Le Règne des Ombres

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« Citoyens du Makutavers, vous êtes dans une zone non autorisée. Vous accompagnerez ces Exo-Toa jusqu'à Metru Nui, où vous serez… Recyclés pour un nouveau travail qui bénéficiera à tout mon peuple. Vous passerez le reste de vos vies là-bas, dans la paix et la prospérité, ne désirant rien d'autre... Ou vous mourrez, maintenant. »
Teridax au travers d'un Exo-Toa

Le Règne des Ombres
Drapeau Royaume-Uni.png
2009
Greg Farshtey

Le Règne des Ombres est un sérial en ligne publié sur BIONICLEstory.com en 2009 et 2010. Il se concentre sur le conflit entre les habitants de l'Univers Matoran et Teridax.

Chapitre 1

Vezon marchait entre les mondes.

Du moins, c'est ainsi qu'il le voyait. Depuis peu, il lui semblait que chaque pas qu'il faisait l'emmenait vers un endroit totalement différent. A un moment, il était dehors sous le soleil, en voyant des Matoran et des Chasseurs de l'Ombre travailler ensemble en parfaite harmonie (d'accord, ils construisaient un canon géant, mais ils se tenaient quand même très bien ensemble). L'instant d'après, tout avait changé et il était dans un endroit assez différent. Ici, un groupe nommé les Grands Êtres avaient construits un être biomécanique de 12 000 kilomètres de haut qu'ils avaient appelé Makuta. Malheureusement, son frère, Mata Nui, planifiait une rébellion contre lui.

Comment tout cela avait-il commencé ? Il essaya de se souvenir, jamais la chose la plus facile à faire pour Vezon. Il avait utilisé un Kanohi Olmak, le Masque des Portes Dimensionnelles, qu'il avait trouvé sur Destral. Un portail s'était alors ouvert devant lui. Impatient de quitter l'île, il marcha dedans – seulement pour se retrouver devant un raz-de-marée. Il l'aspergea, mais il ne mourut pas. Au lieu de cela, il tomba à travers un autre portail, atterrissant au milieu d'un marais. Puis un autre, puis un autre…

Cela lui prit du temps avant de comprendre ce qui lui était arrivé – son corps, son essence, avaient fusionné à ceux de l'Olmak. Il était maintenant, pour toutes les intentions et demandes, un passage dimensionnel sur pattes.

Il y avait encore beaucoup à apprendre, bien sûr. L'effet était-il permanent ? Pourrait-il jamais apprendre à utiliser son pouvoir, afin de choisir lui-même où aller ? S'il se tenait à quelque chose ou quelqu'un, voyageraient-ils avec lui ?

Ne serait-ce pas intéressant ? pensa-t-il. La première chose que je ferais serait de trouver Makuta Teridax et de lui donner un rand... Gros... Câlin.

***

Tahu utilisa son pouvoir élémentaire pour allumer un petit feu de camp. C'était de la folie, il le savait. Il y avait des Exo-Toa dans les environs et ils se rapprocheraient de la chaleur. Quoiqu'il en soit, étant un Toa du Feu, ils ne pourraient sûrement pas le manquer.

Il regarda autour du camp vers son ‘équipe'. Ce n'était pas une vue qui inspirait la confiance. Depuis les quelques jours depuis la prise de pouvoir de Teridax, les Toa Nuva s'étaient séparés (ils étaient une cible trop repérable s'ils restaient ensemble). En se ralliant à d'autres fugitifs sur leurs chemins, ils allaient vers des endroits relativement sûrs afin de se regrouper et de planifier.

Cela expliquait pourquoi Tahu était assis dans les ruines dévastées de Karzahni avec un Ko-Matoran, Kopeke ; Johmak, une femme membre de l'Ordre de Mata Nui capable de diviser et rassembler son corps ; Krahka, une Rahi femelle mutante ; et deux Chasseurs de l'Ombre, Gardien et Lariska.

Pas tout à fait comme Gali, Lewa et Kopaka, pensa Tahu. Mais ils feront l'affaire.

« Nous resterons ici quelques heures de plus, puis nous nous déplacerons, » dit-il. « Onua a dit qu'il y avait quelques membres de l'Ordre de Mata Nui quelque part au Sud d'ici, à la recherche d'un dépôt d'armes et de provisions. Nous nous rallierons à eux. »

« Et que ferons-nous ensuite ? » grincha Gardien. « Lancer des pierres dans le ciel ? Défier le vent avec des Lance-Missiles Cordak ? Tout ce que nous faisons est retarder l'inévitable – et nous le savons tous. »

« Et l'alternative ? » demanda Johmak. « S'incliner et s'agenouiller devant Makuta, en mendiant un moment de plus dans la vie pour le servir ? Laissez-moi mourir, alors, tant que je le fait en être libre. »

« Tahu… qu'allons-nous faire ? » demanda Kopeke, presque soupirant dans sa voix. « Gardien a raison. Non essayons de combattre l'univers lui-même. »

« Non, ce n'est pas ça, » dit Tahu. « Nous combattons un allumé qui contrôle le pouvoir d'un univers. Et ce n'est pas comme apprendre le fonctionnement d'une nouvelle machine dans une forge de Ta-Metru – cela prend du temps et de la pratique pour maîtriser un système aussi complexe. Et nous ne lui en donnerons pas le temps… nous ferons un Pohatu dessus. »

« Un Pohatu ? »

Tahu sourit. « C'est ça. ‘En cas de doute, saccage tout et espère te trouver autre part quand tout explose'. »

Gardien se réveilla et s'éloigna du feu. Il n'avait rien contre Tahu, mais il devait y avoir un meilleur moyen. Peut-être qu'au lieu de courir de lieu en lieu, ils devraient essayer de trouver un moyen pour sortir de cet univers. Peut-être que cet endroit était perdu, et peut-être était-il temps d'en changer. Ce n'était pas un choix facile, mais de toute façon ceux-là n'étaient pas le genre de choix qu'il faisait.

Sous ses pieds, le sol s'ouvrit. Des chaînes de pierre solide se formèrent autour de lui, le descendant dans le trou même pendant qu'il criait. Puis la terre stérile se referma à nouveau, et il s'en était allé.

L'équipe était sur ses pieds. « C'est Makuta, » dit Tahu. « Il sait où nous sommes. Il nous provoque ! »

« Dis-nous quelque chose que nous ne savons pas, » lança Lariska. « Comme, par exemple, qu'allons-nous faire pour ça ? »

Avant que Tahu ne puisse répondre, une douzaine d'Exo-Toa apparut devant eux. Leurs missiles étaient chargés et pointés sur les fugitifs. La machine principale parla avec la voix de Teridax.

« Citoyens du Makutavers, vous êtes dans une zone non autorisée. Vous accompagnerez ces Exo-Toa jusqu'à Metru Nui, où vous serez… entraînés pour un nouveau travail qui bénéficiera à tout mon peuple. Vous vivrez vos vies là-bas, dans la paix et la prospérité, ne désirant rien d'autre...ou vous mourrez, maintenant. »

« Vous savez quoi ? » dit Lariska. « Cela pourrait s'avérer être la plus courte révolution jamais chroniqué. »

Chapitre 2

Axonn courait depuis des jours et des nuits. Après avoir été téléporté de Metru Nui par le pouvoir de Makuta, il s'était retrouvé dans un paysage vaste et stérile. Au début, il n'y avait pas le moindre signe de vie du tout, de Matoran ou de Rahi, ni une seule habitation. Cela changea quand il commença à entendre des cris. C'étaient des cris d'agonie et ils venaient de Brutaka, même si son ami n'était visible nulle part.

Le guerrier avait accouru en direction des cris. Cela faisait – combien de temps ? Une semaine ? Un mois ? Il avait traversé le désert qui semblait ne jamais s'arrêter, mais il avait été incapable de trouver Brutaka. Étrangement, il n'avait ressenti ni fin ni soif au cours de son voyage, juste un besoin grandissant de continuer de chercher.

Certaines choses avaient commencé à le gêner, cependant, comme le bourdonnement d'une mouche de feu à son oreille. Le paysage ne changeait jamais. Il pouvait jurer qu'il avait vu la même formation de roches à plusieurs moments, comme s'il courait dans un cercle. Et Brutaka – même lui ne pouvait pas endurer ce qu'il semblait avoir endurer pendant des semaines alors. Ses cris auraient dû se taire depuis longtemps.

Puis une fissure apparut dans le ciel. C'était simplement une petite, mais de la lumière vive s'en échappait de quelque part à l'extérieur. Cela non plus n'avait de sens. A peine Axonn y avait pensé que la fissure s'agrandit. Puis d'autres fissures commencèrent à apparaître, dans le ciel, sur le sol, tout autour de lui.

Ça n'a pas de sens, pensa Axonn. Ça ne peut pas être réel. Ce… n'est pas réel !

L'instant suivant, Axonn était assis sur une plage. Les vagues se frottaient contre le bord devant lui, et derrière, une douce brise remuait les arbres de la jungle. Des Rahi volants tournaient dans le ciel au-dessus de sa tête, plongeant à certains moments pour pêcher un poisson dans la mer. Il n'y avait pas un signe du désert sans fin présent juste avant.

Bien sûr que non, pensa-t-il. Je n'ai jamais été ici. Avec ses pouvoirs augmentés par le corps de Mata Nui, Makuta peut percer même les boucliers mentaux d'un membre de l'Ordre. Les nuits et jours que j'ai passés à courir, les cris de Brutaka… ce n'était qu'une illusion.

Axonn se leva. Il avait toujours son armure, son masque, sa hache. Il se demandait si son masque, qui pouvait voir à travers n'importe quelle tromperie, était ce qui lui avait permis d'échapper au piège de Makuta au lieu d'être piégé dans ses fantaisies pour toujours.

Il n'était pas sûr de savoir où il était, et il ne s'en inquiétait pas à ce moment. Tout ce qui l'intéressait était où se trouvait Makuta, et il connaissait la réponse. D'une certaine façon, par un moyen quelconque, il allait retourner à Metru Nui – et Makuta allait payer pour ce qu'il avait fait, même si cela coûterait sa vie à Axonn.

***

Très loin de l'île d'Axonn, Tahu et son équipe provisoire affrontaient la fin potentielle de leurs propres vies. Le groupe était confronté à un groupe d'Exo-Toa lourdement armés, prêts à les emprisonner ou les exécuter. Tahu doutait que ces machines s'inquiètent de l'option qu'elles choisiraient.

Il calcula ses chances. Lariska, Krahka, Johmak et lui pourraient abattre quatre Exo-Toa, peut-être même huit s'ils avaient une ouverture. Cela laisserait cependant quatre machines libres pour les affronter. Dans le passé, il aurait juste accepté la situation et souhaité descendre au combat. Maintenant il essayait d'utiliser son cerveau autant que ses muscles, car le combat contre Makuta ne pouvait pas leur permettre de perdre des guerriers dans des sacrifices inutiles.

Il avait prévu un plan – faire semblant de se rendre, puis une tentative de fuite jusqu'à ce qu'ils atteignent Metru Nui – quand le sol commença à se remuer. D'abord, il pensa que c'était une autre attaque de Makuta. Puis les secousses devinrent plus violentes et quelques Exo-Toa perdirent l'équilibre. Ils n'eurent pas à se relever. Une crevasse s'ouvrit directement sous les machines et les avala. Tahu s'approcha jusqu'au bord, et ne vit que de l'ombre. Du moins, en premier…

« Mon frère ! Peux-tu me donner un coup de main ? »

Tahu sourit. Onua Nuva était accroché au mur de la crevasse. Les Exo-Toa n'avaient pas été aussi chanceux, et étaient tombés dans ce qui semblait être un puit sans fond.

Le Toa du Feu aida le Toa de la Terre à retourner au sol. Il acquiesça devant la faille, en disant, « Tu fais toujours du bon travail. »

« Je n'ai pas arrêté de pratiquer, » dit Onua.

« Nous allions juste au sud pour trouver ces agents de l'Ordre que tu as mentionné, ceux qui cherchent des armes, » dit Tahu.

Onua remua la tête. « Ne t'en occupe pas. Les Rahkshi les ont eus, ainsi que les ravitaillements. »

« Alors nous prenons une autre direction, » dit Tahu, « Et nous continuons d'avancer. »

Lariska s'approcha, en jouant avec son poignard. « Alors, une idée lumineuse ? Il y a d'autres Exo-Toa à l'endroit d'où viennent ceux-ci. »

« Et d'autres Rahkshi, » acquiesça Tahu.

« Les Onu-Matoran, » dit Onua, en souriant.

« De quoi parles-tu ? » demanda Lariska.

« Les Onu-Matoran vivent sous le sol la plupart de leur vie, » expliqua le Toa de la Terre. « Dès qu'ils arrivent à la surface, la lumière vive les éblouit. La plupart d'entre eux sont aveuglés pendant un court instant, jusqu'à ce qu'ils y soient habitués. C'est ce qu'est Teridax maintenant. Il n'est pas habitué à tous ses pouvoirs pour l'instant, et n'essaie pas de voir dans toutes les directions à la fois. Il a besoin d'autres yeux et oreilles à l'intérieur de l'univers – les Rahkshi et les Exo-Toa. »

« Qu'as-tu en tête, et est-ce que ça nécessite des explosions ? » demanda Tahu, avec espoir.

« Oh, bien sûr, » lui assura Onua. « Un Toa de la Terre apprends à… garder l'oreille au sol. Makuta est peut-être tout-puissant, mais il aura toujours besoin de créer des Rahkshi de la même manière – en créant des larves Kraata qui se transforment ensuite en ses guerriers. Et je pense savoir justement d'où ces Kraata sont créés. »

« Nous attaquerons là, » dit Tahu. « Peut-être que nous pourrons couper ses suppléments de Rahkshi, temporairement. C'est un début. »

« Jusqu'à où ? » demanda Lariska.

« Nous irons là-bas, » dit Onua. « Makuta a pris la seule source de Protodermis Énergisé que l'Ordre de Mata Nui n'aurait pas pensé à essayer d'abattre – celle sur leur propre île de Daxia. Il a assiégé leur forteresse et pris le contrôle de l'île. C'est là où nous devons aller. »

« Gardé ? » demanda la Chasseuse de l'Ombre.

« Comme si c'était le trésor des Grands Êtres, » dit Onua. « Apporte une dague en plus. »

***

La mission de Lewa était simple et directe. A l'aide d'une information d'un agent de l'Ordre survivant, il s'était dirigé vers l'île d'Artakha. D'une certaine façon, le puissant dirigeant de cette contrée devait être convaincu de faire plus que de s'asseoir et de créer des armes et des armures. Ils avaient besoin de lui pour le combat.

En s'approchant assez pour voir l'île, il pouvait constater qu'il était déjà trop tard. Des Rahkshi brisés salissaient la côte, mais d'autres s'avançaient vers la forteresse. Les Matoran artisans d'Artakha combattaient désespérément, mais c'était une cause perdue. Le seul espoir était d'obtenir d'une certaine façon une aide d'Artakha lui-même avant que les forces de Makuta ne le surpassent.

Lewa s'apprêta à se lancer dans un plongeon quand une voix résonna dans sa tête. Ne le fais pas, dit-elle. C'est trop tard. Mais il y a un autre qui peut t'aider, si je tombe. Vas vers lui. Persuade-le de rejoindre le combat.

« De qui parles-tu ? Et où pourrai-je le trouver ? » Dit Lewa.

Il reste encore du temps, dit la voix d'Artakha. Je t'enverrai à lui. Le reste dépend de toi.

Le monde tourna, puis Lewa vit qu'il n'était plus dans les airs au-dessus d'Artakha. Au lieu de cela, il était debout dans une caverne sombre, face à un mur de pierre vide. Il pouvait sentir quelque chose derrière lui, de la même manière qu'on pouvait sentir une sangsue de marécages ramper dans le dos jusqu'au cou. Lewa voulait se retourner et voir ce qui s'y trouvait – et, en même temps, il savait qu'il ne voulait vraiment pas voir.

Retourne-toi. Cette voix était également dans l'esprit de Lewa, mais n'avait en aucun cas le confort et l'assurance que l'on pouvait trouver dans celle d'Artakha. Si une voix pouvait avoir une odeur, celle-ci sentait la mort et la moisissure.

« Qui êtes-vous ? Où suis-je ? » Dit Lewa, en restant là où il était.

Tu es à la fin de ton voyage… la fin de tous les voyages, Toa. Et mon nom est Tren Krom.

Chapitre 3

Kapura se déplaçait vite (pour quelqu'un comme lui) dans les ombres de Metru Nui. Sa destination était la banlieue de Ga-Metru, plus spécifiquement la partie des archives sous cet endroit. Le panneau sculpté dans le mur à l'extérieur de son habitation lui avait indiqué où se rendre, et même qui il y rencontrerait, mais pas la réponse la plus importante : pourquoi.

Avec précaution, il scruta aux alentours de l'angle d'un bâtiment. La voie semblait dégagée. Les Rahkshi gardent la plupart des entrées des archives, mais pas celle-ci. Elle conduisait à une section de l'immense musée qui avait été considéré trop dangereux et abandonné il y a des décennie. Même lorsque les Matoran et les Toa ont battu en retraite ici-bas dans les jours qui ont suivi la prise de contrôle par Makuta de l'univers, ils évitaient cette région.

Il se glissa à travers la rue et, dans un grand effort, souleva la trappe. Elle provoqua un grincement strident dont il pouvait être sûr que chaque Rahkshi dans la ville pourrait entendre. Kapura resta gelé. Était-ce le sifflement du vol des Rahkshi dans l'air qui venait vers lui ? Non, c'était juste de la vapeur s'échappant de Ta-Metru. Il attendit un moment de plus, et quand toute force hostile sembla absente, il pénétra dans le tunnel et ferma la trappe derrière lui.

Il faisait sombre et humide à l'intérieur. La légère puanteur des Muaka flottait dans l'air. Kapura se rappela une autre visite récente aux archives, quand il s'était perdu dans le dédale des couloirs. Cette fois là, il avait faillit finir en repas à cause d'un objet qui lui avait échappé, et ce fut seulement l'arrivée opportune de Toa Takanuva qui le sauva. Il avait espéré que son ami ait choisi un endroit différent pour leur réunion… mais d'un autre côté, il se rappela que seul ce genre ferait l'affaire.

« Tu es en retard. »

Macku sortit d'une cavité dans le mur. Son armure bleue était souillée par la boue et elle se déplaçait avec un léger boitement, un souvenir d'une évasion de quelques Exo-Toa quelques jours avant.

« Désolé », dit Kapura. « J'ai dû m'assurer que je n'étais pas suivi. »

« Nous attendrons quelques minutes de plus pour Hafu » dit Macku. Elle semblait fatigué… non, au delà de la fatigue, pensa Kapura. Plus encore, elle parvenait à peine à se tenir en un ensemble.

« Travaille-t-il aujourd'hui ? »

Macku acquiesça de la tête.

Kapura fronça les sourcils. Tous les sculpteurs Po-Matoran avaient été mis au travail pour façonner des statues de Makuta afin de les placer tout autour de la ville. L'ordre n'était pas venu de leur nouveau « Gand Eprit » mais plutôt du nouveau « Turaga » de Metru Nui - Ahkmou. Non, il n'était pas un véritable Turaga - il n'avait, après tout, jamais été Toa, qui est un prérequis - mais son association passée avec Makuta lui avait valu une position de puissance dans la cité.

« Nous aurions dû tuer ce sale traître il y a bien longtemps, » murmura Macku.

Chaque Matoran se rappelait les crimes d'Ahkmou sur l'île de Mata Nui, impliquant la vente de sphères Kodan entachée par l'ombre de Makuta. Beaucoup avaient entendu les récits de ses péchés sur Metru Nui ainsi que les semaines précédant le Grand Cataclysme. Bien qu'il ait grandement changé, pendant la dernière année, personne ne lui faisait vraiment confiance. Mais Turaga Vakama avait insisté pour qu'il ne soit pas exilé. « Il vaut mieux garder une Vipère de la Damnation près de votre lit que de la laisser errer librement. Au moins là, vous saurez d'où viendra l'attaque ».

L'écoutille s'ouvrit à nouveau dans un grincement strident. Un axe de lumière sale perça la pénombre des archives. Macku et Kapura se cachèrent instinctivement jusqu'à ce la lumière disparaisse. C'est alors qu'ils entendirent le son rassurant de la voix de Hafu demander « quelqu'un se rappelle pourquoi nous souhaitions revenir dans cette cité ? »

Macku rit, même s'il n'y avait cependant pas vraiment à en rire. Mais elle se sentait bien d'être encore entouré de ces deux Matoran. Tant d'autres à la surface ont abandonné. Les Rahkshi et Exo-Toa étaient partout, et les seuls Toa visibles étaient les Toa Hagah, qui semblaient inconscients de tout se qui se passait autour d'eux. Quand on les questionnait, ils insistaient sur le fait que Makuta Teridax avait été détruit et que tout allait bien sur Metru Nui. Pire, il semblait qu'ils croyaient réellement à cette illusion.

« Qu'en est-il de la situation ? » demanda Hafu. « Vous savez que ce symbole est censé n'être utilisé qu'en cas d'urgence ».

« C'est une urgence », assura Macku. Elle avait pris un grand risque en dessinant le symbole de « l'aide » - un croquis brut d'un Rahkshi - près des habitations de ses amis. Ahkmou avait interdit la réalisation de toute forme d'art non autorisé.

La Ga-Matoran se tourna et se dirigea plus profond dans les archives. Hafu et Kapura suivirent. Elle les mena tout au long du chemin vers le bas dans les sous-niveaux, se déplaçant comme si elle connaissait l'endroit aussi bien que Ga-Metru. Kapura était complètement perdu et il suspecta que Hafu le soit, aussi.

« Là dedans », dit tranquillement Macku. Elle leur fit signe de la suivre dans une grande chambre qui avait par le passé abrité un spécimen particulièrement méchant de Rahi primate. Il y avait quelqu'un d'autre ici désormais - une Toa de l'eau, blessée, étendue sur le plancher en pierre. Mais ce n'était pas Gali ou Gaaki ou aucun autre Toa, identifia Kapura.

« Qui est-elle ? D'où vient-elle ? », demanda Hafu. Le soupçon colorait sa voix. Il avait vu trop de tours de Makuta pour croire n'importe quoi juste au premier regard.

« Elle dit que son nom est Tuyet, » dit Macku. « Et elle est ici pour nous aider. »

Hafu avait entendu ce nom par le passé… quelque chose en rapport avec Toa Lhikan, s'il se rappelait bien, mais il ne connaissait pas l'histoire. « Elle n'a pas l'air de pouvoir se venir en aide elle-même, encore moins nous aider nous. »

« Vous pourriez… être… surpris », indiqua la femme Toa, levant la tête pour regarder Hafu. « Beaucoup de personnes pourraient l'être. Dites-moi, où est Toa Lhikan ? »

« Mort, » dit Kapura. « Tué par Makuta. »

Hafu lui lança un regard. Il n'est pas très rusé de partager des informations avec des étrangers comme cela.

« Et Toa Nidhiki ? »

Kapura jeta un coup d'œil vers Hafu et gesticula. Il se tourna alors de nouveau vers Tuyet. « Mort, aussi. Makuta… l'a mangé, je pense. »

« Bien, nous sommes heureux de vous voir de la part de tous » dit Hafu. « Mais un Toa de plus ou de moins ne fera pas une grosse différence ici. À moins que vous n'ayez une superbe arme dissimulée qui peut balayer Metru Nui des forces de Makuta. »

Tuyet s'assit. Elle atteignit sa poche et en retira un morceau de cristal de la taille de son poing. « En fait, c'est exactement ce que j'ai. »

« Et vous croyez que Makuta vous donnerait la chance de l'employer ? » demanda Macku. À demi espérant, et à demi sceptique.

« Makuta est le Grand Esprit, pas vrai ? » demanda Tuyet. « Et le Grand Esprit sait tous au sujet de chacun qui vit en son univers… où ils sont, ce qu'ils font… tous ce qu'il doit faire c'est de penser à eux ? »

Kapura inclina la tête.

Tuyet sourit. « Alors je suis l'allié parfait, le plus discret. Je suis morte… et l'ai été pendant près de 2000 ans environ ».

Chapitre 4

Makuta Teridax, dans l'immense corps robotique qui appartenait autrefois à Mata Nui, surveillait le monde sur lequel il se tenait. Il n'y avait rien que de l'eau jusque là où ses yeux pouvaient voir – et quand on mesure 12 000 kilomètres de haut, pensa Makuta, on peut voir assez loin.

C'était, décidait-il, un monde assez maussade. Oh, il était vrai que sous la surface de l'océan vaste, des prisonniers échappés du Puits luttaient toujours pour survivre. Mais ils étaient tellement insignifiants qu'ils étaient sous l'estime d'un être aussi grand et puissant que lui. Bien qu'il fût incapable de s'occuper de leur sort de la même façon que les choses vivantes qui résidaient à l'intérieur de son corps – les Toa, les Matoran, et d'autres – son nouveau corps était suffisamment puissant pour évaporer l'océan, en cas de besoin. Peut-être qu'il le ferait avant de quitter ce monde, juste par amusement.

Et pour ne pas s'y tromper – il quitterait cette planète de mer sans fin. Il y avait d'autres mondes hors d'ici, avec de la vie, n'attendant qu'à être conquis. Pourquoi se satisfaire de diriger un ‘univers' à l'intérieur de son corps, alors qu'il pouvait maîtriser un véritable univers de planètes, de soleils, d'étoiles ? Ce corps de robot avait le pouvoir d'écraser des cités, de briser les montagnes, et pourtant Mata Nui n'en avait jamais profité. Eh Bien, Makuta ne serait pas aussi stupide.

Naturellement, des préparations allaient devoir être faites. Il devrait éteindre tous les morceaux restaient de rébellion dans l'univers des Matoran avant tout. Il serait bête de risquer un trouble critique dans son système au milieu d'une guerre, juste parce que quelques tribus de Matoran avaient décidé de faire passer le concept de liberté au-dessus des faits durs et froids de la mort. Quand ce serait fait, Makuta invoquerait l'étoile rouge et commencerait son voyage.

Cette pensée en fit germer une autre, cette fois-ci une idée encore plus merveilleuse. Il avait propulsé le Masque de Vie hors d'ici, avec l'esprit de Mata Nui piégé dans le masque. Le puissant Kanohi s'était envolé dans l'espace, peut-être pour brûler, ou se fracasser contre un astéroïde… ou, autrement, se réfugier dans un autre monde. Même si loin de là, c'était toujours une partie de son corps, et Makuta savait qu'il pouvait le retrouver à nouveau. Il pouvait le retrouver, peu importe à quel endroit, et consumer la moindre portion d'espoir que Mata Nui pouvait sentir. Le masque et tous ses pouvoirs n'étaient qu'un tas de poussière dans les yeux de Makuta, désormais, et il le prouverait en l'écrasant en miettes avec ses pieds blindés.

C'était une fantaisie plaisante, mais il y avait d'autres réalités dont il devrait s'occuper d'abord. Il avait senti la présence d'un autre Makuta parmi les Matoran, ce qui aurait dû être impossible. Tous les Makuta avaient été tués, soit par lui, soit par les agents de l'Ordre de Mata Nui. Enfin, ce n'était pas entièrement vrai, pensait-il… Miserix était toujours en vie, bien que l'ancien leader des Makuta ne le sût pas. A ce que le vieil ennemi de Teridax sût, il avait été changé en portrait bidimensionnel sur un mur, et c'était ainsi que tous les autres le voyaient également. Dans les jours précédents, il aurait fallu une quantité considérable d'énergie pour maintenir une illusion aussi réussie, surtout pour un autre Makuta. Mais avec ses pouvoirs amplifiés par sa nouvelle forme, c'était pratiquement sans effort.

Mais le Makuta sentait que ce n'était pas Miserix. Non, celui-ci était entièrement étranger… et en même temps d'une familiarité troublante. Et comme il ne pouvait exister, ou même avoir été créé, il n'y avait qu'une possibilité.

Il est venu d'une autre dimension. Mes ennemis ont recruté un Makuta pour l'utiliser contre moi. Quelle… démarche de leur part. Je doit donner à leur nouvelle recrue un accueil digne d'elle.

***

Mazeka et son nouvel allié Makuta se retrouvèrent dans une partie inhabitée du Continent Sud. La vallée dans laquelle ils se trouvaient était en fait belle et luxuriante, mais Mazeka se souvenait bien des histoires de ce lieu. Les hautes herbes qui verdoyaient dans la légère brise étaient les gardiens des lieux. Ils pouvaient sentir les mouvements et répondaient en s'enroulant autour des sujets étrangers hostiles et en les écartelant. Les restes étaient ensuite tirés sous le sol et la vallée semblait à nouveau belle et naturelle.

« Reste silencieux, » conseilla-t-il au Makuta à l'armure blanche à ses côtés. C'était la version venue d'un univers parallèle de Makuta Teridax, d'un monde où les Makuta n'étaient jamais devenus maléfiques. Pour avoir accepté de laisser son vieil ennemi Vultraz là-bas, il s'était vu offrir l'opportunité de ramener un habitant de cette dimension avec lui. Il avait choisi le Teridax de ce monde, en espérant que le double serait capable de prédire les actions de l'original.

« Nous avons des choses similaires dans notre monde, » dit le Teridax alternatif. « Nous savons comment nous en occuper. »

Sous les yeux de Mazeka, l'ombre commença à ramper sur la vallée. Sur son passage, les herbes se fanaient et mourraient. « Attendez une minute, » dit Mazeka, soudainement suspicieux. « Vous m'avez dit que les Makuta de ton monde avaient rejeté toute trace d'ombre d'eux-mêmes. Comment pouvez-vous contrôler les ténèbres, alors ? »

Le Teridax alternatif fit un léger sourire. « J'en suis incapable. Mais je peux absorber la lumière… et qu'est-ce que l'ombre… si ce n'est l'absence de lumière ? Maintenant, je pense que nous devons aller autre part. »

En descendant le sentier maintenant ténébreux, les deux alliés firent leur chemin hors de la vallée alors que leur quête allait vraiment commencer…

***

Toa Tuyet avait du mal à croire sa chance. Des milliers d'êtres qu'elle aurait pu rencontrer dans cet univers, et elle en trouva deux qui ne se souvenaient pas de ses actions. Cela rendrait les choses beaucoup plus simples.

Sa faiblesse momentanée, le résultat d'un voyage difficile pour parvenir jusqu'ici, était passée. Maintenant, elle marchait à travers les Archives derrière deux Matoran, Kapura et Macku, en les écoutant parler. Il lui avait fallu du temps pour comprendre la situation. Ses vieilles peurs s'étaient réalisées. Les Makuta s'étaient rebellés contre Mata Nui et contrôlaient désormais l'univers. Si Lhikan et Nidhiki m'avaient écouté, rien de ceci ne serait arrivé… car il ne serait resté aucun Makuta en vie, pensa-t-elle.

Elle se souvenait bien de comment tout était arrivé. Elle avait été un Toa à Metru Nui, des millénaires auparavant. A l'aide d'un puissant objet appelé la Pierre Nui, elle avait tenté de se rendre assez puissante pour détruire ceux qu'elle percevait comme une menace : les Chasseurs de l'Ombre et les Makuta. Elle savait que d'autres Toa, comme Lhikan, objecteraient à ses plans, alors elle devait garder tout en secret.

Malheureusement, il ne put rester cacher beaucoup de temps. Les Chasseurs de l'Ombre arrivèrent à Metru Nui, à la recherche de la Pierre Nui, qu'ils la soupçonnaient d'avoir. Pour les neutraliser, elle les accusa des meurtres de Matoran qu'elle avait elle-même commis. Toa Lhikan et Toa Nidhiki capturèrent les Chasseurs de l'Ombre, mais découvrir plus tard qu'elle était la meurtrière et qu'elle avait la Pierre Nui. Dans la bataille qui s'ensuivit, la pierre fut fracassée et elle fut capturée.

Les Toa l'enfermèrent dans le Colisée avant de décider de son sort. Une nuit, une figure dorée apparut dans sa cellule, s'identifiant comme Botar, de l'Ordre de Mata Nui. Il lui révéla ce qu'elle avait déjà compris elle-même : des pièces de la Pierre Nui s'étaient incrustées dans son corps, désormais, faisant d'elle une batterie vivante de pouvoir Toa. Aucune prison conventionnelle ne serait capable de la retenir assez longtemps, pas tant qu'il y aurait des Toa quelque part autour d'elle dont elle pourrait absorber le pouvoir. Mais l'Ordre voulait plus qu'un moyen plus efficace de l'enfermer – ils voulaient le secret de la Pierre Nui afin d'en créer plus.

C'était un plan tellement secret que seuls les plus hauts gradés de l'Ordre le connaissaient. Ainsi, un plan compliqué s'ensuivit. Botar téléporta Tuyet dans une autre dimension, où il n'existait aucun Toa dont la Pierre Nui pourrait prendre le pouvoir. Afin de garder le secret caché des membres moins gradés de l'Ordre, une seconde Tuyet – venue d'encore une autre dimension – fut envoyée au Gouffre à sa place. Ce double était même altéré afin d'avoir des cristaux incrustés dans son corps, mais ne provenant pas de la Pierre Nui. Elle resterait dans le Gouffre, pendant que la Tuyet originale serait enfermée et interrogée sur la nature de la Pierre.

Pendant 1500 ans, l'Ordre tenta de lui soutirer le secret de la Pierre, en vain. Pendant tout ce temps, elle prépara son évasion. En travaillant avec un de ses gardes, elle réussit à le convaincre de la justice de sa cause (après tout, l'Ordre méprisait les Chasseurs de l'Ombre et les Makuta autant qu'elle). Finalement, le garde fut suffisamment de son côté pour l'aider à à la faire passer pour morte dans une explosion. En pensant que son corps fut vaporisé, l'Ordre ne s'inquiéta pas de la chercher. Pendant ce temps, elle utilisa la technologie de cette dimension pour s'échapper.

Sans direction, il lui fallut deux mille ans pour retourner dans son propre univers… deux milliers d'années remplies de visites de monde comprenant des Toa dont elle pourrait prendre la force. Finalement, elle trouva un chemin vers chez elle, en atterrissant dans les Archives de Metru Nui.

Quant au sort de son double dans le Gouffre, elle n'en avait aucune idée. Elle pensait que l'Ordre le saurait, et un jour, si elle était fatiguée, elle leur prendrait l'information. Mais pour l'instant, elle avait des tâches plus importantes devant elle.

Tuyet ne doutait pas qu'elle pourrait organiser et diriger une rébellion avec succès contre Teridax et l'abattre. Mais elle n'avait pas la moindre intention de laisser Mata Nui regagner le contrôle. Des milliers d'années de réflexion l'avaient convaincue que Mata Nui était faible, ou il aurait annihilé les Makuta lui-même longtemps avant. Non, cet univers avait besoin d'un chef qui serait fort, décisif, et sans crainte de ce qui devrait être fait.

Quelqu'un comme moi, se dit-elle. Oui, quelqu'un vraiment comme moi.

Chapitre 5

Le flou de réalité et la vague de nausée bien trop familiers frappèrent Vezon. Il avait vraiment besoin de trouver un moyen de contrôler son nouveau pouvoir, du moins pour la raison qu'il commençait à se sentir vraiment malade. Il n'était pas sûr de savoir comment des êtres comme Brutaka arrivaient à voyager à travers les dimensions sans arrêt et sans perdre leur conscience... Cela dit, peut-être que Brutaka, comme Vezon, n'avait pas tellement de conscience à perdre ?

Quoiqu'il en fût, il était ici. Ce qui le ramenait, bien sûr, à la même question – où se trouvait « ici, » cette fois-ci ? Le Kanohi Olmak qui avait fusionné avec son corps ouvrait des portail dimensionnels de la même façon que les Matoran ouvraient les cadeaux lors du Jour du Baptême, et il était impossible de prédire où l'on pourrait atterrir.

Il regarda vers le bas. Il y avait du sable sous ses pieds. D'ailleurs, il y avait du sable dans toutes les directions. Au début, il pensa qu'il se trouvait sur une plage, mais il n'y avait pas d'eau près d'ici. Il pouvait apercevoir des arbres et des bâtiments à distance, cependant, et il commença donc à marcher dans cette direction.

Le désert, au final, ne semblait pas très grand. Il menait à une jungle luxuriante, remplie de plusieurs être faisant ce que Vezon s'évertuait à éviter : travailler dur. Certains étaient visiblement des Le-Matoran... Vezon ne reconnaissait pas les autres, bien qu'ils ressemblaient à des villageois. Il avait horreur des villageois. Ils étaient tellement... travailleurs.

Un des villageois s'avança vers lui, en utilisant ses bras comme pattes avant. Il regarda Vezon et lui demanda, en souriant, « es-tu un ami de Mata Nui ? »

Vezon exécuta une tâche rude et compliquée : il évita de rire. « Oh, oui, petit... qui que tu sois. Je le suis. »

« Es-tu un Toa, alors ? »

« Rien d'autre, » répliqua Vezon, en faisant son meilleur sourire « noble et héroïque. »

« Alors, viens, » dit le villageois, en repartant. « Tu es en retard. »

Intrigué, Vezon le suivi tout du long derrière. Ce lieu avait un Mata Nui et des Toa, alors c'était sans doute comme chez lui, en quelque sorte. Mais qui étaient ces autres petites bestioles ? Et où était-il, d'ailleurs ?

« Hum, excuse-moi, villageois, » commença Vezon.

« Tarduk ! » lui répliqua le villageois. Vezon sursauta, étonné, mais il ne vit pas le moindre signe de « tar » ou de « duc » dans le ciel. Il lui fallut un moment pour comprendre que ce n'était pas « Tar, Duc ! » qu'il avait entendu.

« Bien. Peu importe. Où suis-je ? » demanda Vezon.

Tarduk s'arrêta et regarda au-dessus de son épaule. « Oh, tu dois venir du nord. Voici Tesara. Maintenant, dépêche-toi, s'il te plaît – Gresh et Toa Kongu ont besoin d'aide. »

Gresh ? Se demanda Vezon. Qu'est-ce qu'un Gresh ? Mais Kongu... Lui, je le connais.

Ils s'avancèrent à travers quelques buissons, puis Vezon s'arrêta net. Il y avait des Toa – beaucoup d'entre eux – et d'autres guerriers qu'il ne reconnut pas. Ils réparaient un immense abri métallique. Jaller utilisait son pouvoir de feu pour ressouder les morceaux, pendant qu'une femelle en armure bleue le harcelait pour qu'il accélère. Ce n'était pas une Toa de l'Eau, du moins Vezon ne le croyais pas – les Toa de l'Eau n'étaient habituellement pas aussi persévérantes.

Vezon savait qu'il ne devrait pas s'aventurer dans la clairière – après tout, il n'était pas extrêmement populaire auprès des Toa. Cependant, s'ils le voyaient et attaquaient, les choses pourraient devenir intéressantes. Cela faisait deux jours que personne n'avait essayé de le tuer, et il commençait à s'ennuyer.

La tête haute, il alla vers l'endroit où travaillaient les Toa. Quelques-uns acquiescèrent dans sa direction. L'un d'entre eux sourit. Un Toa de la Pierre le salua même ! Vezon considéra qu'il détestait vraiment cet endroit.

« Alors, qui es-tu exactement ? » demanda Tarduk.

« Mon nom est... Ah... Toa Vezon, » dit-il, assez fort pour se faire entendre de tous les Toa. « Je suis un Toa de... de... l'Anarchie. »

Tarduk se renfrogna. « Bien. Je vois. Nous aurions espéré pour que tu sois de la glace... ce travail réchauffe particulièrement. »

Vezon regarda autour de lui. Personne n'avait réagi à son nom... pas même Jaller. Etait-ce possible... ? Non, c'était trop horrible pour se l'imaginer. Une telle tragédie, une telle perte, allait au-delà de la compréhension. Mais il devait affronter cette vérité :

Cet univers n'avait pas de Vezon. Il n'en avait jamais eu. Sinon, quelqu'un l'aurait déjà attaqué en ce moment.

« Nous n'avons pas beaucoup, hum, d'informations au nord, » dit-il à Tarduk. « Que se passe-t-il exactement ici ? »

« Tu ne le sais pas ? » dit Tarduk. « Bien, je suppose que je devrais t'envoyer voir Takua, mais je pense qu'il est à Roxtus aujourd'hui. C'est vraiment simple – les Grands Êtres, en passant par Mata Nui, ont remis les choses en places par ici. Puis Mata Nui est allé au Nord, et quelques mois après, les Toa, les Matoran et tout le reste se sont montrés. »

« Et qu'est-il arrivé à Mata Nui ? »

Tarduk haussa les épaules. « Tahu Nuva a dit quelque chose à propos de la Vallée du Labyrinthe et du pouvoir qui retournerait vers l'endroit auquel il appartenait. Je n'ai pas compris grand-chose à cela. Je n'ai jamais été fait pour l'histoire, tu vois ? »

Vezon se retourna au son d'un pas de marche. Une grande figure, probablement un Makuta, entraînait une rangée de guerriers à l'armure noire.

« Ils arrivent tôt, » dit Tarduk. « depuis le jour où Tuma a abdiqué et que les Makuta ont pris le contrôle des Skrall, ils ont été tout ce qu'il y a de plus efficace. Je suis content qu'ils soient de notre côté ! »

Quelques autres questions furent résolues pour Vezon, où du moins à peu près. Dans cet univers, les Makuta ne s'étaient jamais rebellés contre Mata Nui. Le Grand Esprit avait été autorisé à résoudre sa mission – quelle qu'elle soit – sans incident. Une fois sa tâche terminée, il laissa partir quelques Toa et Matoran et les laissa vivre avec les natifs. Ceux-ci incluaient les Makuta, qui avaient brisé les ambitions d'un quelconque seigneur de guerre local mais dirigeaient désormais l'armée.

Vezon se demandait à quoi servirait une armée dans un endroit aussi joyeux, pacifique, idyllique et incroyablement ennuyeux, quand la réponse arriva, dans un aspect très dramatique. Au-delà des dunes à distance arrivait une armée, marchant droit vers Tesara. Il reconnut certains d'entre eux – d'autres Skakdi, comme les Piraka, Roodaka et ses Vortixx, et Makuta Miserix dans sa forme de dragon. Les cavaliers à l'armure noire sur les reptiles à deux jambes étaient encore étrangers pour Vezon, mais il doutait qu'ils soient là pour échanger des paniers de fruits.

« C'est une attaque ! » cria Tarduk. « Vite, Toa Vezon – va aider les Makuta. Utilise ton pouvoir. Je vais chercher les autres. »

Utiliser mon pouvoir. Bien, pensa Vezon. Mon pouvoir est de m'échapper de cet endroit infâme. Il ne me manque plus qu'à deviner comment m'y prendre.

Les envahisseurs traversèrent les rangs des guerriers Skrall et se dirigèrent vers le village. Le Skakdi à la tête lança des torches, enflammant ainsi la jungle.

Ce serait vraiment le bon moment pour ouvrir une porte dimensionnelle et m'éclipser... n'importe où ! Se dit Vezon. Allez. Allez ! Je ne veux pas mourir dans un Univers où je n'ai jamais vécu... qui se souviendra de moi, sinon ?

Mais le pouvoir de l'Olmak était étrangement absent. Et tout ce que Vezon pouvait faire était de regarder une horde qui se ruait droit vers lui...

Chapitre 6

Vezon avait eu des jours meilleurs. Sa nouvelle capacité à voyager vers d'autres dimensions l'avait fait atterrir sur un autre monde appelé Spherus Magna, où Makuta, Toa, et une certaine autre espèce appelée Agori étaient heureux de vivre ensemble. Et, si bien que - une assez conséquente armée de Skadi, Vortixx, et autochtones de Spherus Magna se dirigeaient droit sur le village où était Vezon.

Ce semblait être le bon moment pour partir. Mais, Vezon n'avait pas encore atteint la pleine maîtrise des capacités du Kanohi Olmak qui avait fusionné avec lui. Il ne fonctionnait pas juste parce qu'il le voulait, et maintenant, il commençait à souhaiter n'avoir jamais vu la misérable chose.

Pour la sixième fois dans la dernière minute, il voulu que le pouvoir de l'Olmak l'éloigne de cette réalité avant que la horde en précipitation le piétine sous ses pieds. Cette fois, il ressentit la sensation familière qu'il connaissait maintenant de vertiges précédant le saut d'une dimension, et il vit le monde zigzaguer autour de lui. Mais ensuite, il se passa quelque chose qui n'était jamais arrivé auparavant : tout le monde autour de lui gela à sa place. Quand il essaya d'atteindre et de toucher un Toa, sa main passa droit au travers. Pire encore, il n'avait pas « voyagé » - il semblait être coincé dans un royaume de statues.

« C'est mieux que d'être tué », se dit-il à lui-même. « Pas beaucoup mieux, mais mieux ».

Son esprit embrouillé songea à tous les scénarios possibles. Ce ne fut pas d'un grand secours, car il ne connaissait presque rien sur les pouvoirs du masques ou la manière de les réparer. Si quelque chose avait mal fonctionné avec l'Olmak, il pourrait bien être coincé pour toujours.

Serait-ce si mauvais ? dit une voix dans sa tête - ce n'était pas une expérience exceptionnelle pour Vezon, bien que normalement la voix qu'il y entendait était la sienne.

« Si ce n'est pas plus divertissant que cela, oui », répondit Vezon. « À qui suis-je en train de parler ? »

Mon nom ne signifie rien pour toi. Le peuple de Spherus Magna me nomme, un « Grand Être ».

« Et qu'est-ce qui vous rend si grand ? »

Je ne parle pas aux êtres de ce monde. Ils ne me voient jamais, ni m'entendent, ainsi il est laissé à leur imagination d'évoquer ce que je suis, comment je pense, et ce que je pense. L'imagination a une capacité infinie à combler les blancs avec ce qu'elle veut y voir.

« C'est beau », dit Vezon, avec impatience. « Pouvez-vous m'aider à sortir de cette situation ? »

Pourquoi voudrais-je ? Je suis entré en vous. Mon peuple a créé le premier des masques de pouvoir. Nous savons bien comment les arrêter. Vous n'êtes pas d'ici... en fait, je me demande si vous êtes de quelque part. Et oui, maintenant vous êtes nulle part.

« Est-ce ce que les Grands Êtres font toute la journée ? Pointer leur nez de fantôme dans ce qui ne les concernent pas et passer à la manière d'un fou au travers des réalités », demanda Vezon.

Je ne suis peut-être pas un Grand Être normal, répondit la voix. Il y a de nombreuses ères, j'ai fait l'erreur de toucher le Masque de Vie. En conséquence, tout autour de moi - le mobilier, le matériel, les rayons de lumière - venait à la vie. Pour leur propre sécurité, mes collègues m'emprisonnèrent. Maintenant, tout ce que j'ai besoin de craindre sont des chaînes vivantes... des blocs de pierre vivants... et les cris de lumière que les ténèbres éteignent.

Vezon ne savait rien des douleurs que pouvaient ressentir une lumière vivante, mais il savait reconnaitre la lumière au bout du tunnel lorsqu'il en voyait une. « Alors, vous êtes emprisonné, et ainsi je le suis. Vous me libéreriez... si je pouvais vous libérer ? »

La voix dans la tête de Vezon fut silencieuse pendant un long moment.

***

Lewa était encore en état. Artakha l'avait téléporté dans une caverne, mais il n'était pas seul là-bas. Non, évidemment, il la partageait avec un certain être nommé Tren Krom... et quelque chose disait à Lewa qu'il n'avait vraiment pas envie de jeter un coup d'œil à son hôte.

Retourne-toi, dit à nouveau Tren Krom. Sa "voix" télépathique rappela à Lewa un nid de vers foreurs rampant.

« Je suis trés bien ici, merci », dit Lewa. « Artakha a dit -- »

Je peux deviner pourquoi vous êtes venu, Toa, répondit Tren Krom. Moi aussi, j'ai entendu la voix du Makuta Teridax venant des quatre coins de l'univers. Mais que voudriez-vous que je fasse ? J'ai des connaissances qui pourraient être utilisés comme une arme contre lui, mais la connaissance sans expérience pour l'utiliser, est plus qu'inutile. Et je suis lié à cette île par les Grands Êtres, incapables de tenter ma chance.

« Et si ce sont les Grands Êtres qui l'ont fait, je doute avoir le pouvoir de vous libérer rapidement », dit Lewa. « Alors ce voyage est une autre perte de temps ».

Peut-être... et peut-être, dit Tren Krom. Il peut y avoir un moyen. Mais cela impliquerait de grands risques... et le succès, pour vous, pourrait être pire que l'échec.

« J'ai peur que tout soit à risque », répondit Lewa. « Tout ce qui compte pour moi a été empoisonné par la corruption de Makuta. Je ferais tout ce qu'il faut pour l'arrêter ».

Il se peut que tu vives pour regretter ce choix., dit Tren Krom. Mais quoi qu'il en soit, le choix a été fait.

Lewa senti un tentacule autour de son cou. Ses bras tentèrent de l'arracher de là, puis s'arrêtèrent à mi-parcours. L'instant suivant, le monde commença à tourner et il eut l'impression que ses entrailles étaient retirées d'un coup sec à l'extérieur, un morceau à la fois. Il y avait de la lumière et de la souffrance et une impénétrable obscurité. Et quand l'ombre fut dissipée, Lewa était entrain de regarder... lui-même.

Il regarda en bas, une micro-seconde seulement, assez longtemps pour voir une énorme masse tentaculaire greffée à la pierre. Instinctivement, il su que c'était le corps de Tren Krom - et que son esprit, était à l'intérieur.

« Liberté ». Le mot venait de la bouche de Lewa, la voix de Lewa, mais il était prononcé par Tren Krom. « Après tant de temps, j'ai un corps... un fort, puissant corps qui peut me retirer de ce misérable endroit... grâce à toi ».

Lewa essaya de parler et ne pouvait pas. Dans un premier temps, il paniqua. Puis il se rappela que Tren Krom lui avait parlé par télépathie. Il se concentra et ses paroles firent écho dans le cerveau de "Lewa".

Qu'est-ce que vous avez fait ? Je n'ai pas donné mon accord pour cela !

« Vous avez dit "ce qu'il faut" », répondit Tren Krom. « C'est ce qu'il fallait. Mais ne vous inquiétez pas - Je vais honorer nos engagements. Je vais utiliser ce que je sais pour arrêter Teridax. Tout ce que je demande en retour c'est la liberté. Est-ce qu'une vie en exil ici, est un prix trop élevé à payer pour la sécurité de tous ceux que tu connais et aimes ? »

Avant que Lewa puisse formuler une réponse, Tren Krom - dans le corps du Toa Nuva de l'Air - quitta la grotte. Lewa tenta de le poursuivre, mais la plus grande partie de ce corps était une partie de l'île elle-même. Il ne pouvait pas bouger.

Et si je ne trouve pas un moyen de reprendre mon corps, se dit-il à lui-même, je vais être à jamais emprisonné ici pour de bon.

Chapitre 7

Tren Krom se tenait sur le rivage de ce qui avait été "son" île depuis des milliers d'années - sa demeure, sa prison, son lieu de supplice. De tout ce qu'il pouvait se rappeler, il avait été piégé ici par le pouvoir des Grands Êtres. Par tout les droits, il aurait dû les haïr, eux et leur création, Mata Nui, et chercher à se venger.

Mais étrangement, ce n'était pas le cas. Oui, il avait été enragé par son emprisonnement et juré vengeance plus d'une fois. Mais au fur et à mesure que le temps passait, il grandit plus sage, se rappelant les anciens qui disaient que « personne ne se bat dans une maison en feu ». Mettre à terre la création des Grands Êtres ne lui aurait pas été profitable du tout. En fait, cela aurait aussi signifié son arrêt de mort. Et, malgré qu'il fut mis de côté au profit de Mata Nui il y a plus de 100 000 ans, Tren Krom sentait toujours un sens de responsabilité pour l'univers dont il s'était occupé auparavant.

C'était pourquoi il avait piégé Toa Nuva Lewa en échangeant de corps avec lui, afin qu'il puisse enfin s'échapper de l'île. Ce sur quoi il n'avait pas compté était la non-obtention des pouvoirs de Lewa sur l'air lors de l'échange. Sans ça, et sans bateau ni véhicule aérien, il n'avait aucun moyen de quitter le rivage. Néanmoins, ce n'était pas un souci. Il savait qui avait envoyé Lewa à lui, et ainsi il connaissait la réponse à ses pouvoirs.

Artakha, entends moi.

C'était un message télépathique projeté sur une distance inimaginable. Cependant la réponse arriva en moins de quelques secondes.

Je suis là, Tren Krom. Je vois que tu es encore... plein de ressources.

Le corps me sera utile, concéda Tren Krom, mais seulement si je peux voyager avec vers Metru Nui. Tu peux permettre cela.

Et je devrais te lâcher sur l'univers, alors ? demanda Artakha. Les Grands Êtres t'ont enfermé pour une raison, afin que Mata Nui puisse régner sans rivaux.

Tren Krom jura. Arrête de te jouer de moi, espèce de vieil imbécile. Si tu n'avais pas besoin de moi libre, pourquoi aurais tu envoyé le Toa ? Tu savais ce que j'allais faire.

Artakha n'envoya aucun message en retour. Au lieu de cela, le monde autour de Tren Krom commença à scintiller et à disparaître. Quand il recouvrit sa vision, il se tenait debout dans un tunnel souterrain rempli de tout un tas de matériel cassé et d'objets couverts de poussière. Il n'avais jamais été présent dans cet endroit auparavant, mais il savait ce que c'était: les Archives de Metru Nui.

Mes remerciements, pensa t-il.

La réponse d'Artakha était sévère. J'attends de voir que tu remplisses ta part du marché, Tren Krom. Et ne pense même pas garder un corps qui n'est pas le tien. Je trouverais un moyen de le détruire avant même que je ne te laisse le voler pour toute l'éternité.

Tren Krom l'ignora. Il était plus préoccupé par le fait de trouver un chemin pour aller là où il devait se rendre avant que Makuta Teridax ne tente de le stopper. Les Archives était un labyrinthe de tunnels et aucun des esprits qu'il n'avait lu récemment ne connaissait leur disposition. Il tendit un bras, cherchant un sage proche de lui qui aurait peut être sût comment naviguer dans ce dédale.

Il trouva quelque chose de complètement différent. Son esprit en effleura un autre, d'une incroyable détermination et plein d'ambition. Avant qu'il ne puisse l'explorer plus profondément, il entendit des silhouettes s'approcher. Préparant l'arme de Toa Lewa, Tren Krom se raidit pour une attaque.

« Lewa ! Regardez, c'est Toa Lewa ! »

Le cri joyeux venait d'un villageois Matoran. Un scanne rapide de son esprit révéla que son nom était Kapura, et que son compagnon s'appelait Hafu. Mais c'était la femme a l'armure bleu qui voyageait avec eux qui intriguait le plus Tren Krom.

« N'est ce pas génial, Hafu ? Maintenant nous avons deux Toa avec nous -- Lewa et Tuyet. »

Tuyet ? Tren Krom pris le temps de lire dans son esprit, et ce de manière peu subtile. Il vit ses efforts passés pour prendre le contrôle de l'univers, et ses plans pour recommencer dans le futur. Celle ci était puissante et dangereuse... mais elle pouvait être utile aussi.

De son côté, Tuyet se contenta de sourire. Elle savait que ce n'était pas un Toa de l'Air qui se tenait debout devant elle. Elle n'avais jamais rencontré Lewa Nuva, mais aucun guerrier de l'Air portant un masque de Lévitation ne possédait l'espèce de pouvoirs mentaux qu'elle venait de sentir. Donc, qui était il vraiment et pourquoi se dissimulait t-il derrière l'apparence d'un Toa Nuva ?

« Si vous êtes opposée à Makuta, votre aide serait... pleinement-appréciée, » dit Tren Krom, ajoutant hâtivement un peu de langage des arbres pour se crédibiliser auprès des Matoran.

« Très certainement », dit Toa Tuyet. « Vous avez un plan, je m'en occupe ? »

« Si je ne m'en chargeais pas, je suis sûr que vous l'auriez fait, » répondit Tren Krom, la regardant droit dans les yeux. « Peut être que nous pourrions... nous entre... aider rapidement ? »

« Quel soulagement », dit Kapura, souriant. « Tu ne penses pas pareil Hafu ? »

Le Po-Matoran regarda en direction de Tuyet, en qui il n'avait pas confiance, puis vers Lewa Nuva, qui n'était pas comme d'habitude. « Ouais, merveilleux », marmonna t-il.

***

Le petit groupe attendit la nuit tombée. Puis ils se glissèrent en dehors des Archives, se dirigeant vers le Colisée. Sur le trajet, ils passèrent près de Toa Pouks et Toa Bomonga qui flânaient à travers la ville comme si de rien n'était.

« Qui sont ils ? » demanda Tuyet. « Des traîtres à la cause des Toa ? »

« Ce sont des Toa Hagah, » expliqua Kapura. « Quelque chose leur est arrivé... personne ne sait quoi. Mais ils marchent devant les Rahkshi comme si ces monstres n'étaient même pas là. » ajout- t-il en haussant les épaules.

Intrigué, Tren Krom toucha l'esprit des deux Toa Hagah. Ah, pensa t-il, un simple tour. Teridax leur fait voir une fausse réalité dans laquelle tout n'est que paix et sérénité. Pour eux, c'est une illusion en acier trempé de laquelle il ne pourront jamais s'échapper par leur propre moyen. Mais pour moi...

Une fraction des pouvoirs mentaux de Tren Krom réduisit la réalité artificielle de Makuta en morceaux. Pouks et Bomonga secouèrent leur têtes, comme si ils venaient de se réveiller d'un rêve. Au moment même où il les ramenait à la réalité, Tren Krom envoya son pouvoir tel une cascade vers l'esprit des autres Toa Hagah, les libérant par la même occasion.

« Peut être que le destin sourira à Metru Nui, et que ces Toa retrouveront leur sens bientôt, » dit Tren Krom. « Le temps nous le dira. »

« Il le fait habituellement », dit Tuyet. « Qu'est ce que le temps nous réserve, je me le demande ? »

Tren Krom la regarda. « Heureusement qu'aucun de nous n'a quelque chose à se reprocher. »

« Oh, non, bien sûr que non », répondit elle, avec un gloussement.

« Où allons nous ? » demanda Hafu. « Et est-ce que j'ai vraiment envie de le savoir ? »

Tren Krom montra du doigt le Colisée. « Là. J'ai un message pour Mata Nui. Et il pourrait faire la différence entre la vie et la mort pour chacun d'entre nous. »

« Mata Nui ? » demanda Hafu, incrédule. « Mais Mata Nui n'est pas là. Makuta Teridax l'a exilé de l'univers, peut être même tué. Comment allez vous faire pour lui transmettre un message ? Et que pourrais t-il faire pour nous aider maintenant, de toute façon ? »

Tren Krom regarda le Po-Matoran. Un sourire étrange se dessina sur la bouche de Lewa Nuva, ses coins se courbant bizarrement. « La réponse à ces deux questions est la même... tu serais surpris, Hafu. Très surpris. »

Chapitre 8

Toa Helryx avait pris une décision.

Seule dans sa prison, avec comme seule compagnie les pensée du Makuta Teridax et un portrait du Makuta Miserix, elle avait le temps de réfléchir. Teridax avait décidé de lui dire ce qu'il comptait faire – exploiter les capacités du corps du Grand Esprit afin de conquérir d'autres mondes. Elle savait qu'il en serait capable, à moins d'être arrêté.

Mais comment ?

La réponse évidente se trouvait dans les Matoran. Il y avait sûrement une connexion entre leurs actions et la santé du corps robotique qu'ils habitaient. Aussi simplement, s'ils arrêtaient de travailler, le robot mourrait, et Makuta Teridax avec lui. Seul problème, Teridax ne saurait tolérer une telle attaque. Il éviscérerait sans doute quelques Matoran, de façons particulièrement écœurantes, jusqu'à ce que les autres abandonnent. Aussi brave qu'ils fussent, les Matoran ne pourraient résister longtemps devant les souffrances de leurs amis.

Il y avait, bien sûr, un autre problème. La mort du robot entraînerait la mort de tous ceux qui y vivaient – Matoran, Toa, Vortixx, Skakdi, et tous les autres. La planète extérieure n'avait aucune terre, et il n'y aurait nulle part ou fuir dans ce cas. Les habitants de l'Univers Matoran faibliraient ou resteraient mourir dans les ténèbres.

En tant que chef de l'Ordre de Mata Nui, Helryx avait souvent eu à envoyer des agents dans des missions-suicide. C'était une formalité de son travail. Mais pouvait-elle décider d'envoyer un univers entier dans sa tombe ?

Oui, décida-t-elle. Elle le pouvait.

Teridax devait être arrêté avant d'avoir tué ou asservi des milliards d'innocents dans l'univers au-delà. Elle n'était pas certaine qu'elle pourrait l'abattre, mais elle devait essayer. Sa prison se trouvait près d'une aire sensitive, dont la destruction serait suffisante pour détruire le Makuta. Un souffle Nova de son pouvoir pourrait l'endommager suffisamment. Même si elle pourrait uniquement le perturber, peut-être que d'autres pourraient finir le travail à sa place.

Elle ferma les yeux et concentra tout son pouvoir. Elle mis de côté tous ses doutes et ses regrets. Helryx ferait ce qu'elle avait toujours fait : tout ce qui était nécessaire.

Un bruit incroyablement bruyant brisa sa concentration. Teridax avait-il déjà découvert ce qu'elle comptait faire ?

L'instant d'après, un mur se brisa. Deux Matoran sortaient des décombres, avec le Toa Nuva Lewa et un être que Helryx pensait ne jamais revoir : Toa Tuyet.

« Toi ! » lança la dirigeante de l'Ordre. « Que fais-tu ici ? »

« De rien, » répondit Tuyet. « Je ne savais pas que tu était enfermée, Helryx. Juste retour des choses, vu la manière dont ton espèce m'a emprisonnée pendant des siècles, n'est-ce pas ? »

Helryx observa Lewa. Tuyet, libérée, était une menace potentielle. Peut-être que si le Toa Nuva de l'Air et elle agissaient assez rapidement, ils pourraient éliminer la Toa rénégate. Mais Lewa ne faisait pas attention à Helryx. Au lieu de cela, il semblait fixer le portrait de Miserix. Le Makuta Teridax avait transformé son vieil ennemi en peinture murale dans un acte de meurtre unique et répugnant.

« Lewa ? Que faites-vous ? » demanda-t-elle.

Le Toa de l'Air l'ignora. Au lieu de cela, il murmura, « Intéressant. Pas mort, mais tellement convaincu qu'il l'est qu'il pourrait aussi bien l'être. »

« Ne fais pas attention à lui, » dit Tuyet. « Ce n'est pas Lewa. Je ne suis pas sûr de savoir qui c'est, je sais seulement que c'est lui qui nous a guidé jusqu'ici. Et maintenant que nous sommes ici, je suis sûre que nous pouvons trouver un moyen d'utiliser notre arrivée à notre avantage. »

Helryx se retourna vers Lewa. Le Toa de l'Air avait les yeux fermés et levait le bras droit. Mais aucun cyclone ne sortit de la paume de sa main. En fait, il ne se passait strictement rien.

Puis quelque chose arriva.

Le portrait de Miserix se voila, comme s'il essayait de se couvrir lui-même. Un instant plus tard, Makuta Miserix se trouvait lui-même dans la chambre, dans toute sa gloire de reptile. Le Makuta semblait ébahi, puis ses yeux tournèrent au rouge.

« Où est Teridax ? » hurla-t-il, si fort que les murs de la salle en tremblèrent.

« Et bien, » dit Tuyet, « c'était une surprise. »

« Taisez-vous tous, » répliqua Helryx. Elle se retourna vers les deux Matoran. « Hafu, Kapura... Vous êtes en danger ici. Retournez à Metru Nui et faites passer le mot à la résistance. Dites-leur d'être prêts à agir, et dites-leur... de faire la paix avec eux-même et avec le Grand Esprit. »

Hafu fit un pas en avant, en essayant de réclamer de rester. Mais Kapura le pris par le bras et secoua la tête. Il n'y avait pas de combats à venir où ils pourraient agir... d'une certaine manière, il savait que cette Toa de l'Eau laissait comprendre que la fin du monde était proche.

C'était alors au tour de Lewa Nuva de parler. « Un message doit être envoyé. Mata Nui doit être préparé. »

« Qui êtes-vous ? » demanda Helryx.

« Vous me connaissez sous le nom de Tren Krom, » dit le Toa. « Tout comme Tuyet, je me suis récemment échappé de ma prison. Il me reste une tâche à exécuter. »

Il s'avança devant Helryx, arriva prêt d'un mur, et le tira. Un petit assemblage de machineries avait été caché derrière. Alors qu'il commençait à manipuler les commandes, Helryx, Tuyet et Miserix se précipitèrent de l'en empêcher.

« Arrêtez ! »

Tout le monde dans la salle se retourna pour voir qui avait parlé. Brutaka et Axonn se trouvaient dans le mur ouvert. Brutaka lévitait et une aura verdâtre l'entourait. Le bras gauche d'Axonn s'y tenait en vain. Ils semblaient tous deux sortir d'une guerre.

« Tren Krom doit faire ce qu'il compte faire, » dit Brutaka. « Les trois qui ne doivent en former qu'un. Cet univers doit vivre pour qu'un monde puisse être à nouveau complet. »

« Cet univers doit mourir, et Teridax avec lui ! » répondit Helryx. « Axonn, Brutaka, je vous ordonne de soumettre ces trois-là. »

Brutaka sourit. « Nous ne recevons plus d'ordres de votre part, Toa Helryx. Nous recevons nos ordres de la destinée. »

« Je tenais à te faire savoir, » ajouta Axonn. « Brutaka a son propre 'Nous' ces jours-ci. C'est une longue histoire. »

Tuyet n'y faisait plus attention. Elle écoutait attentivement Tren Krom. Quel que soit le message qu'il envoyait, celui-ci était inaudible, mais à certains moments il arrivait à Tuyet de percevoir ce qu'il murmurait. Pour l'instant, elle avait réussi à distinguer les mots « Ignika » et « Armure Dorée ». Ils étaient tous deux intrigants, c'était le moins qu'on pût dire.

« Assez parlé, » cracha Miserix. « Teridax se trouve dans cette coquille de métal, elle doit donc être détruite, avec tout ce qui s'y trouve. »

« Ne commence pas ce que tu seras incapable de terminer, » le prévint Tuyet. « J'ai peut-être une utilité pour cet univers. »

« Brutaka, Helryx a peut-être raison, » dit Axonn. « Peut-être est-ce la seule manière sûre d'arrêter Teridax. Peut-être est-ce ce que Mata Nui veut que nous fassions. »

Devant les yeux choqués de Kapura et Hafu, des lignes de batailles se formèrent. D'un côté se trouvaient Helryx, Miserix et Axonn. De l'autre se trouvaient Tuyet, Lewa Nuva et Brutaka.

« Si nous en sommes là, alors qu'il en soit ainsi, » dit Brutaka. « Alors, pour sauver cet univers... Axonn, Miserix et Helryx doivent mourir. »

Chapitre 9

Mazeka était sur l'arête de la montagne. En bas, il pouvait voir les restes d'un village mort. Il reconnaissait les restes de ce qui était autrefois le berceau d'un petit groupe de Ba-Matoran, ceux qui avait comme élément la gravité. Il semblait avoir été décimé peu de temps auparavant, mais il n'y avait aucune trace des cadavres de Matoran, peut-être les villageois s'étaient-ils échappés, pensa-t-il, ou peut-être avaient-ils été capturés.

« Ton univers est très... mouvementé, » dit Makuta Teridax. Le guerrier à l'armure blanche se tenait à côté de Mazeka. Il venait d'un univers dans lequel les Makuta ne s'étaient jamais rebellés, mais étaient restés loyaux aux Grands Êtres et avaient aidé à sauver le monde. Il était venu dans cet univers avec Mazeka pour essayer de le libérer du contrôle de son homologue maléfique.

« Il y a un mot pour ça, » répondit Mazeka. « Il est dur pour moi de me rappeler un moment de ma vie durant lequel je n'ai pas combattu. J'ai eu de la chance. J'ai survécu. Je ne pense pas qu'on puisse en dire autant à propos des Matoran qui vivaient ici. »

« S'ils sont morts, c'est peut-être par merci, » dit Teridax. « Peut-être valait-il mieux qu'il ne voient pas ce qui arrive. »

« Maintenant, tu ressemble à Teridax, » dit Mazeka. « je suppose que vous n'êtes tous les deux pas aussi opposés que j'ai pu le penser. »

Teridax remua la tête. « Un tour vers la gauche ou vers la droite, une blessure reçue ou évitée, s'éveiller une heure trop tôt ou trop tard... Ce sont de petits détails sur lesquels compte notre vie, Mazeka. Ton Teridax a traversé un chemin que les circonstances m'ont permis d'éviter. Si les circonstances avaient été différentes, qui sait ? »

« Ce qui veut dire que si tu avais pris le contrôle de l'univers à sa place... ? »

« Je pourrais me révéler aussi maléfique que lui, » répondit Teridax. « Cela reste une possibilité. »

Autour d'eux, les vents se lâchèrent. En un instant, ils étaient passés d'une brise inoffensive à un maelström hurlant, tellement puissant qu'il fit perdre son équilibre à Mazeka et l'envoya contre le bout de l'arête. Teridax résista pour rester concentré, ignorant la tempête, alors qu'il utilisait ses pouvoirs pour éviter de laisser tomber Mazeka. Mais le sol s'ouvrit sous ses pieds, troublant sa concentration. Mazeka tomba dans la pente, suivi de peu par Teridax.

Ils atterrirent dans les ruines. L'impact de Mazeka brisa le corps mort depuis longtemps d'un Visorak en poudre noire fine. Teridax s'écrasa violemment, mais se retourna dans sa chute et se remit sur ses pieds en un instant. En regardant alors autour de lui, il pouvait observer les autres corps d'araignées Visorak répandus partout. Les villageois qui avaient vécu ici étaient descendus pour combattre.

Puis une voix sortit des bouches mortes des Visorak tout autour d'eux. Teridax la reconnut comme sa propre voix, mais hantée de folie et de vice. « Je vois que tu as apporté de la compagnie, Mazeka... Et quelle compagnie. »

« C'est Makuta, » dit Mazeka. « Il nous a trouvé. »

« Oui, je n'ai jamais remarqué ton arrivée, je dois l'admettre, » prononça Makuta à travers les araignées mortes. « Mais pensais-tu vraiment qu'une pâle et faible copie de moi-même pourrait m'arrêter désormais ? »

« Faible ? » demanda le Teridax à l'armure blanche. « Plus fort, je dirais, pour avoir résisté aux tentations que tu n'as pas pu vaincre. »

« Exact. Maintenant, laisse-moi voir à quoi es-tu capable de résister. »

L'air s'emplit d'ozone, puis, devant les yeux de Mazeka et Teridax, trois figures apparurent. Chacune ressemblait à Takanuva, le légendaire Toa de Lumière, mais leur armure était noire et l'énergie des ténèbres s'échappait de leurs mains.

« Je t'ai offert un accueil pathétique, mon frère, » dit la voix de Makuta. « Laisse mes nouveaux amis t'accueillir comme il se doit dans mon univers. »

***

Helryx évita les attaques de Tuyet et lui envoya un coup de pied dans la poitrine. La Toa de l'Eau corrompue tomba en arrière, évitant de peu d'être accidentellement frappée par Brutaka. La bataille n'avait commencé que quelques moments auparavant, mais la chambre dans laquelle ils combattaient était déjà en décombres.

Le problème sur lequel ils combattaient était sérieuse mortellement. Helryx, Makuta Miserix et Axonn avaient décidé qu'il fallait mettre un terme au contrôle de l'Univers par Teridax, même si cela entraînait la destruction de l'Univers lui-même. Tuyet, Brutaka et un Lewa Nuva possédé pensaient qu'il y avait toujours un espoir d'écarter Makuta sans avoir à tuer des millions de Matoran dans le procédé.

Miserix pensait qu'il aurait l'adversaire le plus simple. Il pouvait sentir que Lewa Nuva n'était pas lui-même, mais plutôt sous le contrôle d'un autre. Qui qu'il fût, il n'avait pas accès aux pouvoirs du Toa de l'Air. Cela ferait de lui un adversaire facile à défaire.

Malheureusement, le corps de Lewa appartenait désormais à Tren Krom, une entité antique possédant des pouvoirs mentaux gigantesques. Le premier vent fort de Miserix envoya Lewa à terre. Le « Toa » répondit avec un bombardement mental qui faillit réduire le cerveau de Miserix en cendres. Cependant, Miserix avait vu plus que cela au cours des millénaires – emprisonnement, torture, humiliation – et une attaque mentale n'allait pas l'arrêter si simplement. Il prit Lewa dans sa griffe et frappa son adversaire contre le mur, une, puis deux, puis trois fois.

Le cœur d'Axonn n'était pas au combat. Il avait redécouvert Brutaka récemment et regagné sa vieille amitié. Il n'arrivait pas à croire qu'ils se prenaient l'un à l'autre à nouveau. Et il n'était pas sûr que Brutaka ait tort. Peut-être les plans d'Helryx étaient-ils trop extrêmes. Peut-être que leur devoir résidait dans la protection des Matoran jusqu'au moment ultime.

Pour l'instant, cependant, il devait se concentrer sur sa protection. Un bon coup venant de Brutaka lui trancherait aisément la tête.

Helryx n'avait pas changé sa détermination, mais elle savait également que cette bataille attirerait sûrement l'attention du Makuta Teridax. Sa chance d'agir pourrait disparaître d'un moment à l'autre. Elle devait exécuter son souffle Nova maintenant, avant que quelqu'un ne puisse l'arrêter.

Tuyet devinait ce qui pourrait arriver. Elle fit un coup de coude à Axonn pendant que Brutaka le frappait. En prenant avantage de la situation, elle lui ôta sa hache de guerrier. En criant, elle s'éleva dans les airs et frappa Miserix avec la hache. Dans un cri de douleur, le Makuta reptilien tomba en arrière, directement sur Helryx.

La Toa folle frappa le sol et se retourna pour apercevoir la fin de son travail. Mais, à sa surprise, alors que Miserix s'apprêtait à détruire Helryx, la guerrière antique disparut. Le Makuta atterrit sur un tas, mais fut légèrement ralenti par sa blessure et cherchait déjà son adversaire.

Tuyet n'eut pas la moindre chance de se défendre. Helryx se trouvait soudainement derrière elle, la prenant par la tête. « Il est temps de dire au revoir, » dit Helryx. « Nous descendrons tous ensemble, et l'Univers ira mieux ainsi. »

Le monde commença à devenir flou devant les yeux de Tuyet. Au début, elle pensa qu'Helryx lui ôtait la vie. Mais elle réalisa ensuite que tout le monde avait les yeux tournés sur l'entrée de la chambre, où l'espace semblait lui-même être perverti. L'instant suivant, une immense figure fit un pas hors de ce désordre et resta devant eux.

« Bande... d'imbéciles, » dit la figure, dans une voix à la fois vieille et jeune. « Singes de pierre ignorants... Est-ce ainsi que vous voulez conserver l'existence ? »

Personne dans la chambre n'avait jamais vu le nouveau-venu auparavant. Mais certains avaient déjà entendu sa voix, et chacun sentit un frisson en l'entendant à nouveau. Seule Helryx eut l'idée de donner son nom au visiteur, même si elle ne le prononça que dans un soupir.

« Artakha. »

Chapitre 10

À la vision d'Artakha, la chambre devint silencieuse.

Il mesurait environ trois mètres. Son armure était vert-gris et couverte de symboles gravées depuis le commencement des temps. Son masque était le plus orné que personne n'avait jamais vu – plus qu'un simple Kanohi, c'était une pure œuvre d'art. Le Protodermis métallique dans lequel il était forgé était arrangé en des motifs et des conceptions complexes, chacun reflétant une des nombreuses cultures qui avaient prospéré dans l'univers. Ses fentes oculaires étaient angulaires et en pointes, lui donnant ainsi un air à la fois de sagesse et d'une vague sorte de menace.

Artakha se trouvait au milieu du chemin détruit, faisant face à certaines des entités les plus puissantes vivant dans cet univers. Sa posture leur faisait clairement montrer qu'il était leur égal, sinon supérieur.

Ses yeux froids se tournèrent d'abord vers Lewa Nuva. « Ta tache est accomplie », dit-il. « Retourne d'où tu viens ».

Lewa Nuva fixa Artakha pendant un moment, puis se retourna vers la sortie, avant d'être bloqué par le nouveau-venu.

« Sans le corps », dit Artakha.

Lewa Nuva haussa les épaules. « Paiement pour services rendus ? »

« L'esprit de Lewa Nuva est piégé dans ton ancien corps, Tren krom, comme tu le sais », répondit Artakha. « Il mérite mieux que de souffrir du destin qui t'était réservé ».

La bouche de Lewa Nuva sourit, bien que ce soit sous les pensées de Tren Krom. « Les mots te viennent rapidement, Artakha. Tu as choisi de vivre en exil. Pas moi ».

« Personne d'entre nous ne choisit sa destinée », répondit Artakha. « Et personne d'entre nous ne peut la défier. Pars, Tren Krom. Aie foi que Mata Nui te récompensera lorsque tout sera dit et accompli ».

Lewa Nuva acquiesça. « la foi, bien sûr... une goutte d'eau à la place d'un océan ».

Artakha s'avança et posa la paume de sa main droite sur la tête de Lewa Nuva. « Il est plus que temps, maintenant ».

Le corps du Toa suffoqua, puis s'effondra sur le sol. Après un moment, les yeux de Lewa s'ouvrirent et il regarda autour de lui, surpris. « Où...? J'étais... dans une caverne... Dans un corps monstrueux... et... »

Artakha l'ignora. Helryx s'était avancée vers lui, observant la face masquée et ne faisant aucun effort pour contenir sa furie. « Cette affaire n'est pas la tienne, Artakha. Il faut agir pour anéantir la menace de Makuta, ici, et maintenant ».

« La création est mon essence », répondit Artakha. « Et tu veux détruire tout ce qui existe. Je ne peux te le permettre ».

« Tu ne peux pas l'empêcher non plus... »

« Mais je peux ».

La voix se réverbéra à travers la chambre. Elle appartenait au Makuta Teridax.

« Oh, qui l'a invité ? » murmura Lewa.

« Invité ? » demanda Teridax. « A ce que je sache, vous vous êtes tous invités dans mon domaine. Et vous avez été pour la plupart très grossiers et destructifs. J'ai bien peur d'avoir à vous demander de partir. »

« Et si nous refusons ? » hurla Axonn. « Que feras-tu donc, monstre sans forme ? »

Teridax eut un faible rire noir. Puis il prononça lentement, « Oh, alors... je devrais insister. »

A l'instant, Axonn, Brutaka, Helryx, Artakha, Miserix, Tuyet et deux Matoran étaient dans une chambre ruinée enfoncée sous Metru nui. L'instant d'après, ils flottaient dans le vide glacial et sans air de l'espace, regardant le robot commandé par Makuta décoller loin d'eux vers un monde lointain.

***

« Je t'avais dit que c'était une mauvaise idée », dit Toa Kongu.

« Silence », siffla Hahli.

« L'Ordre est-il sûr de son information ? » demanda Nuparu.

« Aussi sûr qu'il puisse l'être, dans l'état actuel des choses », répondit Hewkii.

« Alors nous ferions mieux de nous mettre au travail ». dit Jaller.

Les cinq Toa Mahri survivants étaient accroupis sur la côte ouest de l'île de Zakaz, île de l'espèce sanguinaire des Skakdi. Ordinairement, ce n'était pas le genre d'endroit qu'une personne voudrait visiter de son plein gré, après avoir été dévastée par une guerre civile de plusieurs millénaires. A l'époque où ils étaient des Toa Inika, Jaller et son équipe avaient combattu six Skakdi, les Piraka, et en étaient ressortis vivant de justesse.

Leur mission était aussi simple que périlleuse. L'Ordre avait appris que Nektann, un puissant seigneur de guerre Skakdi, s'était rallié au Makuta Teridax et avait dirigé son armée dans un voyage au Sud. Il était désormais vital de savoir si d'autres seigneurs de guerre étaient prêts à suivre son chemin.

Au-delà de ceci, un mystère devait être résolu. Suite à la destruction de Daxia, les serpents de mer qui étaient autrefois les maléfiques Piraka avaient disparu. La plupart pensaient qu'ils étaient juste enterrés dans les ruines, mais certaines rumeurs prétendaient qu'ils avaient été sauvés et s'étaient échappés vers Zakaz. Pour quelles raisons, personne ne pouvait le savoir.

Pour en savoir plus, ils devaient dépasser les gardes Skakdi sur la côte. C'était une mission pour Kongu. Utilisant son contrôle de l'air, il préleva tout l'air qu'ils pouvaient respirer jusqu'à ce qu'ils s'évanouissent. Une fois les gardes abattus, les Toa Mahri avancèrent.

Leur obstacle suivant était un petit camps de guerriers, entouré d'un mur de pierre épaisse. « Vous voulez que j'abatte le mur ? » demanda Toa Hewkii.

« Comme planifié », acquiesça Jaller.

Hewkii se concentra et utilisa son pouvoir de la pierre sur le mur. L'instant suivant, la roche commença à exploser. Les Skakdi alertés, pensant être sous l'attaque d'une autre tribu, se précipitèrent vers leurs défenses... mais ne purent pas voir l'ennemi.

Après quelques minutes de « bombardement », ils sortirent des décombres et fuirent dans la nuit.

« Jaller se retourna vers la Toa de l'Eau. « Hahli ? »

« C'est par là », répondit-elle, en prenant la tête. Les Toa se déplacèrent furtivement à travers le terrain vague avant d'atteindre l'entrée de la caverne. A ce moment, ils pouvaient tous entendre le courant de l'eau. Hahli les dirigea à l'intérieur, où ils trouvèrent une rivière sous-marine.

« Parfait », dit Nuparu.

« L'Ordre prétend que cela nous mènera vers une des autres ruines plus larges », dit Hahli. « Nous n'avons plus qu'à nager ».

« Encore ? » demanda Hewkii, avec ironie.

Le Masque de Vie avait transformé les Toa Inika en Toa Mahri à respiration sous-marine peu de temps auparavant. Il les avait changés à nouveau, faisant d'eux de vrais amphibies. Un par un, ils plongèrent dans la rivière et commencèrent à nager dans l'eau froide et sombre.

Une heure plus tard environ, alors que Nuparu découvrait qu'il y avait quelques poissons très répugnants sous Zakaz, ils émergèrent dans une autre caverne. Juste au-dessus de la bouche de la caverne se trouvait une large aire de ruines, dans laquelle environ 500 Skakdi s'étaient réfugiés. L'un d'entre eux, visiblement seigneur de guerre, s'adressait aux autres.

« La Confrérie des Makuta n'est plus, » cria-t-il. « Les Chasseurs de l'Ombre sont en ruines. Les Toa sont divisés et se cachent comme des Rats de Pierre. Qui reste-t-il à craindre pour quiconque ? »

« Les Skakdi ! » cria la foule en réponse.

« Je n'aime pas ce que j'entends », dit Hewkii.

« Je pense que tu vas l'apprécier encore moins », dit Nuparu. Il était accroupi, une main sur le sol. « Quelque chose se déplace sous le sol, peut-être à vingt bio de nous. Quelque chose d'énorme ».

« Pendant trop longtemps, nous avons été parqués sur cette île, sous la volonté de la Confrérie » continua le seigneur de guerre. « Et maintenant l'un d'entre eux contrôle notre univers et pense nous contrôler également. Mais nous allons lui montrer à quel point il se trompe ! »

« Bon, je ne pense pas que Teridax et lui seront prêts à jouer au Kolhii ensemble si rapidement », dit Jaller.

« Et je pense qu'il est en train de s'enflammer », dit Hahli.

« Que notre salut s'élève », cria la guerrier.

« Nous y voilà », dit Nuparu.

Maintenant, ils pouvaient tous sentir le sol trembler, et peu après, ils virent pourquoi. Un immense bassin s'élevait en centre des ruines. En un regard, les Mahri purent découvrirent avec regret ce qui se trouvait dedans.

« C'est du Protodermis Énergisé », soupira Jaller. « Comment ont-ils...? »

« Gardons les questions pour plus tard », dit Kongu. « regarde qui vient de se joindre à la fête ».

Les Skakdi apportaient des prisonniers dans le bassin. L'un d'entre eux était un Zyglak, l'espèce sauvage de reclus connus pour leur invulnérabilité aux pouvoirs élémentaires des Toa ; le suivant était un Vortixx, l'espèce rusée qui avait rejeté la maléfique Roodaka ; et en dernier, un de l'espèce brutale qui servait d'ouvriers sur Stelt.

« Ça n'a pas de sens », dit Hahli. « Même s'ils les jettent dans le liquide, les trois seront sans doute détruits dedans. Alors pour quoi faire ? »

« Rien », dit Nuparu. « A moins que... A moins que, d'une certaine manière, ils sachent que ceux-ci sont destinés à être transformés ».

« Mais le seul capable de le savoir serait... »

« Teridax », finit Jaller. « Ils ne savent probablement pas qu'il leur a mis cette idée dans leurs têtes. C'est encore un de ses coups bas ».

« De plus en plus mauvais », dit Hewkii. « Ne seraient-ce pas les Piraka que je vois là ? »

Le Toa de la Pierre ne se trompait pas. Cinq Skakdi portaient cinq serpents de mer, chaque serpent en train de suffoquer. Au signal du seigneur de guerre, les trois prisonniers et les cinq serpents furent plongés dans le bassin de Protodermis. Les Skakdi étaient tellement captivés qu'ils ne remarquèrent pas un étrange nuage verdâtre qui émergea du lac non loin de là, resta dans les airs un moment, et replongea dans le bassin de Protodermis Activé.

Le liquide commença à écumer et à bouillir. Les Toa Mahri purent remarquer une forme se former dans le liquide argenté, quelque chose de monstrueux et horrible.

« Laissez-moi », dit Kongu, « appelez-moi quand ce sera terminé. Je ne crois pas vouloir regarder ça ».

« Je ne pense pas que l'Ordre va apprécier cela », dit Nuparu.

« Je doute qu'une seule personne l'apprécie », dit Jaller.

Ensuite, devant leurs yeux, une nouvelle et terrible forme de vie commença à émerger du bassin...

Chapitre 11

Combien de temps dure une fraction de seconde ?

Assez longtemps pour Lewa Nuva pour voir les autres dans la chambre – Artakha, Helryx, Miserix, Tuyet, Axonn, Brutaka, Hafu et Kapura- comencer à scintiller et s'effacer... et assez longtemps pour réaliser qu'il n'avait pas été téléporté comme ils l'ont été. Teridax avait laissé le Toa de l'Air en arrière, sans doute pour quelque sinistre raison.

Lewa ne l'avait pas. Avant cette fraction de seconde, il avait empoigné Brutaka. C'était un risque - un grand risque - que d'essayer de participer à une téléportation en cours. Mais Lewa était déterminé, et peu importe où les autres étaient allés, il irait.

Lors de la demi-seconde suivante, il s'était retrouvé flottant dans le vide de l'espace aux côtés des autres. Parmi tous, seul Miserix n'était pas en train de suffoquer, puisque l'Antidermis n'a pas besoin de respirer. Mais le froid de l'espace pourrait éventuellement l'atteindre. Makuta Teridax avait envoyé quelques-uns des plus puissants êtres de son univers dehors comme des déchets, et il semblait qu'ils n'allaient pas survivre à l'expérience.

Lewa utilisa son pouvoir élémentaire, un effort dans cet environnement, et créa une mince bulle d'air liée aux têtes de tous les naufragés sauf Miserix. « Tenez-vous la main ! » cria le Toa de l'Air, voyant les membres du groupe commençant déjà à s'éloigner les uns des autres.

Helryx se tourna pour voir le robot Mata Nui s'éloigner d'eux en direction d'une lointaine planète. Le monde de l'océan infini était loin au dessous d'eux. « Artakha, peux-tu nous téléporter à l'intérieur ? »

Artakha ferma les yeux un moment, puis les rouvrit, secouant la tête. « Teridax bloque notre retour. Je peux essayer de nous amener à sa destination évidente, mais je ne peux pas garantir que plusieurs d'entre nous survivent au voyage. »

« Nous allons probablement tous nous retrouver matérialisés dans des arbres ou des rochers. » murmura Tuyet. « Nous serons juste comme morts.»

« Ce n'est pas la voie d'un guerrier de mourir » râla Axonn.

« Teridax doit être arrêté » dit Brutaka. « Nous devons faire tout ce que nous pouvons, sans faire attention au danger ».

Artakha hocha la tête. Mais avant qu'il puisse utiliser son grand pouvoir, un trou apparut dans l'espace devant lui, dans le portail.

Les neuf se retrouvèrent étendus sur un sol de pierre humide. Kapura fut le premier à réaliser que la pierre était en mouvement, sans parler du souffle. Il cria et se mit sur ses pieds, dos à un mur. Les briques du mur s'approchaient pour l'étreindre, le tenant rapidement.

Un personnage en armure, son visage montrant une grimace hideuse, s'avança dans le rayon de lumière apportée par l'unique fenêtre de la chambre. « C'est quelque peu choquant jusqu'à ce qu'on y soit habitué, n'est-ce pas ? »

Miserix plissa les yeux. « Je te connais. Tu étais parmi mes sauveteurs sur Artidax. Tu étais celui qui ne se taisait jamais. Ou nous as-tu emmenés ? »

Helryx se tenait du mieux qu'elle pouvait sur le sol mouvant, l'arme prête. « Vezon, » dit-elle. « Explique-toi ».

« Pas même un merci ? » dit le Skakdi fou. « Sache que si je vous sauve des ténèbres de l'espace, je l'ai seulement fait parce qu'il m'a dit de le faire. »

« Il ? » dit Axonn. « Qui ? »

« Oh, ne vous ai-je pas présentés ? Quelle grossièreté de ma part », dit Vezon. « Tout près d'ici, dans les ombres ».

Les occupants de la chambre se tournèrent tous en même temps pour regarder dans la direction que Vezon pointait. Ils pouvaient tout juste distinguer un personnage assis sur le sol, des chaînes fixées à ses bras et ses jambes. Les chaînes s'entrelaçaient comme des serpentins.

« Soyez prudents », ajouta Vezon, d'un bruyant murmure. « Il est plutôt dément, vous savez ».

« Matoran », dit une voix venant des ténèbres, « incroyable... et vous autres... je suis si fier. Si je pouvais, je vous embrasserais tous ».

Helryx recula de deux pas, en disant « Est-ce un autre de tes tours, Vezon ? Qui est-ce ? »

Vezon tendit une main pour l'arrêter. « Je ne ferais pas ça si j'étais toi ».

« Tu n'es pas moi, » cassa Helryx, le poussant sur le côté. Elle avait avancé jusqu'au coin sombre, quand son armure commença soudait à l'étrangler. La Toa de l'Eau tomba en arrière, haletant pour trouver de l'air.

« C'eut été mieux si j'aurais été toi », dit Vezon. « Moins douloureux ».

Axonn plaqua Vezon contre un mur, pressant son bras contre la gorge du cinglé.

« Si tu veux des réponses », s'étrangla Vezon, « tu dois lui demander. Il est le Grand Être, après tout, pas moi ».

Un gloussement sec vint des ténèbres. « Un Grand Être, oui... c'est comme ça qu'ils m'appelaient... moi et mes frères et sœurs. Angonce avait dit une fois que ce nom était la pire chose qui nous était arrivée, parce que nous avons commencé à croire que c'était exact. Peut-être qu'il avait raison... peut-être que c'est ce pourquoi je suis emprisonné ici. Mais maintenant vous êtes ici pour me libérer ».

Lewa Nuva jeta un coup d'œil à la fenêtre de la cellule. Il était stupéfait de voir une forêt qui s'étendait à perte de vue, bien plus grande que la jungle qu'il appelait sa maison sur l'île de Mata Nui.

« Ou sommes-nous ? » demanda-t-il.

« C'est vrai, vous ne pouviez pas savoir », dit le Grand Être. « Bienvenue, mes amis, sur Bota Magna ».

***

Pridak se rattrapa sur le sol, enragé.

Son marché avec le Ténébreux avait échoué. Lui, Kalmah et Mantax avaient reformé leurs légions, alors qu'Ehlek était retourné dans l'océan pour rassembler ses troupes. De Carapar, il n'y avait pas eu de signe depuis quelques temps. Ils étaient prêts à frapper dès que le Ténébreux avait lâché les virus sur le Makuta Teridax. L'univers serait à eux pour qu'ils le dirigent une fois de plus.

Puis... plus rien. Le moment convenu était passé, avec seulement une secousse pour le signaler. En premier, Pridak pensa que la secousse était un signe que le Ténébreux avait réussi. Mais il devint rapidement évident que rien n'avait changé. Teridax était toujours aux commandes. Maintenant Pridak avait un choix. Marcher sur Metru Nui, et risquer d'être détruit entre les mains du Makuta, ou rester ici et risquer la rébellion de ses légions. Il avait été idiot de croire en quelqu'un d'autre, conclu-t-il.Le Ténébreux était, pour utiliser un vieux dicton de son peuple, « soit mort, soit en fuite ».

Pridak regarda aux alentours. Sa légion était armée et prête. Il était un guerrier, un conquérant. Il n'y avait pas d'autre choix.

« En marche ! » cria-t-il, pour encourager ses troupes.

***

Dans une salle de l'île de Xia, le sol de pierre était jonché de restes brisés de précieuses fioles. De leur contenu – et du Ténébreux – il n'y avait pas de trace. Personne ne voudrait vraiment le chercher. Ils étaient trop occupés à tenter de déterminer pourquoi tous les Vortixx dans un rayon d'un kio avaient connu une mort horrible... et juste quoi sur leur île pourrait avoir pulvérisé des êtres vivants en fragments, sans laisser aucun signe de sa présence.

***

Les Toa Mahri surveillaient sous le choc la nouvelle forme de vie émergée du bassin de Protodermis Activé. La fusion d'un Zyglak, un Vortixx, un ouvrier Steltian, et les cinq Piraka survivants, avait été créé par les barbares Skakdi lors d'un rituel élaboré. Et maintenant il était libre.

C'était terrible.

C'était beau.

Mesurant plus de 3,60 mètres de haut, avec une peau luisante et dorée, des muscles puissants, et des yeux verts perçants, il considéra l'assemblée des Skakdi avec le regard bienveillant d'un créateur. Seul l'aspect vaguement reptilien de son visage ressortait de son apparence stupéfiante.

« Nous vivons », dit-il. « Et nous avons faim ».

« Ça ne me dit rien qui vaille » dit Jaller.

« Rien ne m'avait dit rien qui vaille depuis au moins un an » répondit Kongu.

« Pensez-vous... qu'ils vont servir de repas ? » demanda Hahli.

« J'aurais aimé que ça soit aussi simple », dit Hewkii. « Mais d'une façon ou d'une autre, je pense que ça sera pire ».

« Vous allez me nourrir », dit la nouvelle création. « Et en retour, je vous garantis un cadeau merveilleux »,

Les Skakdi firent un léger mouvement en avant. Ils n'étaient pas un peuple prudent en règle générale, et le concept de quelqu'un qui voulait leur donner quelque chose – par opposition à eux qui le prennent seulement – était nouveau et attrayant. Comme ils étaient tout près, la création ferma les yeux, une expression de ravissement sur le visage.

« Est-il en train de... se nourrir ? » demanda Nuparu. « De quoi ? »

« Je ne sais pas, mais soyons sûr que nous ne sommes pas les prochains », dit Jaller. « Les Skakdi sont distraits, et lui aussi... qui qu'il soit. Soyez prêts. »

« Oui », Dit l'être à la peau dorée. « Tellement à savourer. Et tellement à donner en retour ».

« C'est lui » dit Jaller. « Quoi qu'il s'apprête à faire, il s'apprête à le faire maintenant. Alors allons... allons... »

Jaller fit une pause, confus. Il y avait quelque chose que les Toa Mahri devaient faire, de toute urgence. Qu'était-ce ? Il savait que c'était important.

Soudain, cela devint clair comme du cristal. Pourquoi ne l'avait-il pas vu plus tôt ? C'était si évident, après tout. « Les Skakdi sont une race supérieure » dit-il à ses équipiers. « Plus forts, plus malins ... nous ne devrions pas nous opposer à eux. Nous devrions les suivre. »

« Est-ce que... est-ce que tu penses qu'ils nous autoriseraient à les servir ? » demanda Hahli.

« S'ils ne le font pas... s'ils nous tuent », dit Hewkii, « quelle meilleure manière de mourir ? »

Jetant à terre leurs armes, les cinq Toa Mahri se levèrent et marchèrent en avant, prêts et impatients d'obéir aux ordres de leur nouveaux maîtres.

Chapitre 12

Teridax étudia les trois Takanuva d'Ombre qui bloquaient son chemin. Ils avaient été envoyés par le Makuta Teridax de cet univers - celui qui contrôlait le robot géant à l'intérieur duquel des millions d'êtres vivaient - pour tuer, lui et son compagnon, Mazeka. C'était un bon plan. Après tout, un Takanuva serait un défi - trois autres corrompues seraient mortels.

Teridax a de multiples pouvoirs de son propre choix. En son temps, et dans son univers, il avait été un grand guerrier. Aucun doute le Makuta attendait de lui une confrontation avec ses énergies contre celles des Takanuva dans une bataille finale apocalyptique et, en infériorité numérique, mourir horriblement au bout de quelques minutes. Mazeka ne résisterait probablement même pas aussi longtemps, même si le Matoran veillerait à ce que ses assassins se souviennent de la lutte.

Ah, Makuta, pensa Teridax. Nous sommes le même être dans des univers différents, mais je ne suis pas toi. Tu es un traître... un intrigant... ne voulant pas salir tes griffes, si tu peux l'éviter. On pourrait penser à toutes sortes de moyens pour lutter contre les Takanuva à distance... tout ce qui serait un échec.

Teridax sortit son marteau de guerre. Tu ne penserais jamais à le faire.

Il chargea. Avant que les Toa d'Ombre puissent réagir, Teridax fit se balancer son marteau, il frappa un Toa en plein visage et brisa son masque en mille morceaux. Se retournant, il assena un autre coup de marteau au plastron du second Toa, le fissurant en son centre. Mazeka réagit alors et attrapa le troisième Takanuva avec un coup de ciseau et l'envoya au sol. Teridax fit en sorte qu'il ne se relèverait jamais.

Le Toa sans masque chargea en avant, tirant au hasard de ses mains de l'énergie d'Ombre. Une salve toucha Teridax à l'épaule, endommageant gravement son armure. Le guerrier d'une autre dimension n'eut pas le luxe de ressentir la douleur à ce moment, ou de se soucier de l'antidermis s'échappant par la brèche. Il frappa d'un coup de pied en plein dans les côtes du Toa, tout en balançant son marteau à nouveau pour arrêter la charge de l'autre Takanuva. Ce dernier, toujours dans la lutte, malgré une armure très endommagée, créa un brouillard tourbillonnant d'obscurité pour cacher ses mouvements.

« Permettez-moi, » murmura Mazeka.

Le Matoran se tenait immobile, entrant en contact avec tous ses sens. Il savait qu'à tout moment, le Takanuva de l'Ombre pourrait frapper et les tuer tous les deux. Mais il ne pouvait pas s'attarder à cette crainte, pas s'il espérait survivre à cette bataille.

Là ! Un mince coffre sur roche, à environ un mètre à sa gauche et derrière lui. Mazeka bondit, tourbillonnant dans les airs, et le frappa d'un coup de pied. Son pied accrocha le masque du Toa, il frappa de travers mais sans l'arracher. Même si son élan l'avait éloigné, Mazeka décrocha un deuxième coup à la nuque du Toa de l'Ombre. Furieux, le Toa lança des vrilles d'obscurité qui commençait à étrangler le Matoran.

« Votre ami est condamné, » dit le cruel Takanuva en souriant. « Vous aurez juste à le battre par quelque - »

Il eut une scène écœurante. Le visage du Toa de l'Ombre devint noir. Il chancela d'un pas en avant, puis s'effondra, révélant dans le processus combien de dégâts un marteau de guerre dans les mains d'un expert pouvait causer. Les vrilles se dispersèrent et Mazeka tomba à ses pieds.

« Où est le troisième ? » demanda le Matoran, pendant que l'obscurité se dispersait tout autour.

« Là, dit Teridax, » pointant vers le nord. « Et là, » ajouta-t-il, faisant des gestes vers l'ouest. « Oh, et il y a certains morceaux par là, finit-il, en regardant vers l'est. « Son masque a été brisé. Je pensais qu'il pourrait bien y participer. »

Mazeka rit. « Vous savez, les Toa n'approuveraient pas cela... ils ne tuent pas. »

Teridax haussa les épaules. « Très noble... mais vu la situation de cet univers, peut-être qu'ils devraient un peu plus modérer leurs règles. »

« Essayez de leur dire -- » Mazeka commença.

Teridax leva une main pour l'arrêter « Attends... quelque chose ne va pas. Vite, prends ma main ! »

Mazeka fit ce qu'on lui dit, alors même que Teridax commença à se téléporter. Le monde devint flou et disparut autour d'eux. Quand il reparut, ils se tenaient en arrière sur la crête surplombant le village abandonné. Un tremblement violent secoua le sol et Mazeka put à peine rester sur ses pieds.

« Comme je l'espère », déclara Teridax, avec lassitude. « Nous avons échappé au pire. »

« Le pire de quoi ? » demanda Mazeka. « Qu'est-ce qui vient de se passer ? »

« Votre Makuta... est tombé », déclara Teridax. « Nous devons continuer à avancer, mais d'abord... d'abord, nous ferions mieux de trouver un moyen de panser ma blessure. Je préfère marcher à l'extérieur de cet univers, non flotter. »

***

Taipu était habitué à l'obscurité. Il était, après tout, un Onu-Matoran, qui avait passé la majeure partie de sa vie dans les archives de Metru Nui ou dans les profondes mines. Bien sûr, c'est une chose de choisir de vivre dans l'obscurité, et une autre d'avoir toute la lumière s'éteignant brusquement autour de vous.

Il fit le bilan de la situation. Il était couché à plat ventre sur le plancher d'un niveau supérieur des Archives. L'air était rempli de poussière. Les Lumines étaient toutes brisées. Quelque chose d'extrêmement lourd se trouvait au-dessus de lui, rendant impossible de se lever et assez difficile de respirer. Tout cela était le résultat d'un tremblement de terre massif qui venait de frapper Metru Nui, suivi peu après par une réplique pas aussi dévastatrice.

Taipu tenta de crier au secours, mais ne put gérer qu'une voix rauque. Ce n'était pas une très bonne façon de mourir, décida-t-il. Mais elle semblait être celle avec laquelle il était coincé.

Puis il entendit quelque chose. Quelqu'un creusant à proximité. Peut-être qu'ils le trouveraient ? Il essaya de crier à nouveau, mais le cri finit par n'être qu'un étouffement dans la poussière.

Il y eut plus de bruit. Il pouvait maintenant entendre des voix familières. Quelqu'un criait aux autres de continuer à creuser. Le terrible poids sur son dos disparut soudainement. Taipu ressentit deux fortes mains saisissant ses poignets et le tirant de sous les décombres.

Il leva les yeux pour voir que Tamaru et Macku étaient ses sauveteurs. Non loin de là, Kopeke aidait d'autres Onu-Matoran qui avait été pris dans le tremblement de terre. Macku appuya Taipu contre un mur et dépoussiéra son armure. « Tout va bien ? » demanda-t-elle.

Taipu hocha la tête. « Qu'est-il arrivé ? »

Macku désigna le ciel. Taipu regarda et il vit un trou énorme, et au-delà, un ciel bleu, comme dans ses souvenirs de l'île de Mata Nui. Il n'y avait que récemment que Taipu et les autres Matoran avaient appris que leur « univers » était à l'intérieur d'un robot géant. Maintenant, quelqu'un avait en évidence frappé un grand coup dans la tête du robot.

« Je pense que Makuta a rencontré quelqu'un de plus fort qu'il ne l'était », expliqua Macku. « Il est possible que le robot soit mort, et je suppose qu'il est. Nous allons avoir besoin de mettre chacun en dehors d'ici et espérer qu'il y ait un endroit à l'extérieur, où nous pourrons vivre. Mais en attendant... eh bien, il y a beaucoup de personnes prises au piège comme tu l'étais. »

Taipu se leva. « Alors je vais vous aider. »

« Tu as besoin de repos », déclara Macku sévèrement.

« Je ne suis pas resté à rien faire à Kini-Nui lorsque ces Rahi ont attaqués », répondit Taipu. Il regarda autour de Tamaru et Kopeke s'efforçant au travail. « Je ne sais pas où Hafu et Kapura sont... mais il me semble que la Compagnie du Chroniqueur vit de nouveau. »

Macku sourit. « Très bien, alors, mon vieil ami. Mettons-nous au travail. »

***

Kopaka jeta son arme sur le sable s'effondrant sur un rocher. Il était fatigué, de tout ce chemin jusqu'au cœur de son être... fatigués des combats et de la course et des combats encore. Il lui sembla que c'était tout ce qu'il avait fait depuis que lui et ses coéquipiers étaient arrivés sur l'île de Mata Nui plus d'un an auparavant. Comme il regardait le champ de bataille de Bara Magna, et le cadavre épave du robot énorme de Makuta, il se demanda si au final, c'était terminé.

Il avait répondu à l'appel de Tahu avec tous les Toa Nuva, à l'exception de Lewa. Aux côtés des autres Toa et les habitants de ce monde, ils avaient combattu Rahkshi, Skakdi, et de vicieux, guerriers en armure noire également. Tahu avait à lui seul vaincu les Rahkshi, et les autres avaient combattu le reste de l'armée du Makuta jusqu'à ce qu'ils se soumettent. Le robot Makuta avait été frappé à l'arrière de la tête par un corps céleste et s'était écroulé plus vite qu'une avalanche sur le mont Ihu. Maintenant, un par un, Matoran et autres habitants du robot émergeaient de la carcasse brisée à la lumière d'un monde nouveau.

En utilisant ses pouvoirs pour créer une rampe de glace, Kopaka voyagea au dessus de la cime des arbres de la nouvelle jungle. Il voulait un moment de solitude.

Cherchant un endroit susceptible, à des kilomètres de là où les autres Toa et Glatorian étaient réunis, il se mit à contempler son avenir. Le destin des Toa Nuva avait été accompli, il avait alors toujours la possibilité de renoncer à son pouvoir Toa et de devenir Turaga. Mais il n'avait pas l'envie de courir partout dans un village ou un avant-poste quelque part.

Il pourrait toujours se retirer de l'aventure, bien sûr. C'était un monde tout nouveau pour lui, avec l'abondance de lieux à explorer et peut-être même quelque part où s'installer. Il pourrait être agréable de faire autre chose que constamment la bataille dans sa vie. Bien sûr, il n'avait aucune idée de ce que ce « quelque chose » pourrait être, mais une chose qu'il savait - il ne pouvait pas baisser les bras tant que Lewa n'était pas retrouvé.

Le Toa de l'Air avait été porté disparu pendant plusieurs jours. Il était possible qu'il ait été simplement dans une autre partie du robot et en serait sorti.

Mais il pourrait aussi avoir été blessé ou attaqué. Aussi énervant que Lewa pouvait être parfois, c'était un camarade Toa Nuva et... un ami. Kopaka fit vœu en silence de le trouver partout où il pourrait être.

La première étape serait de parler à aux autres Nuva et organiser une recherche. Avant qu'il ait pu faire cela, cependant, quelque chose d'extrêmement étrange attira son attention. Une section de la surface du robot disparut tout simplement. Il n'y avait pas eu d'explosion, pas de chaleur, aucun signe de métal découper. Un moment, elle était là, et le lendemain elle avait disparu.

Ce qui était encore plus bizarre était apparu de la brèche. Une petite armée de Skakdi, une étrange créature à la peau dorée et... les Toa Mahri ! Les héros ne semblaient pas être des otages ou prisonniers. En fait, il semblait qu'ils étaient très heureux agissant comme bêtes de somme pour les Skakdi.

Lewa devra attendre, je le crains, pensa Kopaka. J'ai besoin d'aller au fond des choses, pour l'intérêt des Mahri, si ce n'est pour rien d'autre.

Heureusement, les nouvelles plantes créées par Mata Nui fournirent une meilleure couverture qu'un désert l'aurait pu. Kopaka fut derrière les Skakdi et leur mystérieux « allié » durant des kilomètres. Quand ils arrivèrent sur les plages de l'océan, la troupe s'arrêta. On pouvait voir les Skakdi parlant et faisant des gestes à la créature à la peau or.

La créature baissa la tête et se tourna vers les falaises au-delà de la plage. Devant les yeux effarés de Kopaka, une imposante forteresse prit forme au sommet le plus élevé des formations rocheuses. Les murs étaient faits de pierre et les tours comportait des armes. Tous Metru Nui aurait probablement pu tenir à l'intérieur, avec l'espace à revendre.

Cela est extrêmement mauvais, pensa Kopaka. Un Toa Nuva ne peut rien faire ici. Allons voir ce que cinq peuvent faire.

***

Lewa Nuva était au cœur de son propre mystère pour le moment. Amené à un endroit appelé Bota Magna avec Toa Helryx, Vezon, Toa Tuyet, Miserix, Brutaka, et d'autres, il s'était trouvé en présence d'une personne prétendant être un Grand-Être emprisonné qui cherchait la liberté. Les membres de son groupe étaient immédiatement tombés en débat pour savoir s'il était sage de libérer quelqu'un avec une telle puissance potentielle et de toute évidence un état mental ténu. Lewa se lassa rapidement de l'argument et trouva un moyen de sortir de la forteresse.

Le secteur dans lequel il se trouvait était l'un des plus beaux qu'il ait jamais vu, d'autant plus étonnant que la jungle de Mata Nui. Il utilisa son pouvoir de lévitation au-dessus des arbres, en passant par la majestueuse forêt, de belles rivières, des champs vallonnés, de cybernétiquement améliorés reptiles géants, et -

Lewa fit demi-tour pour un second regard. Oui, c'était un lézard, d'environ douze mètres de haut d'après estimation l'approximative du Toa. Et oui, il avait un optique laser à la place d'un œil, ses dents étaient en métal poli, et sa queue était couverte de circuits sur toute sa longueur. Le Toa de l'Air vit que la bête poursuivait un reptile plus petit et beaucoup plus rapide. La proie semblait de nature à s'échapper... au moins, jusqu'à ce que quelque chose se mit à briller dans l'œil mécanique du géant et que le sol explose en face de sa proie. Le plus petit reptile vola en arrière, roulant, et atterrissant durement sur le sol de la forêt. Le plus grand reptile l'avala tout entier.

Et nous pensions que nous avions des problèmes de Rahi sur l'île, pensa Lewa. Ils les font grandir très haut ici.

Il descendit en piqué pour une vue rapprochée, Lewa repéra un mouvement sur le sol de la forêt. Cette fois, ce n'était pas des reptiles, mais des villageois pas trop différent de la taille des Matoran. Ils marchaient à un rythme soutenu, apparemment négligeant le prédateur énorme. Lewa conclut qu'il ferait mieux de les avertir.

Atterrissant à une certaine distance, afin de ne pas effrayer les indigènes, il attendit leur approche. Dès qu'ils le virent, ils se répartirent comme pour l'encercler. Il garda ses bras le long de son corps, ne voulant pas paraître hostile. Maintenant qu'ils étaient plus près, il pouvait voir qu'ils étaient très différents des Matoran, à certains égards. Ils portaient des armes très rudimentaires, des haches, des lances et des gourdins en bois et en pierre. Bien qu'ils ne portaient pas d'armures, ils étaient d'étranges hybrides de métal et de plantes.

Un des villageois, en évidence, le chef de la patrouille, s'avança et s'adressa au Toa. Mais Lewa ne pouvait pas comprendre ce qu'il disait. Il essaya de faire des gestes pour transmettre le message que le reptile énorme n'était pas loin, mais les villageois ne semblaient pas comprendre, ou bien tout simplement s'en fichaient. Ils semblaient beaucoup plus fascinés à propos de lui. Quelques-uns des plus braves le piquaient et le poussaient, comme s'ils n'avaient jamais vu son pareil avant.

Maintenant, le chef qui faisait des gestes à son tour, demandait évidemment à Lewa son origine. Le Toa de l'Air sourit et hocha la tête, essayant de montrer qu'il comprit, et fit des gestes vers la forteresse. Il y eut un murmure immédiat parmi les villageois, pas du tout un son heureux. La prochaine chose que Lewa sut, fut que les pointes de lances furent innombrables à sa gorge.

Oh, pensa le Toa de l'Air. Ça va être ce genre de journée.

***

Angonce étudia son équipement antique. Il lui en dit beaucoup sur l'état de la nouvellement restaurée Spherus Magna. Mata Nui avait été en sommeil, du moins temporairement, le robot Mata Nui original et son prototype ont étés détruits en même temps, les habitants nanotechnologiques de Mata Nui avaient survécu et avaient débarqué sur Spherus Magna ainsi que rencontré les habitants locaux.

Le Grand-Être aurait dû être heureux de tout cela. Après tout, c'était lui et ses frères et sœurs qui avaient créé Mata Nui et envoyé le robot à sa mission, qui aboutit à la restauration de la planète. Mais les choses ont beaucoup changé dans les 101 000 dernières années. Ceux qui étaient la cause des célébrations provoquaient maintenant des émotions très différentes.

Ils chercheront les Grands Êtres maintenant, pensa-il. Ils voudront nous dire que tout va bien. Toa et Glatorian, Matoran et Agori, se réuniront autour de cette « joyeuse » mission. Mais tout n'est pas parfait... et s'ils vont à la recherche de ceux qui ont apporté tant de gloire et tant de misère à monde... Je crains qu'ils ne trouveront rien à part la mort.

Personnages

Diffusion

Cette section a besoin d'être éditée pour être étendue.

Anecdotes

  • Bien que la mission de destruction du Protodermis Énergisé sur Daxia n'est pas racontée, il a été confirmé que celle-ci avait été un succès[1].


TimelineNav.png 2001-2003 Mur de l'Histoire (BIONICLE.com)
2007 Rêves de Destruction | Dans l'Obscurité | Le Blog des Toa Nuva
2008 Les Chroniques de Mutran | Sombre Miroir | Fédération de la Crainte | La Guerre du Destin | Résidents des Ténèbres | Frères d'Armes | Le Blog de Takanuva
2009 L'Empire des Skrall | Le Règne des Ombres | L'Énigme des Grands Êtres
2010 La Saga de Mata Nui | L'Épopée de Sahmad | La Quête d'Hier | Les Pouvoirs en Place