de les confirmer était en face-à-face. Si on peut dire qu'elle ait une « face », nota-t-il.

« J'essaye juste de bien vous accueillir, » dit-il légèrement. « C'est une île très conviviale que nous avons ici - fortement défendue, qui abrite plusieurs centaines de tueurs, et infailliblement mortelle pour les intrus... mais conviviale. »

Roodaka commença à le pousser. « Je n'ai pas besoin d'amis. »

Nidhiki la bloqua de nouveau. « Alors que diriez-vous d'un partenaire d'affaires ? Écoutez - Je suis coincé sur ce rocher depuis plus d'un an maintenant. Les seuls moments où je le quitte, c'est quand on m'envoie sur certaines missions, avec un imbécile baveux. Je veux partir d'ici. »

« Et en quoi ça me concerne ? »

« Vous cherchez à vous faire embaucher par quelqu'un, ou vous travaillez déjà pour eux, » répondit Nidhiki. « Quelqu'un qui a besoin d'êtres avec mon genre de talent. Présentez-moi. Si je suis engagé, je veillerais à ce que vous soyez récompensée. »

Roodaka hocha la tête. Quand elle parla à nouveau, c'était avec un ton de conspirateur. « Et que diront le Ténébreux et les autres Chasseurs de l'Ombre ? »

Nidhiki haussa les épaules. « Ils continueront à faire ce qu'ils font. Je suis destiné à des desseins plus grands. J'ai été - Je suis - un Toa. Je devrais diriger des îles minables comme celle-ci, pas y travailler. » La grande figure d'ébène sourit. « Je pense que nous pouvons faire affaire ensemble. Retrouvez-moi sur le quai dans l'obscurité complète. Nous conclurons notre accord à ce moment là. »

***

À minuit, Nidhiki se trouvait au bord de l'eau. L'île était silencieuse, un peu comme Metru Nui l'était un an auparavant, la nuit où il rencontra Lariska. Il ne lui avait pas parlé de sa rencontre avec Roodaka ou de son intention de quitter l'île. Elle n'aurait pas compris. Elle était une Chasseuse de l'Ombre, par profession et par nature. L'idée même que, dans une partie de son cœur, il se voyait encore comme un Toa aurait été risible pour elle.

Elle n'était pas assez ambitieuse, décida-t-il. Son horizon s'arrêtait aux frontières de l'île. Il avait toujours l'apparence svelte et puissante d'un Toa. Il avait toujours les pouvoirs d'un Toa. Tout ce qu'il aurait à faire serait de trouver une île où personne n'aurait jamais entendu parler de Lhikan ou de Dume ou de Metru Nui, et la population ferait la queue pour lui souhaiter la bienvenue. Tout ce qu'il voulait serait à lui, et peut-être ... Peut-être qu'il pourrait même être à nouveau un héros.

Après tout, j'en ai l'apparence, se rappela-t-il. Bien sûr, ça n'avait pas d'importance si Roodaka ne se montrait pas rapidement.

Il fixa l'océan, s'interrogeant sur son passé et son avenir. Il se souvenait de la première fois qu'il avait vu Metru Nui. C'était le jour où lui et une poignée d'autres Toa étaient arrivés suite à une demande d'aide pour combattre le Dragon de Kanohi. Ils étaient des étrangers les uns pour les autres, mais des frères tout de même - ils partageaient tous les risques et les responsabilités d'être un Toa. C'était un lien spécial, en rien semblable à ce que les Chasseurs de l'Ombre avaient en commun. Et, à la grande surprise et consternation de Nidhiki, il trouva que ça lui manquait. Bien sûr, peut-être qu'ils n'étaient pas vraiment ses amis... Peut-être qu'ils avaient été trop prompts à se retourner contre lui, au lieu d'essayer de comprendre pourquoi il avait fait ce qu'il avait fait... Peut-être qu'ils ne pouvaient pas voir au-delà de leur jalousie et de le ressentiment envers le seul Toa assez malin pour s'occuper de lui-même.

Si je n'avais pas été là, la guerre aurait continué, se rappela-t-il. Le Ténébreux serait assis dans le Colisée en ce moment. Mais ai-je obtenu leur reconnaissance ? Non, je me suis fait exiler. Eh bien, je vais trouver un endroit où ils ont besoin d'un Toa, et ne sont pas trop pointilleux sur sa nature. Et si Lhikan ou l'un de ces héros de Metru Nui essaie de m'en éloigner, je leur ferais regretter le jour ils ont mis un Kanohi. Je n'ai besoin que de Roodaka pour m'aider à obtenir ce que je mérite...

Les roues Rhotuka, faites d'énergie pure, font très peu de bruit quand elles volent. Même si celle qu'avait lancé Roodaka en avait fait, Nidhiki ne l'aurait jamais entendu à cause du bruit de ses propres pensées. Tout ce qu'il remarqua fut une douleur sombre quand ils frappèrent, le monde filant devant ses yeux, la sensation bizarre de ses muscles en train de se déplacer, de se modifier, de devenir quelque chose d'étranger.

Cela dura six secondes. Pour Nidhiki, cela dura une éternité. Quand ce fut enfin fini, il marcha... Non, il ne marchait pas, du moins pas comme avant... au bord de l'eau. Tout ce qu'il pouvait voir, c'était les vagues sombres de la mer.

« Laisse-nous t'aider. » La voix était celle du Ténébreux. Un instant plus tard, toute la plage était baignée par la lumière des torches. Et là, Nidhiki put voir son reflet dans l'eau.

Il cria pour un très long moment.

***

Roodaka regardait avec amusement comme Nidhiki tentait de maîtriser son nouveau corps. Il tombait dans le sable, essayant de se déplacer comme un Toa, mais prisonnier de la forme monstrueuse que sa roue de mutation lui avait donné. Elle se tourna vers le Ténébreux.

« Puis-je supposer que j'ai acheté ma formation ? » demanda-t-elle.

« Très certainement, » répondit le Ténébreux. Il pensait encore à quel point ses pouvoirs semblaient étonnants. La tête et les bras de Nidhiki avaient changé de forme. Encore plus grotesque, la partie inférieure de son corps ressemblait maintenant à celle d'un insecte géant à quatre pattes. Sa vue impressionnait trop, même pour certains des Chasseurs de l'Ombre assemblés. Lariska avait déjà fui vers la forteresse.

« Tu aurais dû t'en douter, » dit le Ténébreux à Nidhiki. « Roodaka voulait quelque chose de moi. Elle a tenté d'utiliser le rapport de votre conversation pour l'acheter, mais j'ai insisté pour d'avantage. Si tu continuais toujours de te tromper toi-même que tu pourrais redevenir un Toa, cela devrait facilement laver ton esprit de toute pensée de trahison, je vais te dépouiller de ce rêve une fois pour toute. »

Le Ténébreux rit, un son dur et cassant. « Tu es un monstre, Nidhiki. Les Matoran s'en irait en criant s'ils te voyaient. Tu ne seras jamais acclamé, jamais admiré, jamais salué comme un sauveur par les foules. Que seras-tu maintenant ? Un Toa des Cauchemars ? Un héros, Nidhiki, ou une horreur ? Non, je pense que tu as trouvé ta place maintenant, et pour toujours, avec les Chasseurs de l'Ombre. Qui d'autre voudrais de toi ? »

Les yeux de Nidhiki flambaient de haine. Le Ténébreux n'en tint pas compte. Au lieu de cela, il sourit simplement et posa une main sur l'épaule de l'ancien Toa.

« C'est ironique, d'une manière », déclara le chef des Chasseurs de l'Ombre. « Ton ami Lhikan aurait pu mettre fin à ta misère à Metru Nui, mais il a choisi de ne pas le faire. Il pensait sans doute qu'il te faisait une faveur quand il t'a permis de partir, sain et sauf, avec nous. » Le Ténébreux se tourna et s'en alla, en disant : « Un jour, tu devrais vraiment le remercier convenablement. »

Un par un, Roodaka et les autres partirent. Personne ne dit un mot de deuil pour le Toa qui venait de mourir... et personne ne dit un mot d'accueil pour le Chasseur de l'Ombre qui venait de naître.

Personnages


TimelineNav.png 2005 Protection | La Naissance d'un Chasseur de l'Ombre
2006 Le Rapport d'Infiltré | Tentacules | Espoir
2007 Les Nombreuses Morts de Toa Tuyet
2008 Le Royaume
2009 Décadence
2010 Personne N'Est Laissé Pour Compte