L'Empire des Skrall

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Navigation
Outils
Dans d’autres langues
De Nuvapedia
Aller à : navigation, rechercher

Page Parente : Sérials

« L'Empire des Skrall » aurait besoin d'être édité.

Les actions suivantes doivent être effectuées : Vérifier la traduction dans le détail


« Pas maintenant. Pas encore. Mais un jour... Une fois que Bara Magna sera tombée... Les Skrall prendront leur revanche. »
— Pensées de Tuma

L'Empire des Skrall
Drapeau Royaume-Uni.png
2009
Greg Farshtey

L'Empire des Skrall est un sérial en ligne hébergé sur BIONICLEstory.com. Il se concentre sur les Skrall, leur histoire, et leur société.

Chapitre 1

Tuma se réveilla en sursaut. Le sommeil avait été le bienvenu, mais les rêves qu'il avait apportés n'avaient rien fait pour apaiser son esprit. Il se tenait alors dans une chambre obscure, en regardant par la fenêtre au ciel étoilé de Bara Magna.

Il n'avait jamais été fait pour les pensées profondes, les doutes, ou les réflexions. Sa classe dans la société des Skrall – ceux destinés par nature à être des dirigeants et les plus féroces des guerriers – n'avait pas de grande importance quant à regarder d'intérieur ou d'extérieur. La vie était simple : se déplacer, conquérir, protéger ce que l'on a pris, puis s'écarter. C'était cela qui avait fait des Skrall des guerriers aussi craints lors de la grande guerre, et ce qui leur aida à survivre en tant que tribu après le Fracassement.

Coupés de leur lieu de vie après ce désastre global, les Skrall se résolurent à adopter les contrées dans lesquelles ils se retrouvèrent – les territoires volcaniques, instables et dangereux au nord des Montagnes du Pic Noir. Même si quelques parties restèrent trop dangereuses pour que même eux les explorent après des dizaines de milliers d'années, ils devinrent les maîtres de leur empire.

Puis tout changea. Une nouvelle race de guerriers apparut, des êtres changeant de forme qui frappaient de l'air fin et disparaissaient à nouveau. Des guerriers Skrall moururent au combats, ainsi que les membres de la classe de Tuma jusqu'à ce qu'il soit le seul à rester pour diriger la tribu. Même si cela allait contre ça nature, Tuma assembla finalement l'armée de Skrall et les Agori de la Roche et les dirigea au sud à travers les Epines Noires vers de nouveaux territoires et en sécurité.

Tuma se leva et sortit de son abri. Même au beau milieu de la nuit, la cité de Roxtus était en plein travail. Des patrouilles de Skrall étaient constamment en mouvement, alors que les Fossoyeurs se tenaient aux portes avec des Vorox et des Glatorian captifs à vendre. Des prisonniers Agori pris dans le désert travaillaient dur à créer de nouveaux murs et à réparer des armes et des armures de Skrall. Le travail ne s'arrêtait jamais… Cela ne pouvait être permis, Tuma le savait.

Il avait appris de nombreuses choses au cours de ces dernières batailles, quand le combat ragea de la Vallée du Labyrinthe jusqu'au cœur-même des camps de Skrall. Son peuple ne pouvait jamais saisir trop de territoire, être trop défendu, ou hésiter ne serait-ce qu'un moment dans leur marche de conquête. Même si le désert n'avait pas beaucoup à offrir en termes de ressources, il apportait à son possesseur une chose que tout dirigeant voulait – de l'espace pour combattre. Et un jour, ils combattraient, Tuma en était certain… un jour, les choses qui harcelaient les montagnes du nord les suivraient jusqu'ici.

Pour l'instant, cependant, ses pensées étaient attirées vers le sud. Les villages de Bara Magna étaient divisés, leurs relations allant d'indifférentes à tendues. C'était incertain qu'ils soient capable de monter autant de résistance si les Skrall attaquaient maintenant, mais ‘incertain' n'était pas assez bon. Tuma n'allait pas se risquer dans une guerre à deux fronts, avec les Glatorian et les Agori devant lui et ses autres ennemis derrière. Quand les Skrall seraient prêts à attaquer, Bara Magna devrait être prête à tomber.

Le chef de la patrouille de Skrall apparut devant lui. Tuma le regarda pendant un moment, en remarquant des dommages sur son épée et son bouclier. Le guerrier avait combattu cette nuit.

« Au rapport, » lança Tuma.

« Les chasseurs d'os ont isolé Tajun, » dit le Skrall. « Votre représentant a rencontré les chasseurs pour objecter sur leurs plans d'assaut sur Vulcanus. »

Tuma sourit. « Et garantit donc que les chasseurs d'os se concentreront dessus. Très bien. Et leurs plans ont-ils été arrêtés ? »

Le Skrall acquiesça et sortit un rouleau de parchemin de ses affaires. Il le tint à Tuma, qui le déroula et scruta son contenu. Après un moment, il se retourna vers le guerrier. « les chasseurs d'os ne savent pas que nous avons cette copie ? »

« Non, chef, » dit le Skrall.

« Réalises-tu que, si je découvre que tu mens… ou que tu te trompe… ta tête décorera les murs de Roxtus ? »

« Oui, chef. »

« Qui avez-vous combattu cette nuit ? » demanda Tuma.

« Un Glatorian du village du feu et un groupe de Vorox, chef, » rapporta le Skrall. « Nous avions arête nos montures des roches au nord de la Rivière Skrall quand nous avons été attaqués. »

« Vous les avez tous tués, bien sûr, » répondit Tuma.

Le Skrall ne répondit pas.

Les yeux de Tuma se renfrognèrent. « Et pourquoi pas ? »

« Ils ont disparu dans le sable. »

Tuma se pencha en avant. « Les Glatorian ne disparaissent pas dans les dunes de désert, guerriers. Pourquoi je ne vois pas l'armure et l'épée du rouge parmi tes affaires ? »

Le Skrall ne dit rien. Il n'avait pas à le faire. Tuma savait qui il avait rencontré dans le désert – Malum, exilé du village de Vulcanus, maintenant affligé à la folie du désert et vivant avec les Vorox. Malum était le plus dangereux de son type de guerrier – quelqu'un qui ne craignait pas la mort, qui semblait presque confortable par rapport à la vie qu'il vivait actuellement. Il pouvait être un ennemi féroce… Ce qui voulait aussi dire un allié de valeur.

« Prenez de bonnes montures de roches, » ordonna Tuma. « Et prenez une douzaine de guerriers. Je veux que vous m'apportiez Malum, ici, en vie. Ne revenez pas sans lui… je suis sûr que vous vous souvenez du destin de la dernière patrouille à avoir échoué pour moi. »

Le Skrall acquiesça. La patrouille censée trouver le livre de Certavus à travers les ruines de l'ouest était revenue les mains vides. Ils avaient été réassignés à une tâche de punition, qui consistait à nourrir les Spikit à deux têtes dans leurs enclos. Tels qu'étaient les Spikit, les nourrisseurs finirent inévitablement eux-mêmes en nourriture.

« Ce sera fait, » dit le guerrier Skrall.

Tuma acquiesce une fois, en signe de renvoi. Alors que le guerrier s'en allait, Tuma se retourna et scruta le ciel au nord. Malgré le fait que tout se mettait en place, il se sentait toujours mal à l'aise. Pendant un moment, il imagina les cris des Skrall mourants, et le son des armes des envahisseurs, comme si les batailles de son passé étaient toujours en cours.

Pas pour l'instant. Pas encore, se dit-il à lui-même. Mais un jour… une fois que Bara Magna sera tombée… les Skrall prendront leur revanche.

Chapitre 2

La patrouille des Skrall se déplaça à l'aube. Leur cible, Malum, vivait désormais avec les Vorox bestiaux, et tout le monde savait que les Vorox étaient des chasseurs nocturnes. Pendant la journée, ils dormiraient sous le sable et se préparaient pour prendre leurs cibles en embuscade.

Malgré cela, il y avait un silence sinistre parmi les membres de l'unité. De toutes les tribus de Bara Magna, seuls les Vorox ne montraient pas un signe de peur face aux Skrall. Peut-être était-ce parce que leurs cerveaux sauvages étaient trop durs pour connaître la colère. Ou peut-être était-ce parce que, vu les déserts dans lesquels ils vivaient, l'idée de mourir ne portait aucune terreur pour eux.

Le chef de la patrouille garda un œil sur les dunes devant. Les Vorox étaient particulièrement bons pour couvrir les signes de leur présence, quand ils en sentaient le besoin, mais un bon traqueur pouvait toujours distinguer par où ils étaient passés. Leurs tunnels laissaient une visible trace dans les sables, comme si un cyclone miniature était apparu au sol. Une telle chose ne signifiait pas que les Vorox étaient juste en-dessous, puisqu'ils auraient pu descendre dans un trou et émerger d'un autre. Mais un ensemble de traces aussi frais, toujours pas recouvert par le vent, pouvait laisser croire que les Vorox n'étaient pas bien loin. Et, où qu'ils soient, Malum ne serait pas très loin d'eux.

Il remarqua quelque chose devant. Il semblait qu'environ une douzaine de tunnels avaient été créés dans un terrain de sable sous un chemin. Il était difficile de déterminer à quel point ils étaient récents, étant donné que la roche aurait protégé certains d'entre eux du vent, mais c'était le premier signe que les Skrall avaient vu. Plus intéressant encore, il y avait une caverne naturelle sur la piste proche. Peut-être un refuge pour Malum, à la chaleur du jour ?

Le chef de la patrouille leva la main pour arrêter la marche. Il fit un geste à la moitié du groupe pour entourer les entrées du tunnel, et aux autres pour rester avec lui. Il était temps de poser un piège.

Une demi-douzaine de Skrall chevaucha vers le chemin. Une fois qu'ils y furent, ils continuèrent d'avancer, faisant marcher leurs étalons de pierre en avant et en arrière à travers les sables. S'il y avait des Vorox en-dessous, ils sentiraient les vibrations dans le sol. Sans s'occuper de penser si ce qu'ils entendaient serait un repas potentiel ou la présence d'un ennemi – souvent les deux à la fois – ils viendraient pour enquêter.

Naturellement, ils ne reviendraient pas de la même façon qu'ils étaient descendus. Ils jailliraient du sol derrière les intrus et essayeraient de les prendre par surprise. C'est pourquoi la moitié de la patrouille s'était reculée, en gardant cependant leurs montures parfaitement. Deux pourraient jouer au jeu des embuscades.

Les Skrall attendirent.

Cinq minutes.

Dix.

Vingt. Certains guerriers commençaient à se demander si les Vorox n'étaient pas déjà partis depuis longtemps.

Ils eurent leur réponse, mais pas de la façon dont ils s'y attendaient. Le sol s'ouvrit soudainement sous les Skrall de réserve, les faisant tomber avec leurs montures dans un gouffre. Les Skrall près du chemin se retournèrent et partirent vers leurs camarades, alors que deux douzaines de Vorox émergèrent de leurs tunnels originaux. En criant, ils lancèrent des épées rudimentaires et des lances dans les dos des cavaliers Skrall. Une lance trouva sa marque sur une monture des roches, envoyant tomber la monture et le cavalier dans le sable. Les Vorox allèrent vers le guerrier malchanceux avant qu'il ne puisse se relever, pour s'assurer qu'il ne le puisse plus jamais.

Malum apparut à l'entrée de la caverne, en regardant le carnage avec un sourire sur son visage. Après ce qui s'était passé la nuit précédente, seul un cinglé n'aurait pas deviné une vengeance des Skrall. Il envoya les vorox laisser juste assez de traces pour y mener la patrouille, sans les rendre tellement visibles qu'elles auraient passé pour un piège.

Le chef de la patrouille de Skrall et ses guerriers s'étaient débrouillés pour se sortir du gouffre, en laissant les étalons de pierre derrière eux. En se posant sur le genou, ils visèrent avec leurs lanceurs Thornax et tirèrent. Les sphères explosives et piquantes volèrent dans les rangs des Vorox, faisant s'effondrer un bon nombre de ces bêtes. Les Skrall toujours montés se retournèrent sur leurs selles et tirèrent en rafales eux-mêmes, pour diviser leurs attaquants.

En se regroupant, les Skrall se préparèrent à charger. C'est alors qu'ils entendirent un chœur de rugissements venant de derrière. Au moins cinquante Vorox avaient jailli du sol à environ 500 mètres derrière eux. Le chef de la patrouille ne perdit pas de temps et ordonna aux Skrall sur pieds de rejoindre leurs camarades sur leurs étalons de pierre. Puis ils chargèrent, laissant une petite armée de Vorox dans les poussières et se dirigèrent sur la première vague abattue et Malum.

« Visez en hauteur ! » cria le chef de la patrouille.

Les Skrall chevauchèrent au milieu des Vorox, les attaquant avec leurs épées. Les Skrall montés en arrières tirèrent avec leurs lanceurs sur les roches au-dessus de la caverne de Malum. Leurs tirs abattirent des rochers sur l'ex-Glatorian, le clouant sous une pile de pierres. Derrière eux, la foule de Vorox s'approchait.

Le Skrall dont le chef de la patrouille monta sur l'étalon de pierre s'évanouit et tomba de sa monture, vaincu par une épée de Vorox. Le leader saisit les rênes et pressa le Vorox vers les roches. En atteignant le point où malum était piégé, il descendit froidement et visa la tête du Glatorian avec son lanceur.

« Retournez dans vos trous, » cria-t-il aux Vorox, « Ou il mourra. »

Les bêtes auraient pu ou pas comprendre les mots – les Skrall n'étaient pas sûrs. Mais ils savaient ce qu'ils voyaient et ils comprenaient le ton. Les Vorox ne s'échappèrent pas, mais ils ne continuèrent pas non plus d'attaquer. Ils s'arrêtèrent simplement et attendirent.

« Nous attaquerons maintenant, » dit l'un des guerriers Skrall. « Faisons-les payer pour tout ce qu'ils ont fait. »

« ce sont des vermines, pas meilleures que des cloportes Scarabax, » dit un autre. « Exterminons-les tous. »

Le chef de la patrouille acquiesça. Il détestait les Vorox. Ils étaient trop imprédictibles et trop dangereux pour rester en vie. Mais il avait des ordres : rapporter Malum à la cité de Roxtus, en vie. Il y aurait assez de temps plus tard pour satisfaire son besoin de vengeance et anéantir les Vorox.

« Assez, » commanda-t-il. En s'inclinant, il saisit le corps inconscient de Malum par la gorge et le tira hors de la pile de débris. « Nous avons ce que nous sommes venus chercher. Malum affrontera la justice de Tuma… comme toutes ces bêtes, en même temps.

En jetant le corps de Malum sur son étalon de pierre, le chef de la patrouille remonta. Une fois qu'ils ralisèrent ce qui se passait, quelques Vorox commencèrent à attaquer, seulement pour se faire repousser par les gthornax des Skrall. Le reste s'écarta. Etait-ce de la tristesse dans leurs yeux quand ils virent le Skrall chevaucher en arrière avec leur chef ? Les bêtes du désert pouvaient-elles ressentir une telle émotion ? Ou était-ce l'effroi du jour où les Skrall reviendraient, pour chacun d'entre eux ?

Personne… pas même peut-être les Vorox eux-mêmes… personne ne pouvait le dire.

Chapitre 3

La première chose que vit Malum en ouvrant ses yeux fut une paire de Vorox. Il pensa d'abord que tout cela – l'attaque des Skrall, sa capture – n'avait été qu'un rêve. Il en avait certainement eu beaucoup ces jours-ci.

Mais, non – ces Vorox étaient enchaînés. En tant que résidents du désert, les Vorox détestaient toute sorte de captivité. Malum ne doutait pas qu'un Vorox retenu trop longtemps perdrait simplement la volonté de vivre. La rage monta dans son cœur pour quiconque avait enchaîné ces bêtes, et il savait qui ils étaient : les Skrall.

Il leva les yeux pour voir deux de cette espèce détestée se tenir devant lui. L'un était un guerrier, comme ceux qui avaient attaqué son camp. L'autre était bien plus grand, vêtu d'une armure noire et verte, et évidemment aux commandes.

« Je m'appelle Tuma, » dit le chef. « Et tu es Malum, Glatorian déshonoré et amis des… animaux. »

« Tu es l'ordure du désert, » grogna Malum. « Et je suis celui qui dansera sur ta tombe. »

Le guerrier Skrall s'avança à l'endroit où gisait Malum et lui donna un coup sur le côté.

« Ce n'est pas une manière de parler, » dit Tuma. « Je t'ai apporté ici pour avoir une conversation. »

Malum se releva péniblement sur ses pieds. Ses muscles et ses articulations n'étaient étonnamment pas rouillés. Tuma semblait avoir une bonne quantité de confidence.

« Tu m'as apporté ici pour te venger, » dit l'ex-Glatorian. « Mon peuple a blessé le tien et tu ne peux pas le supporter. »

Le guerrier s'approcha pour attaquer Malum à nouveau, mais Tuma l'en empêcha. « Reste là. Tu as… à moitié raison, Malum. Tes Vorox se sont avérés être un certain problème récemment. Mais te tuer, même si je suppose que cela me fera grandement plaisir, ne changerait pas grand-chose. Crois-moi, si je voulais te voir mort, tes compagnons seraient incapables de retrouver tous tes morceaux. »

Malum regarda autour de lui. Il était dans la cité de Roxtus, remplie d'Agori de la roche et de troupes de Skrall. L'endroit était réputé pour accueillir des Glatorian dedans et ne jamais les laisser en sortir. Il pouvait voir des gardes Agori tout autour des murs et des patrouilles de Skrall entrer et partir à un rythme constant. Ce n'était pas un endroit réputé pour les visites.

« Alors, pourquoi suis-je ici ? »

« Tu contrôle les Vorox, » dit Tuma, et montrant les pathétiques créatures enchaînées. « Ils font ce que tu leur demande. Cela fait de toi une menace… Ou un potentiel allié de valeur. Mais avant que nous ne puissions signer un arrangement quelconque avec toi, nous devrions avoir une preuve que tu peux faire faire à ces bêtes tout ce que tu leur demandes. »

« Et si je refuse ? » demanda Malum, connaissant déjà la réponse.

Tuma sourit. Sur sa face, l'expression était affreuse. « Alors, nous te renverrons chez tes amis, bien sûr… Et tu pourras avoir des funérailles, où le quelconque rituel qu'ils font pour honorer les morts. »

« C'est bien ce que je pensais, » répondit Malum.

Le Skrall avait tout faux, bien sûr. Ils s'imaginaient qu'il avait un certain pouvoir mystérieux pour contrôler les Vorox, mais il n'en avait pas. Il avait gagné sa dominance sur le troupeau en vainquant l'ancien chef dans un affrontement singulier. Tant qu'il les dirigeait vers l'eau et la nourriture et les gardait éloigner d'un danger involontaire – en d'autre termes, tant qu'il était un chef de troupeau efficace – ils le suivaient. Mais ils le faisaient en tant qu'êtres libres, pas en tant qu'esclaves. Les Skrall ne voulaient pas d'alliés, il le savait – juste des soldats qu'ils pourraient sacrifier sans hésitation.

« Emmenez-le dans l'arène, » ordonna Tuma. Le guerrier Skrall saisit Malum sauvagement par le bras et le traîna jusqu'à l'arène des Glatorian au centre d'une large base. Deux autres Vorox étaient enchaînés au mur du fond, tous deux membres du troupeau de Malum. Un plan commença à se former dans sa tête, mais cela dépendrait d'un bon nombre de facteurs inconnus. A quel point les Vorox étaient-ils affamés et désespérés ? Trop pour pouvoir se souvenir de lui ? Comprendraient-ils ce qu'il essayait de faire ?

Une demi-douzaine de guerriers Skrall apparut, entourant les côtés de l'arène. Un septième prit sa position dans une boîte derrière les Vorox. Au signal de Tuma, il relâcha les chaînes qui retenaient les bêtes prisonnières.

Les deux Vorox chargèrent sur Malum. Il pouvait affirmer, même à distance, qu'ils avaient été maltraités. Ils étaient avides d'une proie, et pourraient ne pas s'inquiéter de qui elle serait. Mais il resta au sol, en faisant un contact à l'œil avec d'abord l'un des Vorox, puis l'autre. Il leva ensuite son bras droit et le rabaissa lentement, en sifflant silencieusement pendant tout ce temps.

Les Vorox ralentirent, puis s'arrêtèrent complètement. Ils se baissèrent tous les quatre et levèrent les yeux vers Malum, comme prévu. Pour les Skrall qui le regardaient, cela semblait être un miracle : deux bêtes sauvages domptées en un instant.

« C'est vraiment très facile, une fois qu'on gagne leur respect, » dit Malum, sans écarter un œil des Vorox. « A en juger par les blessures, je dirais qu'ils respectent au moins la capacité à infliger des corrections. »

« Mes guerriers pourraient être entraînés à en faire de même ? » demanda Tuma. Les Vorox avaient été un problème dès le jour où les Skrall avaient commencé à les capturer. Un moment ou un autre, ils s'échappaient et faisaient d'énormes dommages avant de pouvoir être maîtrisés et tués.

« Ils m'ont vu le faire, » répondit Malum. « Je suis sûr qu'ils peuvent le faire eux-mêmes maintenant. »

Les six guerriers Skrall s'avancèrent vers les bêtes, qui restèrent sans bouger à leur approche. « Laisse-les partir, » dit Tuma à Malum.

Malum fit un sifflement court et acéré. Les Vorox se mirent à bondir, à nouveau relâchés. Les Skrall les saisirent immédiatement et les traînèrent jusqu'à l'autre bout de l'arène, en luttant pour les retenir. Tuma ordonna au Skrall qui avait donné un coup à Malum de s'avancer. Il serait le chanceux qui pourrait découvrir sa nouvelle emprise sur les Vorox.

Au signal de Tuma, les autres guerriers relâchèrent les captifs bestiaux. Les Vorox chargèrent sur le guerrier isolé qui les attendait. Avec une imitation parfaite de l'action de Malum, le Skrall leva et rabaissa son bras tout en sifflant dans un ton exactement similaire à celui qu'il avait entendu. L'effet fut surprenant, du moins pour lui.

Les Vorox ne s'arrêtaient pas. Ils ne ralentissaient même pas. Ils attaquèrent le Skrall comme une double avalanche, et une fois le Skrall abattu, se dirigèrent vers Tuma. Malum profita de la confusion pour saisir l'arme du guerrier déchu. Il bondit hors de l'arène et brisa les chaînes qui retenaient une autre paire de Vorox d'un coup.

« Par ici, mes frères ! » cria-t-il, en courant vers l'entrée.

Les Vorox tombèrent et continuèrent derrière lui, les Skrall à leur poursuite. Les Agori à l'entrée, en voyant un Malum déchaîné et quatre Vorox foncer droit vers eux, se retirèrent sagement sur le côté. Un coup de Thornax acheva un Vorox, et un autre coup blessa un second. Mais Malum et les deux survivants traversèrent la porte et s'échappèrent dans le désert

Tuma se remit avec colère sur ses pieds, en ignorant les blessures infligées par les Vorox. « Courez après eux ! Allez les chercher ! » Cria-t-il.

Les Skrall partirent volontairement dans le désert à la recherche des rescapés, mais ils ne les trouvèrent pas. Les réseaux de tunnels des Vorox s'étendaient même jusqu'ici, et Malum et ses deux compagnons de troupe avait déjà trouvé un refuge sous terre. Dès que la nuit tomberait, ils émergeraient et commenceraient la longue marche de retour chez eux.

Le désert est un lieu d'extrêmes, se dit Malum. Une chaleur étouffante, un froid gelant, une loyauté féroce… Et une haine profonde. Les Skrall n'oublieront pas ce jour… et à leur amer regret, moi non plus.

Chapitre 4

Branar claqua son fouet et murmura un juron de Skrall à voix basse. En tant que guerrier nommé, il n'était pas étranger aux situations dangereuses ou aux assignations qui nécessitaient de se salir les mains. Mais sa tâche aujourd'hui était à la fois dégoutante et mortelle, et plus vite il la finirait, mieux il se porterait.

Tuma insistait sur ces « balades de Vorox » une fois par mois. L'objectif était de mener quelques Vorox capturés au nord, sur le chemin utilisé par les Skrall pour voyager jusqu'à Roxtus l'année précédente. L'idée était que si les entités métamorphiques qui avait repoussé les Skrall hors de leur territoire d'origine se déplaçaient au sud, les Vorox les rencontreraient sur le chemin. Les Vorox mourraient sans doute dans la bataille, mais Branar pourrait s'échapper pour revenir à Roxtus avec la nouvelle. Et s'il ne s'échappait pas, de toute façon, Tuma en apprendrait tout autant sur son échec en retour.

Tout ceci expliquait pourquoi Branar et un guerrier Skrall menaient une demi-douzaine de Vorox sauvages sur un chemin de montagne. Les deux défis étaient de garder les bêtes en mouvement et d'attendre de voir si l'un d'entre eux ou plus mourrait d'une mort horrible aux mains des vieux ennemis des Skrall. L'endroit était chaud, poussiéreux, et cette tâche semblait plus être une perte de temps – dans l'ensemble, cela rendait Branar aussi heureux qu'un spikit affamé.

Branar comprenait bien les inquiétudes de Tuma, bien sûr. Il avait été un des premiers guerriers à rencontrer les entités métamorphiques, que les Skrall surnommaient les « Baterra » (un mot antique signifiant « mort silencieuse »). Il avait dirigé une petite troupe dehors pour récupérer du ravitaillement dans une aire forestière. Comme les deux guerriers sur les flancs manquaient à l'appel, il ordonna de sortir les armes. Les baterra apparurent hors des ténèbres, attaquèrent et tuèrent trois des soldats, puis disparurent. Pour avoir rapporté la nouvelle de ce nouvel ennemi, il fut récompensé par Tuma avec un nom. Pour un guerrier Skrall, il n'y avait pas de plus grand honneur.

Ce n'était pas la dernière fois que Branar avait affronté un baterra, mais aucune de ses batailles ne s'était terminée avec une victoire. Les Skrall étaient des guerriers compétents, impitoyables et efficaces, mais ils ne pouvaient combattre un adversaire qui semblait apparaître et disparaître à volonté. Malgré leurs efforts, les Skrall n'étaient jamais capable d'accomplir la première condition d'une victoire : choisir le moment et le lieu de la bataille. Les baterra attaquaient quand ils le voulaient, parfois plusieurs fois par jour. Puis ils pouvaient disparaître pour plusieurs semaines d'un coup, en laissant même des patrouilles avec peu de soldats passer ni vu ni connu. Il semblait impossible de les mener dans un piège.

« Surveille-les ! » cria Branar au guerrier Skrall. « Un des Vorox vient de sortir du chemin. »

C'était un problème constant. Les Vorox étaient des créatures du désert ouvert. Ils exécraient la captivité ou être forcés à être menés sur un chemin ou un autre. Chaque chance de s'échapper était à prendre sans hésiter. Ce n'était pas rare de revenir d'une de ces missions avec moins de Vorox qu'il y en avait au départ.

Le guerrier Skrall regarda à sa gauche. Le Vorox ne faisait que disparaître sous la roche, donc toujours possible à reprendre. Un mouvement de tête de Branar lui dit que le chef d'escadre garderait un œil sur le reste le troupeau pendant que l'évadé serait ramené. En grognant, le guerrier se plaça sur sa monture. Les trois Skrall chevauchaient des montures des roches reçues dans un commerce d'une troupe de chasseurs d'os à proximité. Les Arpenteurs des Sables n'étaient pas d'aussi bons combattants que les montures des roches, et les combattants étaient ce qui serait nécessaire sur ce voyage.

Il venait à peine de quitter le sentier quand il entendit le Vorox crier. Le lanceur Thornax à la main, il monta sur un talus escarpé d'argile. De ce point d'observation, il pouvait voir les restes du Vorox répandus sur les roches en-dessous. Il ne restait plus grand-chose de la bête. Le Skrall regarda rapidement l'aire. Il n'y avait aucun signe de chauve-souris des sables ou d'autre prédateur du désert. Ce qui avait tué le Vorox s'en était allé.

Ou l'était-il ? En se rappelant ce qu'ils étaient venus chercher, le Skrall recula son étalon de pierre jusqu'au sentier, puis se retourna et galopa jusqu'à Branar. « Contact », dit-il sans faire de bruit.

Branar fit un geste vers le Vorox, en disant, « Laisses-les partir ».

Le guerrier fit un cri et commença à libérer les Vorox sur le chemin. Branar en fit de même. Des douzaines de Vorox montèrent sur les rochers vers l'endroit où le baterra suspect se cachait. Branar et le Skrall les suivirent par derrière, en s'arrêtant au sommet de l'arête. Ils regardèrent les Vorox descendre la pente, en se divisant dans toutes les directions pour commencer la poursuite. Mais personne ne les suivait, et plus important encore, rien ne les attaquait. En quelques moments, à nouveau libres, ils avaient disparu dans les montagnes.

Le visage de Branar s'assombrit. Soit il s'agissait d'une autre fausse alerte, soit les baterra jouaient à nouveau, probablement comme précédemment. Il tourna la tête pour regarder son dernier guerrier. Dans la micro-second qu'il lui fallut pour faire ce mouvement, l'autre Skrall était mort. Le guerrier tomba de sa monture avec une balafre vicieuse sur son dos. Il n'y avait pas un signe de son attaquant.

« Baterra, » dit Branar. « Montre-toi. »

C'était une chose inutile à dire et ne ferait pas de très bon derniers mots, réalisa-t-il alors. Mais il n'y avait rien à attaquer et pas vraiment de raison de courir. Avec un peu de chance, l'autre guerrier retournerait à la cité et…

Branar hésita. Pourquoi était-il toujours en vie, se demandait-il ? Cela faisait au moins deux minutes que le Skrall avait été tué. Les baterra attaquaient rapidement quand leur présence était sue.

A moins que…Branar mena son étalon de roche jusqu'en bas de la colline. Rien n'essaya de l'arrêter. Une fois de retour sur le sentier, il retourna vers Roxtus. Ses sens étaient en alerte pour n'importe quel signe d'une attaque. Mais aucune n'arriva. Puis il comprit soudainement pourquoi.

Ils veulent nous faire savoir qu'ils arrivent, pensa-t-il. Les baterra sont tellement certains que nous ne pouvons pas les arrêter qu'ils nous donnent un avertissement. Ils ont tué mon guerrier, mais pas moi… pour montrer qu'ils ont le pouvoir de laisser la vie ou la mort aux Skrall.

Maintenant, les Skrall avaient le même choix. Combattraient-ils les baterra, et risqueraient-ils l'annihilation, ou fuiraient-ils à nouveau ? Seul Tuma pouvait faire un tel choix. Au dépend de son peuple, Branar espéra qu'il ferait le bon.

Chapitre 5

Tuma s'assit dans sa chambre, en méditant. Les nouvelles rapportées par Branar avait été affreuses, en effet. Les baterra étaient plus proche qu'il ne l'avait pensé, et ses plans pour Bara Magna devraient être avancés. Il avait déjà avancé la date de l'attaque sur Atero, et préparé des plans ambitieux pour prendre le contrôle d'autres villages. Si tout se passait bien, ses troupes contrôleraient l'ensemble de Bara Magna avant que les Baterra ne dépassent les Montagnes des Epines Noires. Mais n'importe quelle sorte de résistance organisée par les Glatorian et les Agori mettrait ses plans en danger.

Un son arriva de la porte de la chambre. Un de ses gardes entra et dit calmement, « Celui que vous attendiez est arrivé. »

Tuma acquiesça. Le garde se déplaça. Un moment après, une autre figure entra dans la salle, une figure qui n'était pas un Skrall. Tuma avait été contacté par cet être peu de temps auparavant, avec une offre pour fournir des informations utiles sur les villages et leurs défenses ainsi que pour agir en messager entre les Skrall et les Chasseurs d'Os. Cet arrangement s'était avéré pour le moment profitable pour chacun d'entre eux.

« Tu a pris un gros risque en m'envoyant cet appel, » dit le traître. « Et si quelqu'un était tombé sur le message ? Où serais-je alors en ce moment même ? »

« Ce ne sont pas mes affaires, » grogna Tuma. « Ta sécurité est ta responsabilité. La survie de mon peuple est la mienne. »

Le traître regarda autour de la chambre, puis fit un geste vers le passage qui menait à la citée fortifiée. « On dirait que ton peuple va pour le mieux. »

Tuma s'éleva de sa taille haute et imposante. « Nous attaquerons Atero dès demain. Soit prêt. »

« Demain ? » dit le traître, surpris. « Je pensais que l'on attendrait la fin du tournoi. »

« Nos plans ont changés, » répondit Tuma. Le regard dans ses yeux laissait croire qu'il n'avait pas l'intention d'approfondir sur la situation.

« De leur plein gré, ou est-ce que quelqu'un les a changés ? » demanda le traître. « Laisse-moi deviner... Tes voisins du nord vont te rendre visite. »

C'était alors au tour de Tuma d'être surpris. Il s'avança dans la salle, saisit le traître par la gorge et l'envoya contre le mur. « Que sais-tu des baterra ? Parle ! As-tu trahi les Skrall pour eux, comme tu as trahi les tiens pour nous ? »

« Arrgh, » suffoqua le traître, alors que la main du Skrall le coupait d'air. Tuma le laissa subitement. Le traître se releva au sol, en se massant sa gorge douloureuse.

« Je connais... un tas de choses... sur beaucoup de sujets, » dit le traître en suffoquant. Mais si tu veux savoir quelque chose sur ces informations... Nous allons devoir suivre un nouvel arrangement. »

La bouche de Tuma forma un sourire sinistre. « Ton avidité obsédante s'empare de toi. »

« Je ne travaille pas gratuitement, » cracha le traître. « Du moins, pas pour ce genre de travail. Maintenant, voyons si nous nous comprenons l'un et l'autre : vous avez fui vers le Sud comme une meute de rôdeurs effrayés car les baterra décimaient ton peuple. Maintenant, ils se rapprochent à nouveau, et tu t'empresses donc énormément pour saisir le désert afin de reprendre un peu de temps et d'espace. Est-ce que je chauffe ? »

Tuma acquiesça, mais sans rien dire.

« C'est un plan excellent... pour de vieilles femmes, » dit le traître, en ricanant durement. « Court, jusqu'à ce que tu ne puisse plus courir, et espère que ton ennemi s'exalte à courir après. Dis-moi, Tuma... As-tu déjà tué un baterra ? »

« Bien sûr, » rétorqua le chef des Skrall. « Comment aurions nous pu apprendre qu'ils n'étaient pas des choses vivantes mais des machines, autrement, d'après toi ? »

Le traître se balada jusqu'au fond de la chambre, en glissant un doigt sur le trône de Tuma. « Je vois. Tu en as donc court-circuité un par accident et tu l'a vu grésiller et étinceler... Et combien des tiens les baterra ont-ils tué ? 100 ? 200 ? »

« Passes-en aux faits, misérable ver des sables, » siffla Tuma.

« Les faits, les faits... ah, oui, » dit le traître, en s'asseyant brutalement sur le siège de Tuma. « Mon constat est que je sais comment tuer les baterra, mais pas toi. Et je pense que cela constitue une nouvel élément dans nos plans, n'est-ce pas ? »

« Tu me diras comment tuer ces... choses, » dit Tuma, sa voix terriblement silencieuse. « Ou je te laisserais en repas aux Spikit. Mais tu ne mourras pas, ah, non. Nous te laisserons en vie, te soignerons, et une fois soigné... nous te redonnerons aux Spikit. Et encore. Et encore. »

« Vois-tu, il y a un seul problème, Tuma, » dit-il en se penchant en avant sur le siège et en souriant largement. « Tu ne m'effraies pas. Bien sûr, tu peux me torturer, me tuer... mais ce qui se trouve dans ma tête y reste. Ce n'est qu'un question de temps avant que les baterra n'arrivent et ne fassent qu'une bouchée de toi. »

Tuma voulait crier de rage. Il aurait voulu couper la tête du traître et la monter sur un trophée, juste pour voir. Il aurait voulu relâcher une tempête sur Bara Magna, les brûler au sol, et abattre les Agori de la même façon que les baterra avaient abattu son peuple, un peu plus d'une année auparavant. S'il avait été un guerrier Skrall, il l'aurait sûrement fait. Mais il était plus que cela – c'était le seul chef des Skrall survivant laissé en vie, et il avait une responsabilité sur l'empire.

« Quel est ton prix ? » dit le Skrall, lentement. « Et prends garde... Tu t'aventures sur un sol dangereux. Si tu pousses trop loin, et tu pourrais découvrir que je peux oublier ce qui a le plus d'intérêt pour mon peuple en faveur de ce qui serait le plus... satisfaisant... pour moi. »

Le traître se replia sur le trône. « Pas la peine de s'inquiéter, Tuma. Nous voulons tous deux ce qui bénéficierait le plus aux Skrall et à la tribu de Roche. Bien sûr que oui. Et dès aujourd'hui, je ne travaille plus pour toi. Désormais, nous sommes... partenaires. »

« Partenaires ? Pour quelle raison ? »

« Pour la conquête de cette pile de sable, » répondit le traître. « Avec mes connaissances alliées à tes guerriers, nous allons reformer Bara Magna sous note volonté. Maintenant, tu ferais mieux de trouver une chaise pour toi... Nous avons beaucoup de choses à planifier, n'est-ce pas ? »

Chapitre 6

Tuma et Stronius avançaient vers le nord sur des sentiers de montagne longtemps inutilisées. Ce fut le long de cette route un an auparavant que les Skrall avaient fuit de leur dernière forteresse. Les attaques agressives des Baterra les avaient conduits au sud par les Montagnes à Pointes Noires aux frontières du grand désert de Bara Magna. Maintenant deux des leurs étaient en chemin de retour.

« C'est de la folie », dit Stronius. « Vous réalisez cela ».

Personne d'autre dans les légions Skrall n'aurait osé parler ainsi à Tuma. Mais Stronius était un guerrier d'élite connu pour dire ce qui lui traversait l'esprit. Ses services chez les Skrall conduit Tuma à être un peu plus tolérant à l'égard de ses débordements que ce qu'il demandait autrement.

« Alors repars » dit calmement Tuma. « Je ne t'ai pas ordonné de m'accompagner ».

« Je n'allais pas vous laisser venir ici tout seul », répondit Stronius. Il se détourna de Tuma pour regarder le chemin en avant. « J'ai un devoir de protection envers la vie de mon chef. Et votre vie est doublement en danger ici ».

« Les Baterra et… ? »

Stronius jeta à Tuma un regard contrarié. « Les Baterra sont pâles à côté de ceux à qui vous allez rendre visite, et vous le savez ». « Nous partageons un ennemi commun » dit Tuma. « Elles seront… raisonnables ».

« Nous les avons abandonnés à cet ennemi » cassa Stronius. « Elles seront impitoyables ».

Les deux avancèrent sur leurs montures pendant plus de deux nuits et un jour. Ils avancèrent sans aucun Baterra, de ce qu'ils savaient. Si les rochers ou les arbres étaient leurs ennemis sous une autre forme, et bien ces ennemis ont choisi de ne pas attaquer. Maintenant, et après, ils firent une pause à la vue d'armure de Skrall salissant le chemin où un de leurs guerriers avait péri au cours d'une longue retraite.

L'aube était encore à quelques heures quand ils sont partis brusquement vers l'est. Toutes les forteresses des Skrall dans cette région avaient été détruites par le Baterra il y a bien longtemps. Logiquement, personne ici ne devrait avoir survécu à l'année précédente. Mais la logique n'avait rien à voir avec ce que Tuma cherchait.

Stronius était le premier à le sentir - une électricité dans l'air, un sentiment accablant qui semblait ralentir tout mouvement. Son esprit était brouillé, son corps lent. Il se retourna pour crier un avertissement à Tuma et cela lui donna l'impression qu'il avait fallu une heure pour effectuer cette action simple.

Tuma ressentit moins d'effet que Stronius, étant un peu plus loin. Il repéra une personne revêtue d'une cape placé sur quelques rochers avoisinant, utilisant une lance en bois. « Toi ! » cria-t-il. « Dis-lui que je veux une audience ! »

La personne revêtue d'une cape inclina la tête, comme surprise par cette demande, puis la mystérieuse disparut parmi les rochers. Quelques minutes plus tard, Stronius retrouva les idées claires. Il jeta un regard à Tuma, qui inclina la tête. Côte à côte, les deux étaient sur leurs montures.

Le ciel s'obscurcit. De chaque côté du passage, plus de personnages revêtues d'une cape scrutèrent les deux Skrall. Leurs visages étaient cachés, mais Tuma pouvait sentir leur haine de la même façon.

Plus en avant, une demi-douzaine de personnage bloquaient la voie. Au delà, une septième reposait sur un trône brut sculpté dans une partie de la montagne elle-même. « Démontez-les » ordonna-t-elle, d'une voix qui était étonnamment douce. Tuma était tendu. Il n'avait pas réalisé que celle-ci commandait. Son espoir de survivre à ce voyage avait diminué considérablement.

Lui et Stronius descendirent de leurs Coureurs de Roche. La personne assise indiqua alors, « les armes des guerriers ne sont pas autorisées ici ».

« Non » répondit immédiatement Stronius. « Un guerrier d'élite ne donne jamais son arme ».

La personne revêtue d'une cape haussa les épaules. « Alors il peut donner sa vie à la place ».

Une douleur éclata dans la tête de Stronius. Elle était pire que tout ce qu'il n'avait jamais ressenti, pire qu'une lame ou un Thornax pouvait faire. Pourtant aucune arme n'avait jamais touché son corps. La douleur lui arracha un cri perçant pendant qu'il se laissait tomber sur ses genoux.

« Arrêtez ! » Cria Tuma. « Nous sommes venus ici en paix ! »

Un chœur de chuchotements vint de tous les côtés. Le bruit refroidit Tuma pendant qu'il réalisait que ce qu'il entendait était des rires.

« Vous êtes venu ici par peur », dit la personne assise. « Tout comme vous nous avez abandonné, par peur… Tout comme votre espèce nous a bannis il y a des millénaires, par peur. Vous puer cela, Tuma, en dépit de vos puissantes légions, en dépit de vos conquêtes. Vous êtes un guerrier fait de paille ».

Tuma fit trois pas en avant, prêt à enfoncer son épée dans celle qui le tourmentait. Ceci avant que la douleur ne l'ait aussi frappé. Mais il ne se soumis pas à ses pieds, pas même pendant qu'il agonisait de plus en plus, au delà de toutes les limites imaginables. Il avait fait un vœu il y a bien longtemps qu'il avait l'intention de respecter - il ne se mettrait jamais à genoux devant les sœurs des Skrall.

Aussi rapidement qu'elle était apparue, la douleur disparut. Tuma vit Stronius se remettre lentement debout. Il nota que le groupe de guerrières d'élite était toujours sur le terrain.

La personne sur le trône se leva et retira sa capuche. Elle n'utilisait aucun casque ou armure. Son visage était de couleurs gris-sombre, desséché et patiné. Tuma savait que les apparences étaient trompeuses. Bien que son corps pouvait sembler faible par rapport à un guerrier Skrall, les énergies à sa commande étaient plus dévastatrices que n'importe quelle épée ou hache ne pourrait jamais l'être.

« Vous n'êtes pas tombés », dit-elle à Tuma, à sa manière.

« Je préfère rester debout » répondit le chef des Skrall. « Ce pourquoi je suis ici ».

« Vous avez risqué votre santé mentale et votre vie en venant ici ». Elle fit des gestes aux autres femelles revêtues d'une cape. « Elles veulent vous voir morts, et pire que mort… Je ne vois aucune raison de leur refuser ».

Tuma donna le plus léger des haussement d'épaules, reconnaissant que les femmes qui lui faisaient face étaient capables de faire ce qu'elles réclamaient - ce n'était pas facile pour lui de l'admettre, mais honnête. « Je pensais que vous étiez une chercheuse de connaissance », dit-il. « Si vous me tuez, vous n'apprendrez jamais ce que je suis venu vous offrir ici ».

« Vous n'avez rien que nous désirions » répondit la femelle avec rétorque. « Et nous n'avons rien à vous donner en échange ».

Elle regagna son siège, son regard ne quittant pas Tuma. Elle le fixa droit dans les yeux pendant qu'elle s'adressait à ses gens.

« Tuez-les », dit-elle. « Tuez-les tous les deux ».

Chapitre 7

Stronius se trouvait sur le bord d'un lac brillant. C'était une journée calme et silencieuse, chaude dans les montagnes, avec un vent frais. Les Agori de Roche travaillaient près de lui, en construisant des armes de guerre. Non loin de là, une horde de Vorox, chacun enchaîné à l'autre, était envoyée pour travailler dans les mines.

La vie était belle.

Enfin, presque. En regardant dans le reflet de l'eau, Stronius remarqua une fissure sur la partie ventrale de son armure. Qu'était-il arrivé ? L'armure des Skrall était l'une des plus résistante et il n'arrivait pas à se souvenir que l'un de ses adversaires lui ait porté un coup qui l'aurait blessé. C'était étrange.

Plus étrange encore – et perturbant – la fissure semblait s'agrandir devant ses yeux. Elle faisait déjà près d'un décimètre, et se répandait en formant des fissure semblables à une toile d'araignée. Il recula d'un pas. La fissure était maintenant assez grande pour qu'il puisse voir quelque chose à travers. Cela ressemblait à une autre couche d'armure, de couleur argentée.

La fissure continua à se répandre. Devant les yeux écarquillés de Stronius, son armure ventrale s'ouvrit, suivie du bras et de la jambe. Avec un craquement bruyant, son casque se fracassa. Il regarda son reflet avec horreur – quelque chose émergeait de l'intérieur des ruines de son armure – un baterra !

Et Stronius ne put que crier.

---

Non loin de là, Tuma entendait les cris écorchés de Stronius. Les femmes Skrall n'étaient pas satisfaites d'exécuter simplement leurs prisonniers. Non, elles voulaient d'abord les torturer, en utilisant leurs pouvoirs mentaux pour créer des illusions. Il n'avait aucune idée de ce que Stronius pouvait voir en ce moment, mais il n'était pas dur de deviner que la santé mentale de son guerrier s'en irait avant sa vie.

L'arme de Tuma se trouvait sur le sol, et tout juste hors de portée. La femme l'avait laissée ici pour rire de lui. Ses pensées demandaient à son bras de les prendre, mais son bras ne bougeait pas. Son corps était paralysé par la force mentale de ses ravisseurs. Seule sa bouche était encore fonctionnelle. Quand le moment vint, elles voulurent entendre également ses cris.

Mais un bon guerrier avait toujours plus d'une stratégie en tête. Il aurait espéré pouvoir utiliser la menace des baterra pour que les femmes s'allient à lui. Si cela ne marchait pas, il connaissait quelque chose qui marcherait... Quelque chose auquel les femmes ne pourraient résister.

Il tenta de se lever. Une douleur accablante s'empara de son esprit. Le moment était venu. Il ouvrit sa bouche et crier un mot : « Angonce. »

Pendant un moment, la douleur monta et il pensa qu'il finirait sûrement par devenir fou ou mourir. Puis elle se calma, juste assez pour lui laisser prendre sa respiration. La maîtresse des femmes Skrall s'approcha. Elle saisit le crâne de Tuma et le força à la regarder.

« Que sais-tu d'Angonce ? »

Tuma tourna les yeux vers Stronius. « Arrêtez... Ce que vous êtes en train de lui faire... Et nous pourrons parler. »

La femme Skrall acquiesça à l'une des autres. L'instant suivant, Stronius s'arrêta de crier et s'effondra sur lui-même.

« Je sais où il pourrait se trouver, » dit Tuma. « Du moins, où il se trouvait autrefois. »

« Est-ce tout ? » cracha la femelle Skrall. « Nous le savons tous. La grande tour... La place en feu... dans la Vallée du Labyrinthe. C'est là qu'ils se trouvaient tous. »

« Et ils ont tous fui, » répondit Tuma. « Personne ne sait où. Mais Angonce a toujours été un peu plus... curieux... à propos des Agori que les autres. Il resterait assez près pour garder un oeil sur eux. »

La maîtresse des Soeurs des Skrall réfléchit à ses paroles. Les femmes de son espèce avaient reçu dès la naissance des pouvoirs psychiques, assez puissants pour leur permettre de résister à la haine et à la violence des mâles et de résister aux baterra. Mais les légendes racontaient qu'une femme Skrall avait autrefois rencontré un Grand Être nommé Angonce, et Angonce lui avait appris comment monter à un niveau de pouvoir nettement plus élevé. Certains racontaient que des civilisations entière s'élevaient et tombaient selon ses désirs. Elle avait évolué bien au-delà du reste de sa propre espèce et n'avait plus aucun contact avec eux désormais. Cependant, chaque femelle Skrall espérait pouvoir un jour trouver Angonce et apprendre ses secrets.

« Pourquoi partagerais-tu ceci avec nous ? » demanda la femme. « Tu sais ce que nous pourrions faire avec une telle puissance. »

« Je pourrais vous mentir, » dit Tuma, « et dire que je pense que de plus grands pouvoir vous rendraient bonnes et vous moraliseraient. Mais en vérité, je pense que cette histoire n'est qu'une pile d'excréments d'étalon de roche. C'est une histoire insensée que vous et vos sœurs vous racontez pour rester au chaud lors des nuits froides dans la montagne. Même si vous trouvez un Grand Être, il vous rira à la face – c'est ce qu'ils savent faire le mieux. »

« Et si tu te trompes ? » répondit la femelle, un sourire narquois en train de s'étendre sur les extrémités de sa bouche.

Tuma lui retourna son sourire. « Alors, je ne vivrai pas assez longtemps pour le regretter, n'est-ce pas ? »

« Et que veux-tu en échange ? »

« Notre liberté, » répondit Tuma. « Et votre promesse de détruire tout baterra qui croisera votre chemin. »

« Les baterra ne sont pas une menace pour nous, » répliqua-t-elle. « Nous ne portons aucune arme qu'ils ne reconnaissent comme tel. Pourquoi devrions-nous commencer une guerre contre eux ? »

« Car la solution alternative consiste à avoir deux cadavres de Skrall à enterrer, et pas plus d'information sur la position d'Angonce que vous n'en aviez avant, » dit Tuma. « Vous savez, le problème de la revanche est qu'elle se termine trop rapidement. Et, quand vous en avez fini, que vous reste-t-il ? Même de misérables créatures comme les Sœurs des Skrall ont besoin de quelque chose à rechercher, à vouloir... N'est-ce pas vrai ? »

Bien sûr, pensa la femme. Dans notre cas, nous recherchons la destruction de vous et des vôtres. Alors nous chercherons les baterra pour vous... et nous assurerons qu'ils savent où vous êtes.

Elle acquiesça. « Nous avons un profit en vue, Tuma. Vous pourrez partir, toi et Stronius... Mais une fois que nous auront trouvé notre Grand Être, nous vous reverrons tous les deux. Sois sûr de cela. »

C'est ce que tu penses, sorcière, pensa Tuma. Une fois que nous aurons saisi le désert de Bara Magna et détruit tous les baterra restants, nous trouveront un moyen de vous éliminer.

« C'est bien un profit, » dit Tuma. « Et lorsque – si – vous revenez de votre quête, soyez sûr que nous vous offrirons... un mémorable accueil pour votre retour. »

Chapitre 8

Les sœurs des Skrall s'assirent au conseil alors qu'elle venaient de commettre l'impensable - permettre à un chef et à un guerrier d'élite Skrall de quitter leur camp, vivant.

Mais un marché avait été conclu : la liberté des deux mâles arrogants en échange d'une information sur l'endroit où se cachait un Grand Être appelé Angonce.

« Je ne crois pas à leur histoire, » murmura une des femelles Skrall. « Pourquoi Angonce serait-il resté alors que les autres Skrall se sont sauvé ? Pourquoi serait-il là ? »

« En tant que garde ? » demanda la dirigeante de la confrérie. « Ils disent qu'il y a une puissance de grande ampleur là-bas… qui pourrait faire de quelqu'un un empereur… ou une impératrice. »

« Et chercherons-nous cette puissance ? »

La dirigeante y réfléchit. Leur existence n'avait pas été facile. Bannies de la communauté des mâles Skrall, abandonnées aux animaux, luttant pour survivre tandis que les mâles poursuivaient leurs plans de conquête… et maintenant, Tuma, leur ennemi juré, avait été forcé de leur acheter sa liberté. Son paiement s'était avéré considérable, en effet, s'il allait vraiment les mener aux secrets des Grands Êtres. Et si Angonce se trouvait toujours sur Bara Magna, est-ce qu'il serait éloigné de ce que son peuple conservait le plus précieusement ?

« Nous partons, » Dit la dirigeante. « Rassemblez toutes nos sœurs. Nous partirons à la Vallée du Labyrinthe et percerons son cœur. Et quand nous aurons trouvé ce qui s'y cache... Nous ferons de même à nos frères Skrall. »

---

Tuma et Stronius avaient voyagé silencieusement depuis qu'ils avaient quitté le camp. Stronius était furieux, cela était évident. Il aurait largement préféré mourir dans les mains de ses sœurs que d'avoir à collaborer avec elles. Mais un chef ne pouvait se permettre de laisser sa fierté personnelle menacer le bien-être de son peuple. Mourir ici n'aurait pas aidé les légions de Skrall du tout. Envoyer leurs Sœurs à la chasse aux Chauves-Souris des Sables, pour avoir quelques Baterra en moins au final, pourrait s'avérer redoutablement efficace.

Stronius est un grand guerrier, pensa Tuma. Mais il ne comprend pas qu'un Leader est parfois forcé à marchander avec ceux qu'il trouve... repoussant.

Il se remit à penser à Metus. L'Agori de la Glace s'était avéré particulièrement utile récemment, en aidant à marchander avec les Chasseurs d'Os et en vendant des informations sur les faiblesses des différents villages et sur les talents de leurs Glatorian. Plus récemment, il avait promis de leur expliquer comment vaincre les baterra métamorphiques, mais il ne leur avait toujours pas donné l'information. Secrètement, Tuma doutait que Metus ne sût la moindre chose d'utile sur ce sujet. Mais il préférait rester assez près des Agori pour l'instant, du moins, avant de commencer la seconde phase de la guerre. Il valait mieux lui faire croire qu'il avait plus d'intérêt à rester auprès des Skrall que de rester avec les Glatorian. On ne pouvait jamais faire confiance à un traître, après tout.

Une fois que la guerre serait terminée et qu'il en aurait fini avec les Agori, bien sûr, les choses changeraient. L'utilité de Metus prendrait fin, tout comme sa liberté... et peut-être même sa vie. C'était une vipère, et Tuma ne voulait pas être encombré par sa présence plus que cela ne serait nécessaire.

Le chef de Skrall s'arrêta soudainement. Le passage devant eux était étroit et couvert d'arbres. Il y avait voyagé avec Stronius pour rencontrer leurs Soeurs plus tôt dans la journée et traversé sans incidents. Mais les choses étaient différentes – tout d'abord, il y avait moins d'arbres sur le chemin.

« Tu vois cela ? » demanda Tuma, aussi calmement qu'il put.

« Bien sûr, » répondit Stronius. « Une embuscade, sans doute... Et bien, nous les ferons regretter ce jour avant de partir. »

« Le pouvons-nous ? » demanda Tuma. De leur côté, ils sont six « arbres », chacun un baterra déguisé, et de notre côté, nous sommes deux. Je doute que nous réussissions à traverser ce passage en vie. »

« Et donc, qu'allons-nous faire ? Attendre de l'aide de la part de nos sœurs ? » ironisa Stronius.

Tuma se retourna et frappa le soldat d'élite, en envoyant Stronius valser sur le sol. Avant de pouvoir se retourner, l'arme à la main, Tuma avait sa propre arme sur le cou du guerrier chu.

« Continue de me parler comme ça, » gronda Tuma, « et tu te retrouveras avec quelque chose en travers de la gorge. »

les yeux de Stronius se pointèrent sur le bout de l'épée qui se pressait désormais contre son cou. Il savait exactement ce que Tuma voulait dire. Il calma sa colère et baissa la tête comme le voulait le rite traditionnal de soumission des Skrall sous une plus grande autorité. Calmé, Tuma rabaissa son arme.

Alors que Stronius se remettait sur ses pieds, il remarqua quelque chose d'intéressant sur les baterra qui les attendaient devant eux. D'abord, il n'était pas sûr de ce qui n'allait pas dans ce qu'il voyait. Puis cela le frappa, et il mit sa main sur son arme directement après.

« Les racines, » dit-il. « Regarde les racines. »

Tuma fit comme il dit. Les Baterra se déguisaient souvent très habilement. Si l'un d'entre eux se déguisait en roche, il pourrait se fondre dans l'atmosphère comme une roche qui s'y trouvait depuis des années. Si un autre se métamorphosait en arbre, on pouvait parier qu'il avait été planté ici depuis des sicèles. Mêmes les racines des arbres semblaient enfoncées dans la terre, une illusion marquante.

Mais les racines de ces nouveaux arbres n'étaient pas plantés dans la terre. Au lieu de cela, elle restaient à la surface, et certaines avaient l'air tirées et enguenillées. Soit les baterra étaient moins méticuleux, soit...

« Ces arbes ont été déracinés et placés ici, » dit Tuma. « Ils voulaient que nous les remarquions et les prenions pour notre ennemi. Ce qui veux dire que... »

La douleur explosa dans le dos de Tuma. Il tomba au sol, pendant que deux baterra emergèrent des roches derrière eux... ou plutôt, les baterra se trouvaient être les roches derrière eux. Ils avaient fait du bluff par deux fois, en atirrant leur attention sur leur proie dans une fausse embuscade devant eux, tandis que le vrai piège était derrière.

Ils sont de plus en plus intelligents, pensa Stronius. Espérons que nous vivrons assez longtemps pour partager ce sympathique morceau d'informations avec Roxtus...

Le baterra s'avança silencieusement. Stronius se prépara à la bataille. Lui et Tuma mourraient avec honneur, au moins. Il n'y aurait pas de « marchés » à conclure avec l'ennemi.

Il leva son bâton de guerre et, avec un cri de rage guttural, Stronius chargea.

Chapitre 9

Tuma ouvrit les yeux. En sursautant, il se rendit compte qu'il avait dû s'évanouir suite à sa blessure, laissant Stronius affronter deux baterra tout seul.

Le pire était arrivé. Stronius était inconscient, à terre, non loin de là. Son arme de guerre et son lanceur Thornax était hors de sa vue. Tuma savait qu'il avait peu de chances d'arrêter les baterra tout seul, mais il devrait essayer. Il tenta de prendre son épée... Mais elle n'était plus là. Ainsi que son lanceur.

Il était sans défenses.

Tuma se remit douloureusement sur ses pieds. Son dos s'élança avec douleur. L'attaque du baterra avait percé son armure et endommagé quelques-uns de ses tissus organiques à l'intérieur. Il pouvait encore combattre, et s'il avait une arme, il était sûr qu'il pourrait abattre au moins un baterra lui seul. Après tout, tout ce qui lui restait était d'affronter sa mort comme un Skrall digne de ce nom.

« Venez, alors, » lança-t-il aux baterra. « Finissez ceci ! »

Les baterra ne firent pas un pas en avant. Ils semblaient confus, si un tel mot pouvait s'appliquer aux machines.

« Désolé, Tuma. Tu risque d'être déçu. »

Le chef des Skrall se retourna en l'entendant. C'était Metus, désarmé, allongé contre un rocher comme s'il n'y avait pas le moindre soucis au monde. Alors que le Skrall le regardait avec surprise, Metuss'avança vers les deux baterra et les regarda comme s'ils étaient de simples parasites.

« Disparaissez. Il n'y rien à voir ici, » dit-il aux créatures mécaniques.

A la grande surprise de Tuma, les baterra le faisaient. Ils se retournaient et s'en allaient ! Sa première idée était sombre : Metus serait vraiment le maître des baterra, et par conséquent responsable de toutes les morts des Skrall que ceux-ci avaient causés, sans parler de tous les autres guerriers éviscérés au cours de la guerre du Coeur.

Metus était assez malin pour deviner où se tourneraient les pensées de Tuma. Il se retourna vers les Skrall les bras libres. « D'accord, Tuma, si je les contrôlais... Si j'avais décimé des légions et tes forteresses... Pourquoi te laisserais-je en vie pour peut-être finir avec un poignard dans le dos ? Utilise ton cerveau. Souviens-toi de ce que je t'ai dit. »

Tuma fonça en avant, en ignorant sa douleur, et renversa Metus, faisant tomber l'Agori à terre. « Je commence à être fatigué de ton insolence. Je n'ai pas besoin d'arme pour t'achever. »

« Je viens de sauver vos vies, à toi et à Stronius, » cracha Metus. « Un simple merci aurait suffi. »

Plus que jamais, Tuma aurait voulu faire terre Metus pour de bon. Mais il ne pouvait nier la vérité que l'Agori venait d'énoncer. Les baterra était en position idéale pour le tuer, ainsi que son guerrier d'élite, mais ne l'avaient pas fait. Pourquoi ?

« Tu prétendais avoir un secret... un moyen d'arrêter les baterra, » dit Tuma. « Est-ce ce que je viens de voir aujourd'hui ? »

Metus se remit sur ses pieds. « A peu près. Tu n'es pas mort, n'est-ce pas ? Bon, je connais un secret, et ce n'est pas le genre de secret qu'un Skrall pourrait ne serait-ce que découvrir à lui seul. »

L'Agori sourit. Pour une fois, il venait de dire la vérité. Autrefois, à la fin de la guerre du Coeur, Metus était monté dans une caravane de provisions qui se dirigeait vers un avant-poste de l'armée de Glace. Normalement, il aurait préféré faire le chemin à lui seul, mais sa hache de glace s'était brisée et était en réparation. Il n'avait pas le temps de chercher une nouvelle arme et n'appréciait pas vraiment la perspective de traverser une zone de guerre désarmé.

Les wagons furent pris en embuscade par une douzaine de baterra. Les guerriers de Glace et les autres Agori déclenchèrent la bataille, mais aucun ne survécut. Pendant tout ce temps, cependant, les baterra avaient simplement ignoré Metus. Même quand il avait saisit les rênes du wagon pour s'échapper, ils ne l'avaient pas poursuivi. La cause de ce mystère l'avait troublé tout au long du voyage. En arrivant, il raconta aux guerriers qu'il avait été assommé plus tôt dans la bataille et avait dû rouler sous un wagon où les attaquants ne le verraient pas. Ils semblaient avoir accepté l'explication.

Metus en savait plus, bien sûr. Il y avait quelque chose de différent sur lui, quelque chose qui avait mené le baterra à l'épargner. En comprenant cela, la réponse fut plus qu'évidente.

Je n'étais pas armé, pensa-t-il. Ces créatures sont des guerriers meurtriers de tous les côtés. Leur définition de « guerrier » se résume à un être armé.

Maintenant, il était là, des années après, visiblement le seul être à avoir pu faire le rapport. Les Skrall ne pourraient jamais le découvrir d'eux-même, et même s'ils le découvraient, ils ne le voudraient jamais – ils se couperaient les bras avant même de baisser les armes. Quand il vit Tuma et Stronius tous deux inconscients, il jeta sa hache de glace et s'élança, lançant leurs armes bien loin d'eux. Cela arrêta directement les baterra, étant donné que leur programmation n'incluait pas l'attaque sur des êtres sans défenses.

« Tu as une dette envers moi, » dit Metus. « Je pense qu'il est temps de négocier le paiement. »

« L'affaire tiens, » grogna Tuma. « N'exagère pas, Agori. »

« Vraiment ? Alors, je peux toujours ramener les baterra ici. Tu pourras essayer de négocier avec eux, ou alors essayer de me parler, comme un... seigneur de guerre civilisé. »

Stronius se réveillait. Metus décida d'accélérer la conversation. Stronius le couperait en deux si elle n'était pas dans le meilleur intérêt du Skrall.

« Ecoute, tu es un chef grand et puissant, » dit l'Agori. « Tu vas devenir le dirigeant de Bara Magna très bientôt, et avec mon aide, tu décimeras les baterra. Mais si jamais quelque chose tournait mal... Disons, si tu étais tué au cours... Quelqu'un devrait être préparé pour porter ta charge, tu ne penses pas ? »

« Si un chef tombe, un guerrier d'élite prend le contrôle, » répondit Tuma, n'appréciant pas réellement le but de la conversation.

Metuis rit. « Stronius ? Franchement. Ce type serait incapable de faire dîner un Spikit. Et je ne travaillerais pas avec lui, si c'est pour que les baterra réduisent les légions en morceaux. Non, je pensais plutôt à... moi. »

C'était alors au tour de Tuma de laisser échapper un rire creux. « Toi ? Tu n'es même pas un Skrall, seulement, un misérable qui a trahi ta propre espèce. Peut-être devrais-je te ramener personnellement aux Agori et les laisser te rendre justice, Metus. »

Metrus croisa ses bras sur sa poitrine. En parlant, sa voix n'avait plus rien de caustique. Elle était froide et sombre. « Ce sont mes conditions. Si tu te fais tuer ou devient inapte à diriger, les légions répondront à mes ordres. Sinon, tue-moi simplement maintenant. Ma mort ne précèdera que de peu la tienne et celle de tes guerriers. »

« Ils ne l'accepteront jamais, » dit Tuma. « Ils ne prendraient jamais d'ordre d'un Agori. »

Metus ricana. « Si tu tombais, les choses seraient si désespérées qu'ils répondraient même aux ordres d'un crétin comme Stronius. Quoiqu'il en soit, laisse-moi m'inquiéter là-dessus. Avons-nous un marché ? »

« Pour l'instant, » dit Tuma. « Mais une fois que les baterra seront vaincus... »

« Je le ferai moi-même, » finit Metus à sa place. « J'ai compris. Bien, ne te sens pas concerné – tout sera bientôt terminé. Et rien ne risque de t'arriver, n'est-ce pas ? Tu ne fais que blaguer avec un Agori. »

« Oui, » acquiesça Tuma. « Oui, tout sera bientôt terminé. Tout... Tout le monde... sera achevé à temps. »

Metus sourit. Il partit rapidement reprendre sa hache de glace, et « découvrit » avec joie où étaient tombées les armes des Skrall. C'était une bonne journée. Peut-être que Tuma conquerrait les villages et les baterra à temps, mais le chef des Skrall avait un travail dangereux. Il y avait toujours des accidents potentiels. Bien sûr, il aurait été sage d'inclure Stronius comme « accidents » également, si jamais c'était possible. Cette pensée était très amusante, et le laissa amusé tout au long du chemin vers Roxtus.

Quand à Tuma, ses pensées étaient les siennes. Il allait devoir faire une annonce formelle à sa légion, une qui prendrait du temps à être acceptée. Mais il allait aussi donner un ordre secret à Stronius : si jamais quelque chose devait lui arriver, même une mort aux mains d'un Glatorian, le guerrier d'élite devrait immédiatement éliminer Metus.

Oui, tout a une fin, pensa Tuma. Mais certaines fins sont plus douloureuses que d'autres, mon ami Agori. Tu n'as plus qu'à prier de ne jamais apprendre à quel point.

Tuma sourit et se convainquit de laisser tout ce problème de côté pour l'instant. Il avait, après tout, un monde à gagner.

Personnages

Diffusion

Cette section a besoin d'être éditée pour être étendue.

Anecdotes


TimelineNav.png 2001-2003 Mur de l'Histoire (BIONICLE.com)
2007 Rêves de Destruction | Dans l'Obscurité | Le Blog des Toa Nuva
2008 Les Chroniques de Mutran | Sombre Miroir | Fédération de la Crainte | La Guerre du Destin | Résidents des Ténèbres | Frères d'Armes | Le Blog de Takanuva
2009 L'Empire des Skrall | Le Règne des Ombres | L'Énigme des Grands Êtres
2010 La Saga de Mata Nui | L'Épopée de Sahmad | La Quête d'Hier | Les Pouvoirs en Place