L'Épopée de Sahmad

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L'Épopée de Sahmad est une Série Web de 2010 publiée en Podcast par Greg Farshtey sur le site BIONICLEstory.com, racontant les aventures de Sahmad, l'un des rares survivants de la Tribu du Fer, qui fut entièrement décimée par une épidémie.

L'Épopée de Sahmad
Drapeau Royaume-Uni.png
2010
Greg Farshtey

Chapitre 1

Je m'appelle Sahmad. Vous avez peut-être déjà entendu ce nom autour des feux des maisons Agori, ou dit à voix basse par les Glatorian alors qu'ils montent la garde. C'est un nom prononcé avec respect et peur, comme il se doit donc. L'histoire vous apprendra que je suis un monstre, un esclavagiste, quelqu'un qui a passé sa vie à capturer mes camarades Agori et à les vendre aux Skrall. Je serais bête de mentir et de prétendre n'avoir jamais fait ces choses : je les ai faites, bien sûr. Mais il y a plus que cela dans le conte, et il faut se rappeler constamment une chose sur l'histoire : tous les livres sont écrits par les gagnants.

Je suis un membre de la Tribu du Fer, contrairement à ce que vous pourriez penser de par la couleur de mon armure, mais c'est intentionnel. Faire voir de manière ostensible que vous apparteniez à cette tribu était probablement, et l'est peut-être toujours, un bon moyen pour être lynché, rejeté, voire agressé. Nous ne sommes pas les bienvenus dans les charmants petits villages des autres Agori, assez bons pour partager de quoi boire et manger, ou assez fiable pour faire du commerce avec eux. Nous sommes les créatures des aventures nocturnes racontées aux nouveaux gardes : « veille à rester concentré si tu ne veux pas être attaqué par un Agori du Fer. »

Cela n'a pas toujours fonctionné ainsi, bien sûr. Il y a très longtemps, bien avant la Guerre du Noyau, bien avant le Fracassement, ma tribu vivait dans les montagnes de Bota Magna et travaillait dans les mines. Nous envoyions le fer que nous extrayions de la roche à la Tribu du Feu pour le faire forger, et en retour ils nous rapportaient des armes et des outils achevés. Nous étions brutaux et grossiers, mais honorés pour notre dur labeur et traités comme tous les autres Agori. Les membres de la Tribu du Fer vivaient une vie remplie par un travail dur et honnête, et ne demandaient rien de plus. A part quelques différends avec nos voisins des montagnes, les Skrall, nous n'étions en conflit avec personne.

Lorsque le coup fatal arriva, il vint discrètement et silencieusement, comme un poignard enfoncé dans le dos. Quelques mineurs travaillant dans les entourages de nos régions commencèrent à agir de manière étrange. Ils étaient distraits, chamailleurs, et au fil du temps ils s'empiraient. Si on leur demandait s'ils se sentaient malades, ils répondaient non. La seule chose plausible qu'ils purent affirmer était que leur sommeil était troublé car ils s'étaient arrêtés de rêver. La plupart d'entre nous en rirent. Après tout, ce qui importait était la force de nos arrières lorsque nous extrayions le métal hors de la roche pour le ramener à la surface. Peu importait si notre sommeil n'était que du sommeil, les illusions et les fantaisies mises de côté. Et si l'on est incapable de rêver, pas de raison de s'inquiéter de cauchemarder, n'est-ce pas ? Faux. Si l'on est incapable de rêver, la vie éveillée devient un cauchemar.

Les mineurs affectés, irritables, devinrent violents peu après, puis passèrent de violents à fous. Les rêves, semblait-il, étaient indispensables pour relâcher les mauvaises énergies accumulées dans chacun d'entre nous. Sans elles, l'esprit se déchire en morceaux. Pire, nous vîmes que l'épidémie se répandait. De plus en plus de personnes de ma tribu perdirent leurs capacités de rêver. Ceux dont la condition était invivable mouraient dans la folie. Ceux qui furent infectés par la suite furent saisis par l'horreur et le désespoir, connaissant le destin qui les attendaient.

Certains d'entre nous semblaient être immunisés : moi, Telluris, et une poignée d'autres. Naturellement, nos voisins semblaient curieux sur les raisons de nos capacités à pouvoir encore rêver. Personne d'entre nous ne connaissait la réponse. Cela n'empêcha pas les autres de notre tribu de songer à essayer de les découvrir, même si cela nous menait à la mort. Nous nous enfermâmes ensemble et nous cachâmes dans une cave, prêts à nous défendre contre les Agori fous qui avaient été nos amis.

Alors que les choses empiraient, notre chef de village demanda l'aide des autres tribus. Les Skrall en rirent. Les autres tribus ne le laissaient même pas traverser les bords de leurs contrées. Personne ne voulait du peu de fer que nous continuions d'extraire, de peur qu'il porte avec lui la maladie. Toute activité extérieure cessa.

Quand l'un des rares Agori toujours en forme tenta de rejoindre une autre tribu, il fut ramené dans la forêt et tué par l'une des bêtes. Autant que cela puisse nous concerner, il aurait aussi bien pu être tué par les Agori qui l'avaient rejeté. Être un membre de la Tribu du Fer était désormais une bonne raison pour être condamné à mort. Si la peste ne vous décimait pas, vos anciens partenaires s'en occupaient.

Telluris eut l'idée d'utiliser les minéraux pour changer la couleur de nos armures et de nos heaumes dans l'espoir de se faire passer pour des membres d'une quelconque tribu inconnue et trouver un sanctuaire. C'était stupide, mais je fus d'accord avec l'idée. Vous vous doutez bien que ça n'a pas si bien marché.

Cependant, nous survécûmes. Nous vîmes notre tribu s'éteindre, un à un, jusqu'au jour où il y en eu trop peu pour que nous puissions être menacés. Nous nous enfuîmes, mais il n'y avait nulle part où aller. De plus, nul ne savait si un camarade pouvait être porteur de l'épidémie, vous comprenez donc que nous ayons choisi des chemins séparés.

Je me dirigeai vers le sud, sans savoir que Telluris ferait de même. Je vécus de ce que je volais et ramassais. Je vit la déclaration de la Guerre du Noyau, et en voyant les Agori tués par les armes conçues dans le fer rapporté par mon peuple, je ris. Quand le Fracassement arriva, je me trouvais sur Bara Magna. J'avais trouvé un char et gagné la loyauté d'un Spikit de la seule manière possible : en le nourrissant. Je ne savais pas ce que le futur me réservait mais j'avais un transport et j'avais la haine. J'allais finir par trouver un moyen de marier les deux et de gagner ma revanche.

Telluris choisit un autre chemin. Il commença à scruter le désert dans une machine de guerre basée sur le Skopio, pensant qu'écraser une ou deux caravanes ferait la différence d'une certaine manière.

J'avais d'autres plans. Je faisais des Agori des marchandises. Je les vendais aux Skrall et je les laissais souhaiter qu'ils fussent morts avec mes frères dans la peste.

Les choses ont changé récemment. Les Skrall ont été repoussés de Roxtus, deux géants de métal se battent dans le ciel pour des raisons que je ne saurais imaginer. Je ne doute pas que la fin du monde s'approche de nous, mais avant que cela n'arrive, j'ai une tâche que je veux exécuter. Quelque part, certains savent ce qui est arrivé à mon peuple. Ils savent s'il s'agissait d'un accident, d'une attaque, d'une erreur ou d'une expérience. Avant que Bara Magna ne tombe en ruines, je devrai trouver ces réponses. Et si quelqu'un a choisi ce destin pour ma tribu, alors j'espère que, quelque part, celui-ci – ou ceux-ci – rêvent de moi, et se réveilleront en hurlant.

Chapitre 2

J'aime dormir. J'aime dormir parce que j'aime rêver. Rêver me rappelle que je suis toujours en vie.

La nuit dernière, j'ai rêvé que j'étais de retour dans le village du Fer, travaillant dans le froid et l'humidité des mines. L'air était empli du rythmique tching-tching des pioches frappant la pierre. Spherus Magna était généreuse ce jour-là et nous sortions de l'ombre avec des chargements de fer. Je me tenais sur un pic et voyais les Agori de la Roche au loin aller et venir comme des scarabées araignées. Puis il s'arrêtèrent et se tournèrent comme un seul pour regarder notre village. Je me tournai pour voir ce qu'ils pouvaient regarder, et c'est là que je vis le premier Agori du Fer disparaître. A un instant il était en train de vider le chariot de minerai, l'instant d'après il était parti. Dans les moments qui suivirent, d'autres disparurent, et d'autres encore. Je savais que quelque chose de terrible était en train de se produire. Je devais l'arrêter.

Je courus à travers le village à la recherche de la femme que j'aimais. Quand je l'ai trouvée, je l'ai prise dans mes bras et la serra, et un instant plus tard, mes bras tenaient l'air vide.

De l'aide. Nous avions besoin d'aide. Je descendis la montagne en courant vers les Agori de la Roche, je leur ai crié de nous aider, mais aucun ne me prêtait attention. J'ai crié, j'ai plaidé, en vain. Je me suis déplacé pour frapper un villageois juste pour avoir leur attention. Et je regardai en bas et je ne vis rien. J'avais disparu.

Je me réveillai en sueur. Je n'avais pas campé loin de la rivière Skrall. Je pris mon armure et m'agenouillai sur la rive, en essayant d'effacer mon cauchemar. A la lumière de la lune, je pouvais voir quelque chose de massif au loin. En regardant mieux, je sus que c'était le véhicule Skopio construit par Telluris, maintenant étendu sur le sable comme la carcasse d'un animal mort. Son propriétaire était accroupi à côté. J'accrochai le Skipit à mon char et marchai vers Telluris. Il semblait être en pleurs.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demandai-je.

« Ils l'ont ruiné. » répondit le membre de ma tribu. « Les Glatorian, ils l'ont saboté. Il ne fonctionnera plus. »

J'ai toujours pensé que le Skopio était un gâchis de temps et de matériaux voyant. Peu importe la taille de ton arme, quelqu'un d'autre peut toujours en construire un plus grand. Tu ne peux pas conquérir tes ennemis avec quelque chose que tu vois à dix kilomètres à la ronde. Tu le fais en faisant ton trou comme la larve d'un ver à épines, devenant une partie de leur société, et ensuite les efface de l'intérieur. Le Skopio était le soutien de Telluris, sa manière de jeter une colère armée et en armure au monde.

« Tu ne peux pas le réparer ? » demandai-je.

Il secoua la tête. « Je n'ai pas les pièces. »

Je le regardai. Dans deux jours, peut-être, il penserait à arrêter de regretter sa machine et à s'éloigner du soleil. Comme ça il ne serait pas en mesure d'être utile à qui que ce soit.

« Peut-être que nous pouvons trouver ce dont tu as besoin. » proposai-je. « Je vais au nord. Viens avec moi. »

Telluris me jeta un regard, puis fit un geste vers le Skopio mort. « Je ne peux pas simplement le quitter. »

« Il n'ira nulle part. » répondis-je. « Et quand nous reviendrons, nous allons le reconstruire, plus grand et meilleur qu'avant. »

Telluris se leva et monta sur le char. Je tirai d'un coup sec sur les rennes, et les Spikit commencèrent à se trainer vers le nord. Je n'étais pas certain d'où nous allions exactement, mais j'avais une idée. Si la mort des membres de ma tribu n'était pas un accident, alors c'était un meurtre. Et si c'était un meurtre, quelqu'un devait en tirer profit. Qui que soient ces quelqu'un, je vais les faire payer pour chaque Agori du Fer mort. Je ne pouvais pas retourner sur la scène du crime car Bota Magna s'était séparée il y a cent mille ans, et ne revenait pas. Tout ce que je pouvais faire était d'aller au nord et espérer apprendre quelque chose, de préférence avant que les deux robots se battant au dessus de nos têtes ne détruisent ce qui restait de Bara Magna.

Nous avions voyagé pendant quelques heures quand le Spikit se cabrèrent soudainement, ses deux têtes relevées à cause de la panique. Telluris sauta du char. Il pointa quelque chose, cria, mais je l'avais déjà vu. Un long serpent gris était enroulé sur le sable juste devant, un serpent aux yeux bleus, et il y avait la folie dans ces yeux.

« Tue-le ! » dis-je à Telluris.

Mon compagnon de tribu saisit une lame dans le char et avança vers le serpent avec prudence. C'était une espèce de vipère, extrêmement venimeuse et inutile, vivante. Morte, ce serait au moins un diner. Telluris leva l'arme et allait l'abattre sur le serpent quand celui-ci s'éleva, comme pour attaquer, mais au lieu d'attaquer, il parla.

« Venez. » dit-il. « tuez-moi. Je ne peux plus supporter ça. »

Telluris me regarda comme s'il était devenu fou. Je fis signe de la tête pour lui faire savoir que je l'avais également entendu. Cela me rappela quelqu'histoire sauvage que j'ai entendu de quelques Agori de la Roche. Ils étaient en train de fuir Roxtus après avoir perdu une bataille contre les autres villages, et avaient prétendu qu'un Agori de la Glace nommé Metus avait été transformé en un serpent. Ils me semblèrent avoir mangé trop de Thornax pourris, mais maintenant... Bien, il y avait plein de choses bizarres dans le désert de Bara Magna, mais un serpent qui parle n'est pas l'une d'entre elles.

« Tu es... Metus ? » demandai-je au serpent.

Il siffla pour répondre.

« Ils disent que tu souhaitais te venger pour ce qui t'es arrivé. » dis-je. « Tu as renoncé, non ? »

« Je veux toujours me venger. » répondit Metus. « Être transformé en ce monstre ne m'arrêterait pas, être transformé en un insecte ne m'arrêterait pas, je trouverais encore un moyen d'une manière ou d'une autre si ce n'était pas pour... » Il s'arrêta.

J'attendis. Comme il ne continuait pas, je dis « Sauf pour quoi ? » Le serpent glissa sur le sable et me regarda d' un air implorant avec ses yeux bleu clair. « J'ai arrêté de rêver. » chuchota-t-il.

Soudain, le désert sembla grandir très calmement et silencieusement, et tout ce que je pouvais entendre était ma propre voix qui disait « Ça recommence. »

Chapitre 3

J'étais debout sur le sable du désert, ayant une conversation avec un serpent parlant. Le plus triste, c'est que la tâche était de bon sens dans ma journée. Et en plein milieu de notre échange, le monde s'arrêta. Au moins, c'est ce que j'ai ressenti en moi.

Tout d'abord, l'ombre passa sur nous ; Telluris commença à nous parler de la lune qui tombait du ciel ; Metus enfouit sa tête sous le sable. Je levai les yeux pour voir un corps céleste massif passer au-dessus, un fragment de ce qui s'était abattu sur la tête de l'un des deux robots géants. Le robot est tombé, et l'impact m'a fait tomber au sol. Je ne fit aucun effort pour me relever. Si le monde touchait à sa fin, je pourrais tout aussi bien faire face à elle en position couchée. Le second impact ne fut, étonnamment, pas aussi grave.

Après quelques instants, quand plus aucun des robots ou des lunes ne tombaient ou ne volaient dans le ciel, je levai la tête. Telluris disais que Spherus Magna était de nouveau reformée. Il semblait excité à ce sujet. Je ne participai pas à sa célébration. Vous pourriez vous demander pourquoi je n'étais pas ravi d'avoir les trois fragments de ma planète, une nouvelle fois réunis. Comme tous ceux qui ont vécu sur Bara Magna peuvent vous le dire, il fait très froid dans le désert. J'ai grandi dans ce froid pendant cent mille ans, et maintenant tout ce que je peux penser est que si les êtres qui ont déclenché la peste du rêve sur mon peuple étaient sur Bota Magna, ils sont maintenant à nouveau à ma portée.

Je me relevai et brossai mon armure. Il était temps de partir. « Allons-y », dis-je à mes deux alliés.

Telluris ne m'écoutait pas. Il était toujours pris par le retour miraculeux d'Aqua Magna et Bota Magna, alors je l'ai fouetté.

« Vous savez ce qui vient après », dis-je à mes deux compagnons. « Après que la fête soit finie, les Agori vont commencer à vouloir nettoyer le gâchis. Celui qui ne rentre pas dans leur petite structure sociale sera mis de côté ou piétiné. Je ne veux pas être dans l'un de ces cas ».

Metus ne semblait pas sûr de ce qu'il fallait faire. Il avait cessé de rêver il y a quelque temps. Il était atteint de la maladie. Dans quelques semaines, peut-être jours, il serait un fou furieux, mais avant cela j'avais besoin de lui. Comme il commença à glisser vers l'endroit où les Agori et les Glatorian se trouvaient, je l'ai écrasé de mon pied blindé et je le bloquai au sol.

« Penses-y », dis-je. « J'ai entendu parlé de toi. Tu crois qu'ils vont t'accueillir à nouveau ? Tu es une honte pour eux, au mieux. Ils t'ont épargné la vie la dernière fois. Montres ton visage à nouveau et ils vont faire de toi une paire de bottes ».

« Que veux-tu de moi ? » demanda le serpent, qui fut autrefois un Agori.

« Je veux savoir partout où tu as été depuis ton départ de Roxtus et tout que tu as fait. Je veux revenir sur chaque centimètre que tu as exploré. Quelque part le long de cette route il y a un indice de ce qui s'est passé pour toi et pour mon peuple, et nous allons le trouver ».

Immédiatement après la bataille de Roxtus, Metus s'était dirigé vers le nord dans les montagnes. Certaines de ces montagnes ont disparu aujourd'hui, réduit en galets par la bataille entre les deux robots. Mais il a dit que ce n'était pas avant d'avoir traversé ses montagnes que ses rêves avaient cessé, alors peut-être tout ce que je cherchais était au-delà.

Il nous montra où il avait campé, près d'un bassin. Y avait-il bu ? Non. Qu'avait-il mangé ?

« Des rongeurs », dit-il.

« Ont-ils un goût étrange de quelque façon ? » Demandai-je.

« C'étaient des rats ! » cassa Metus. « Bien sûr, qu'ils avaient un goût étrange ! »

« Il doit y avoir quelque chose ici », dis-je, en regardant autour de là, « quelque chose qui t'as infecté ».

« Peut-être que ce n'est pas quelque chose de physique », déclara Telluris. « C'est peut-être une... malédiction ou quelque chose. Quoi qu'il en soit, aucun membre de notre tribu n'aurait voyagé si loin du village, alors comment ce lieu peut en être la cause ? »

« Peut-être que ce qui a causé cette peste s'est déplacé après avoir fini son travail », répondis-je. « Ou peut-être... »

Je m'arrêtai. J'avais repéré quelque chose pas très loin, le plus souvent caché sous la tige des plantes. Il s'agissait d'une brèche dans la terre sous la forme d'un triangle rugueux, peut-être trois pieds de large à sa base. Je m'accroupis pour voir s'il y avait un trou, mais il n'y en avait aucun qu'on pouvait voir, juste un motif sculpté dans la boue et la roche.

« Regardez autour de vous », dis-jelaux autres. « Voyez si vous pouvez trouver une autre marque comme ça ». Nous avons cherché pendant un moment. Il n'y avait aucun signe d'un autre triangle sur le terrain, ni aucun signe de qui ou de ce qui aurait fait celui-ci.

Était-ce une empreinte ? La trace laissée par un dispositif mécanique ? Ou de quelque phénomène naturel que je n'avait tout simplement pas vu avant ?

Je me retournai pour demander à Telluris son avis, car il avait vu beaucoup de choses au cours de ses voyages dans le Skopio, mais il avait disparu. Metus insista sur le fait qu'il n'avait pas vu où il était allé.

J'ai suivi les empreintes de mon compagnon dans la terre molle jusqu'à ce qu'elles s'arrête au milieu d'un morceau ouvert de terrain. La poussière y était agitée, comme si quelque chose l'avait balayée.

J'entendis un bruit doux derrière moi. Je me retournai pour voir un tentacule maladif rouge couvert d'épines rampant sous le sol. Avant que je le puisse prévenir elle s'enroula autour de Metus et le tirant dans la terre. Je ne savais pas s'il fallait rire ou crier quand un deuxième tentacule apparu brièvement pour balayer la poussière de nouveau dans une visibilité normale avant que lui aussi disparaisse sous terre.

J'ai visé avec mon lanceur Thornax et ai tiré. Il fit un trou dans le sol, en envoyant une pluie de terre et de roches dans l'air. Lorsque la poussière disparut, je ne voyais aucune trace de mes deux alliés, ou de leur agresseur. Quelle que soit cette créature qui les avait pris, elle était parti.

J'étais furieux, frustré, bloqué à chaque tour. Juste au moment où j'avais trouvé le premier signe d'une réponse, elle m'a été arrachée. A tout moment, les tentacules pourrait revenir. Je n'avais aucun moyen de rejoindre Telluris ou Metus, et aucun espoir de survie si je restais. Mais si je partais... Si je partais, je ne pourrais jamais résoudre le mystère qui me harcelait. Mon peuple irait sans vengeance.

Je me trouvais, exactement sur l'endroit où Metus avait disparu. « Allons donc ! » Criai-je. « Attaque ! Traîne-moi sous terre ! Mais avant de mourir, créature, révèle-toi à moi ».

J'étais encore debout, quand trois tentacules tâtonnant aveuglément dans la terre et se sont enveloppés autour de moi. Il n'y avait même pas le temps de crier que le ciel au dessus de moi fut remplacé par de la terre et de l'argile, comme si je fus arraché du royaume de la lumière et envoyé dévaler dans un monde d'ombres.

Chapitre 4

J'étais mort. Trois énormes tentacules avaient jailli de la terre, s'étaient enroulées autour de moi, et m'avaient traîné vers ma mort. C'était la seule explication, parce que si je n'étais pas mort, alors j'étais fou, et je préférais de loin l'extinction à la folie.

Si vous aviez suivi cette chronique jusqu'ici, vous savez que moi, Telluris, et un Agori rusé appelé Metus transformé en serpent, avons recherché la cause de la peste des rêves qui avait éliminé la tribu du Fer il y a longtemps. Notre recherche ne s'était pas bien passé, en considérant bien sûr que nous étions blessé et allions finir en repas pour un monstre. Mais ce n'était pas du tout le monde de l'au delà que j'avais espéré.

Je me trouvais sur un lit de camp dans une grande chambre. Il y avait peut-être trois douzaines d'autres lits de camp, la moitié d'entre eux remplis d'Agori blessés ou malades. De temps en temps une Agori de l'Eau s'approchait, apportant de la nourriture et à boire à mes compagnons. Quand elle remarqua que mes yeux étaient ouverts, elle laissa tomber son plateau et s'affola.

« Sahmad, vous êtes éveillé ! » dit elle, souriante.

Les Agori ne me sourient pas. Ils ricanent, ça oui. Me maudissent, certainement. Me crachent dessus même à l'occasion. Mais me sourire, jamais.

Par conséquent ma conviction était que si je n'étais pas mort, j'étais dans une sorte d'asile.

J'essayai de m'asseoir en me redressant. Mon corps refusa de coopérer.

« Où suis-je ? » demandai-je.

« La chambre du guérisseur, » répondit-elle. « Nous pensions que vous ne vous réveilleriez jamais. »

« Laissez-moi reformuler ma question, » dis-je. « Où suis-je ? »

« Où ? » Une lumière naquit dans ses yeux, « oh, naturellement vous ne pourriez le savoir. C'est la ville de Nouvelle Atero sur Bota Magna. Vous avez été trouvé au nord de Bara Magna et ils ont pris soin de vous comme ils pouvaient là-bas jusqu'à ce que les choses soient prêtes ici. »

Oui, elle était folle. Il n'y avait aucune Nouvelle Atero, certainement pas sur Bota Magna. Et s'ils m'avaient trouvé, ils auraient trouvé mes deux compagnons, mais je ne les avais pas vu ici non plus.

« Telluris, Metus, ils voyageaient avec moi. Où sont-ils désormais ? »

Ma nouvelle amie dérangée sembla gênée. « Nous n'avons jamais trouvé Telluris. Metus a survécu pendant quelques mois, ils ont même employé le masque pour le transformer de nouveau en Agori, mais il n'a pas aidé. Je suis désolé. »

« Je suis surpris que cela te tracasse, » dis-je. « Tous trois n'étions pas vraiment populaires auprès de la plupart des Agori. »

« C'était il y a longtemps. »

J'identifiai cette voix. Elle était un peu plus vieille, un peu plus sèche, mais elle appartenait à Kiina, Glatorian de l'eau. Assez sure, elle était là, son armure marquée par les batailles et son bras gauche paralysé pendant le long de son corps.

« Vraiment ? » dis-je. Je ne pensais pas qu'il y avait une date d'expiration pour la haine.

« Beaucoup de choses ont changé après la chute des Skrall, » répondit Kiina. « Tu as tout manqué. Tu as été dans le coma pendant 750 années, Sahmad. »

Il y eut alors un moment, juste un moment, figurez vous, où je me suis senti déconcerté. Je veux dire, cela pouvait être vrai. Le monstre avait pu nous avoir mâché et nous avoir recraché. Quelqu'un pouvait nous avoir trouvé Metus et moi et nous avoir maintenus en vie. Tous les Agori et Glatorian pourraient vivre comme frères et sœurs dans une magnifique nouvelle ville, prête à accueillir même des survivants de la Tribu du Fer dans leurs bras.

Et le fruit de Thornax pourrait avoir le goût de la viande de Skopio bouillie, et les Grands Êtres pourraient distribuer des paniers d'implants en cadeau, mais je n'étais pas prêt à croire cela non plus.

Je me suis dégagé hors du lit de camp, ignorant les protestations de mon corps. L'Agori me remit un bâton que je pouvais utiliser pour m'appuyer. Elle essaya de me dissuader de quitter la chambre. Je lui ai dit que j'avais des endroits où me rendre.

Dehors, la ville était aussi fréquentée qu'un nid d'Araignées des Dunes. Agori et Glatorian allaient ici et là, agissant les uns et les autres avec d'autres êtres, grands et petits. Les étrangers semblaient de façon ou d'autre davantage semblable à des machines. Toutefois en même temps, leurs mouvements étaient trop fluides et gracieux pour être purement mécaniques.

Ma première pensée fut qu'ils feraient de bons esclaves. Je devine que les vieilles habitudes meurent difficilement.

Tout paraissait, semblait-il, et se ressentait comme étant réel, mais je savais que cela ne l'était pas. Si j'avais eu un doute avant, l'apparition de Kiina l'avait étouffé. Je me fichais de combien de temps avait passé. Elle ne viendrait jamais à mon chevet excepté pour me poignarder.

Et 750 ans n'étaient pas suffisants pour effacer plus de 100 millénaires de soupçons, craintes, et de dégoût. Quelqu'un voulait que je pensât que c'était un monde tout neuf. Mais dans mon cœur, je savais que c'était le même vieux monde. Plus mauvais, même. Avant il y avait quelqu'un à combattre. Qui combattez-vous lorsque l'ennemi a été prédisposé à rester caché ?

Alors que je voyais tout le monde autour de moi vaciller dans le plus grand bien, je continuais à penser, de qui était-ce le rêve ? Ce n'était certainement pas le mien. Mes semblables étaient morts. Ils ne pourraient pas apprécier toute cette paix et ces bons sentiments, et s'ils ne pouvaient pas en tirer bénéfice, je ne le voulais pas non plus. J'aurais juste vu la Nouvelle Atero fonctionner de la même façon que la vieille Atero.

Je me demandais comment tout ceci était arrivé quand j'aperçus le bout d'une armure familière. Le métal arborait les couleurs de la Tribu du Fer d'aujourd'hui, après la peste. D'accord, je l'admets, à présent j'étais intrigué. Était-ce censé être un quelconque survivant qui faisait son chemin en ville et qui avait trouvé le moyen d'être accepté ? S'il y en avait un dans cette allusion, pourrait-il y en avoir plus ? Je me suis demandé : y avait-il une once de vérité dans tout ceci ? Est-ce que le fait qu'un membre de le Tribu du Fer paraissait dans cette illusion, signifiait qu'il était vraiment vivant quelque part ? Est-ce que c'était le but de ceci, afin de me guider vers d'autres survivants ?

Je commençais à courir, poussant à ma façon les Agori et leurs amis mécaniques. Je tournai à un angle et remontai en direction du centre d'un marché. Des tables exposaient des armures, de la nourriture, des tissus, des morceaux d'art. Je repérai ma proie à l'extrémité lointaine de la place, se transformant en petite rue. Je continuai à me déplacer, passant par dessus les présentoirs et la colère provoquée tout autour. Ackar, un Glatorian de Feu, essaya de m'arrêter, mais il était trop vieux et trop lent.

Je pris l'angle à toute vitesse et fut arrêté en dérapant tout droit dans la terre molle. Un membre de la Tribu du Fer se tenait au centre de la rue, pointant avec précision un lanceur Thornax sur ma tête. Mais ce n'était tout simplement aucun de mes frères. C'était la femme que j'avais aimé, qui est morte de la peste des rêves il y a plus de cent mille ans. Je commençai à prononcer son nom. Elle enclencha son arme. Le Thornax fonça vers moi. Je sentis un impact contre mon casque, vis un flash de lumière, entendis le hurlement sourd d'une explosion, et je fus alors mort. À nouveau.

L'obscurité devint lumière. J'étais de retour dans la chambre du guérisseur. Cette fois, il n'y avait aucune Agori d'eau, aucune Kiina, aucun Agori d'autres tribus dans des lits de camp. Tout ce que je vis était un Agori de Fer. Le soigneur cessa de me regarder. Les patients s'assirent dans leurs lits et ils parlèrent tous immédiatement de la même voix.

« Nous pensions que vous seriez plus fort, Sahmad. Mais vous étiez juste aussi faible que Telluris, Metus, et tout le reste. Toutefois, nous pouvons prendre un certain confort. Les âmes faibles ont un bon goût, après tous. »

Chapitre 5

Il y a des jours où vous ressentez l'impression d'avoir des armes braqués sur vous. Il y a des jours où vous savez que même ton meilleur ami, si vous en avez un, vous désignerait à un Skopio pour être son repas.

Je vivais l'une de ces sensations. Laissez-moi m'expliquer.

J'étais assis dans l'illusion d'une tente de guérisseur en face d'un groupe d'Agori qui n'étaient pas vraiment là, mais ils parlaient d'une même voix. Et ils ne me souhaitaient pas la bienvenue, ils parlaient de... disons qu'ils étaient bon à formuler des menaces. Avais-je peur ? Bien sûr. Mais comme quand vous pouvez prendre un fruit Thornax et en faire une arme, vous pouvez prendre la peur et la changer en haine. La peur est une pierre sous laquelle vous pouvez vous cacher. La haine est une pierre que vous pouvez lancer.

« Vas-tu te montrer ? » Demandais-je à mon hôte invisible. « Ou vas-tu continuer à parler à travers tes faux Agori ? »

Un rire se fit entendre. On aurait cru à un cristal se faisant détruire et s'éparpiller sur le sol.

« Tu penses que les êtres que tu voies sont un produit de mon imagination ? » Répondit mon ravisseur. « Regardes encore une fois. »

Les Agori miroitaient, s'effaçaient, puis à leur place se trouvèrent les Sœurs des Skrall, sans doute une douzaine. Je commençais à regretter ma question. Je savais ce que les Sœurs pouvaient faire à votre cerveau. Mais il y a un proverbe, « Ce n'est pas en trempant ton orteil que tu traverseras le Fleuve des Skrall. »

« Alors les Sœurs travaillent pour toi ? Sont-elles responsables de ce qui est arrivé aux Agori du Fer à propos de la peste du rêve ? »

Le rire ce fit entendre encore une fois. Je commençais à haïr ce son. « Les Sœurs sont des petites idiotes, » me répondit l'inconnu. « Elles croient que c'est un Grand Être qui leur a donné leur pouvoir psychiques. C'était moi qui leur ai offert le pouvoir psychique qu'elles contrôlent. J'avais pensé que ce serait amusant de les voir détruire les mâles de leur espèce. Mais, comme toi, elles sont faibles et elles s'étaient laissé bannir. Elles n'avaient pas l'ambition de conquérir, maintenant elles n'ont plus aucune ambition. »

« Et c'était ça la peste, juste une de tes expériences ? » Demandais-je.

Les bouches des Sœurs s'ouvrirent, et la même réponse en sortit. « Expériences ? Oh non. C'était juste le repas. »

Les Sœurs des Skrall tombèrent au sol, comme si leurs jambes ne pouvaient plus les supporter. Une lueur apparut proche d'un des murs éloignés et grandissait de plus en plus. Mon ravisseur faisait son apparition. J'allais faire face à l'être qui a décimé mon peuple.

Imaginez-vous en train de regarder le soleil, et que les lueurs rouges te brûlent les yeux, prenant la forme de choses trop hideuses. Même avec vos yeux fermés, regardant ailleurs, cela ne fait aucune différence. Vous savez que vous avez vu quelque chose et vous ne pourrez plus jamais l'oublier. Seriez-vous fortuné de rester sain, ou serait-ce votre pire chance ?

« J'ai eu faim, » dit une voix provenant de la sphère de lumière. « Et quand j'ai faim, je me nourris. Les rêves de ton peuple étaient un repas très satisfaisant. Assez pour que je n'ai pas à me nourrir avant plusieurs années. Bien sûr, une fois que j'avais fini, ton peuple n'avait plus de rêve. Mais eux, comme les rêves, ne pouvaient être manqués. »

J'avais besoin d'une arme. J'avais besoin de quelque chose pour détruire ce soleil malveillant qui grandissait. Cela remplissait la salle de lumière, mais pas de chaleur. Juste un froid glaçant qui faisait paraitre la nuit du désert comme tropicale.

« Joli lumière, » dis-je. « Plutôt pas mal pour une chose que les Grands Êtres ont crée et se sont débarrassés. C'est ce que tu es, non, un autre de leur projet raté ?»

La lumière brilla davantage. Une tentacule cramoisi sortit de la sphère. J'ai évité de justesse d'être attrapé.

« J'existai avant même que les Grands Êtres naissent, » dit la créature. « J'ai ressenti leur arrivée et je me suis demandé s'ils ne seraient pas une menace. J'ai aussi essayé de les rendre fou, mais leurs pensées sont... étranges. Leurs pensées se sont nourris de la mienne. Ils ont pris mes rêves et cette énergie leur a donner l'inspiration de faire de plus en plus de création, et j'ai été forcé de me caché et d'attendre dans les abîmes de Spherus Magna.»

Se cacher et attendre, pensais-je. Et en attendant, il eût faim. Et les Agori en ont payé le prix.

J'entendis des bruits derrière moi. J'ai jeté un coup d'œil et je vis Metus et Telluris courir vers moi. Ou était-ce eux ? La dernière fois que j'ai vu Metus, c'était un serpent. Maintenant il marchait sur deux jambes, comme tout les autres Agori, et n'avait rien de serpentin.

« Rêves, » dit la créature, dont la lumière remplit la salle. « Est-il un serpent qui rêve d'être un Agori, ou un Agori qui rêve d'être un serpent ? »

« Viens ! » dit Telluris. « On doit sortir. »

Je l'avoue. J'hésitais. Je n'étais pas sûr si mes alliés étaient vrais ou si c'étaient mon imagination. Mais le temps que je réfléchisse, les Sœurs des Skrall s'étaient relevés et se dirigeaient vers nous. Alors nous courûmes, un compagnon Agori de ma tribu et un Agori qui n'était pas supposé en être un. Nous courûmes à travers les tunnels qui semblaient faire des kilomètres, nous courûmes jusqu'à ce que nous voyions la lumière de la surface. Telluris nous forçait à continuer. À la surface, à la lumière du soleil, tout ira pour le mieux. Nous laissâmes nos peurs derrière dans les ténèbres et trouvâmes un moyen de bannir leur source pour toujours. Tout ce dont nous avions besoin, c'était d'arriver à la lumière. Et nous y arrivâmes. Nous montâmes jusqu'à la surface, jusqu'à la lumière de l'aube de Spherus Magna. Pour le moment nous étions en sécurité.

Seulement ce n'était pas l'aube. C'était la nuit. Et a lumière que nous voyions, la lumière vers laquelle nous courûmes n'était pas le soleil. C'était la chose. La créature que nous essayions de fuir était à la surface, était libre de tout ce qui le forçait à rester sous terre si longtemps. Et je savais qu'elle avait faim.

Chapitre 6

Il y a longtemps, je suis tombé sur un nid de Sangsues du Désert. Vous n'en avez peut être jamais vu, de ces choses dégoûtantes. Elles vivent sur les plafonds des grottes, et c'est là qu'éclosent les bébés. Ensuite, elles s'abattent sur vous, s'attaquent à n'importe quelle chaire exposée, et se nourrissent de votre énergie vitale. Quand vous êtes sous un nid, la première chose que vous ressentez est la colère.

« Comment pouvais-je être si stupide pour marcher dans une caverne sans lever les yeux ? »

Et là, l'horreur vous frappe, vous ôtant tout courage, vous faisant flageoler vos jambes et bras, votre esprit se serre comme poing.

C'est le pire sentiment que vous pouvez imaginer. Et c'est ça que j'ai ressentit quand j'ai vu la chose, qui avait annihilé mon peuple, se manifester à la surface de Spherus Magna. Je pouvais l'entendre beugler son triomphe dans ma tête. Je pouvais l'entendre hurler son nom, « Annona », se réjouissant d'être libre après tant d'années sous terre. Elle avait seulement peur des Grands Êtres, et la dernière fois où j'ai pu le vérifié, aucun Grand Être n'était aux alentours.

Ce n'était pas une bonne nouvelle. Je regardai mes compagnons. Telluris n'avait jamais été très alerte, et cette expérience ne fut pas loin de le rendre catatonique. Metus était un escroc avide, un traître qui avait été métamorphosé en serpent par ce Mata Nui, l'individu avec une épée magique ou autre chose. À présent, il est à nouveau capable de marcher sur deux jambes.

« Que faisons-nous ici », disait-il, « Nous devons fuir. »

Je secouai la tête.

« S'enfuir où ? Penses-tu vraiment qu'il y a un quelconque endroit que cette chose ne pourrait pas suivre ? Tout ce que nous ferions nous fatiguerait, mais serait facile pour elle. »

« Je prendrai mon Skopio », bredouilla Telluris se référant à la machine de guerre.

« Ton Skopio n'est qu'un tas de ferraille. » dis-je, « Il n'est pas plus grand que lorsqu'il était intacte. Non, nous allons avoir besoin de plus que ça, le genre de chose qui transforme les Agori en serpents. »

Metus me regarda comme si j'étais fou.

« Annona ne le fait pas. Mata Nui ne désirait pas que je reste en permanence sous forme de serpent, je pense. Ou peut être que quelque chose lui est arrivé, je ne sais pas. J'ai été d'un coup de retour dans mon vrai moi. Même si j'avoue que j'ai toujours une envie de rongeurs. »

Grâce à tout ça, l'éclat d'Annona continua à devenir plus grand et plus lumineux. Il ressemblait à une étoile, une Étoile Rouge, bien que je ne puis me rappeler avoir vu une étoile avec des tentacules auparavant. C'était une reconnaissance, je suppose que c'est le meilleur mot pour cela. Il se nourrit de rêves.

Il recherchait un peuple, pour prendre l'énergie des rêves des habitants, et je ne sais pas comment l'arrêter. Il est possible qu'il ne puisse pas être arrêté.

Je l'ai senti faire une pause. Il avait compris que de la 'nourriture' l'attendait. Où ? Serait-il retourné dans le désert de Bara Magna, où avait eu lieu une campagne d'aide entre Agori pour le village de Bota Magna ? Sa portée pouvait-elle s'étendre même à d'autres mondes ?

Tout ce que je savais, c'est qu'un peuple était au menu, et qu'il avait été mis en garde, sinon il terminerait comme la tribu du Fer. Annona réagit vivement, et se préparait pour son prochain repas. Je commençai à courir.

« Allez ! », criais-je, « Il ne partira pas sans nous. »

« Tu es fou », dis Metus, « Je ne vais nul part où cette chose est à proximité. »

« Telluris, viens » répondis-je, « Cette chose coure après ton Skopio, tu dois l'arrêter. »

Cela suffit à motiver Telluris, mais Metus était figé sur place.

« Tu es juste au milieu de nul part, sans armes, sans aucune idée de comment rentrer à la maison, et aucun endroit où aller. Pourquoi devrais-tu venir avec nous ? Après tout, tu as beaucoup à perdre. »

Metus réagit et vint vers nous en courant. Ensemble, nous sautâmes dans la sphère scintillante d'Annona, même si elle clignotait d'instabilité. La prochaine chose que je savais, c'est que j'allais me noyer. Par pur instinct, je donnai un coup de pied dans ce que j'espérais être la surface. Ma tête jaillit de l'eau, et j'ouvris la bouche pour respirer. Quand j'eus à nouveau repris mon souffle, je regardai aux alentours, abasourdi.

J'étais sur Aqua Magna, Metus et Telluris étaient à proximité, haletant d'étouffement. En face de nous, à environ une cinquantaine de mètres, se trouvait une plage, et au-delà, des falaises rocheuses. Une forteresse était perchée en haut de cette falaise, brillante au clair de lune, pleine de défense, et au regard imprenable.

Et il y avait Annona, montant vers la forteresse. Je n'ai jamais vu cette forteresse, donc pas non plus qui s'y trouvait ou qui y vécu. Mais je savais qu'ils seraient tous morts si Annona l'atteignait. Nous nageâmes alors vers la plage, et grimpâmes tant bien que mal les falaises. Annona n'avait pas remarqué, ou si elle le savait, ne s'en souciait même pas. Cependant, je savais que nous n'attendrions jamais le sommet avant elle. Notre combat était terminé avant même d'avoir commencé. Effectivement, Annona disparut avant même que nous atteignons le sommet, compte-tenu notamment du fait que Metus est un très mauvais grimpeur.

La vue que nous avions en atteignant la forteresse était cauchemardesque. D'étranges guerriers, lourdement armés, puissants, avec comme un sourire collé sur leurs visages, se battaient à l'air libre. Annona avait détourné leur attention avec des illusions, tout comme elle l'avait fait pour nous. Maintenant, elle se dissimulait et s'alimentait jusqu'à ce que ces guerriers, comme d'autres, furent morts. Son éclat se déplaçait vers les lourdes portes de la forteresse.

Rien n'était debout devant elle. Rien, je veux dire jusqu'à l'explosion des portes qui s'ouvraient de l'intérieur, et quelque chose qui sortait de la nuit. Le nouveau venu était grand de douze pied, avec une peau dorée, et des muscles saillants. Ses yeux et son visages étaient presque reptiliens, et regarda Annona par les fentes étroites de ces yeux.

« Je suis venu pour me nourrir. », dit Annona, « Capitule. »

L'être doré sourit.

« Tu te nourris de rêves, et nous n'existerions pas sans eux. Ils te servent de nourriture, mais tu nous les prends et les rends réels. Et ainsi, tu conquiers et asservis. Et de ce fait, il apparaît que tu es destiné à souffrir de cette faim cette nuit. »

Annona devint plus brillante, c'était aveuglant. Je ne pouvais plus voir désormais, seulement entendre sa voix et celle de son nouvel adversaire.

« Et qui me refusera mon festin ? » questionna Annona, « Vous, un amalgame pitoyable de races inférieures, bandits, voleurs, et, oui, que l'on croyait mort ? Une expérience sans espoir. Vous contre moi ? »

Je ne sais pas avec certitude ce qu'il s'est passé ensuite. J'entendis un bruit, comme si le ciel s'était éventré. Le sol tremblait violemment en-dessous de moi, puis j'entendis des cris. L'Être d'Or dit tout simplement :

« Oui, créature. Je te résisterai. »

Chapitre 7

Je suis déjà allé sur les côtes d'Aqua Magna une fois au cours ma vie, quand j'avais encore une vie - et une tribu, des amis, l'amour. J'étais là-bas pour tracer une route commerciale. Venant des montagnes, je n'avais jamais vu autant d'eau auparavant. Même si la côte était rocheuse et désolée, ça ressemblait toujours à la chose la plus incroyable, et d'une certaine façon la plus terrifiante, que j'ai vue de toute ma vie.

Depuis lors, j'ai vu mon peuple exterminé, ma planète fracassée, et un millier d'autre chose qui ferait des cauchemars de la plupart des gens de paresseuses rêveries. Mais je... je n'avais jamais vu quoi que ce soit ressemblant à ce que j'étais en train de voir.

Annona, tout écarlate et brillant fortement, était à l'agonie. Des lances de roches étaient soudainement surgies du sol et avaient percé l'être d'énergie et le firent se tordre de douleur. Comment de simples roches pouvaient affecter quelqu'un d'aussi puissant, je ne le savais pas. Mais peut-être que ça avait quelque chose à voir avec l'être qu'il combattait.

L'être doré n'avait pas de nom, du moins aucun que je connaisse, mais j'avais appris énormément sur lui ces derniers instants, tandis qu'il regardait son ennemi dépérir. Il était fait d'autres êtres, d'une espèce dont je n'avais jamais entendu parler auparavant ; il parlait de lui en utilisant « nous », ce qui était assez terrifiant. Mais sa discussion avec Annona était simple à voir.

« Les rêves de mon peuple m'ont donné la vie, » dît l'être doré, « et en retour, je fais en sorte que leurs rêves deviennent réalité. Et ils rêvent de ta mort, Annona. »

« Je sais tout cela, » répondit Annona. « Pourquoi penses-tu que je t'ai attaqué ? Les rêves sont ma nourriture et ma boisson. Avec eux, je suis le pouvoir. Sans eux, je ne suis rien. »

L'être doré haussa les épaules et se détourna. Ceux qui l’accompagnaient, les guerriers qui avaient combattu les images vides de substance invoquées par Annona, firent de même. Evidemment, Annona était trop occupée à mourir pour maintenir ses illusions.

« Qui tu es ne fait aucune différence pour moi, » dît l'être doré dédaigneusement, « du moment que tu es morte. »

Pendant un court moment, j'ai ressenti de la satisfaction. La créature qui avait détruit ma tribu allait mourir, et si ce n'était pas de ma main, il semblait quand même que justice avait été faite. J'aurais dû mieux le savoir.

Autour de l'être doré, ses guerriers commencèrent à se séparer. Certains tombèrent à genoux, certains redoublèrent de folie, d'autres préparèrent leurs armes et avancèrent vers leur chef. Pris au dépourvu, je remarquais que le pouvoir de l'être doré s'affaiblissait. Annona arracha les pics pour se libérer, un éclat de rire émanant de son coeur.

« J'ai toujours préféré manger mes repas lentement, » dit-elle. « Je n'avais jamais essayé de consumer toute l'énergie de rêve latente dans des êtres d'un seul coup. Mais je vois que le résultat est le même. La folie. Maintenant, mon ami, je crois que le sujet de la discussion en cours était est la mort imminente ? »

L'être doré semblait terrifié. Je n'aimais pas cela du tout. Derrière lui, sa forteresse commençait à trembler et devenir floue. Pire, il y avait... des choses... qui apparaissaient aux fenêtres. D'autres ondulaient ou rampaient sur le relief du terrain.

« Toi... imbécile ! » cria l'être doré. « Tu ne comprends pas. Je donne vie aux rêves, même aux rêves des fous. Te rends-tu compte de ce que cela signifie ? »

Je m'en rendais compte. Tout à coup, j'étais parti me promener dans la tête de mon ami Telluris - le sol flamboyait, la forteresse était en fusion, et de même pour les guerriers... Je ne suis pas malade facilement mais les rêves des dérangés sont des choses vraiment horribles.

Annona devenait de plus en plus brillante. Je doutais qu'elle ait déjà eu autant d'énergie en elle. Comme si elle n'était pas déjà assez dangereuse avant, elle semblait prête à incinérer quiconque s'approcherait de trop près. J'aurais voulu fuir vers l'océan en courant et parcourir toute la planète à la nage, mais je savais qu'il n'y avait aucun endroit en ce monde qui soit sûr.

Quelques uns des guerriers réagirent à l'approche d'Annona en levant leurs armes et en chargeant. Ce fut la dernière mauvaise idée de leur vie. La forteresse avait complétement disparu désormais ; l'horizon était plein de choses incroyables, la plupart quasiment informes, certaines avec des formes que l'on pouvait toujours voir en fermant ses yeux.

L'être doré battait en retraite vers eux mais il perdit l'équilibre et glissa. Ça serait fini dans quelques minutes. C'est alors que Telluris craqua : il se rua hors de notre cachette, criant et agitant une branche qu'il avait ramassée sur la plage. Il se dirigea droit vers Annona.

Si c'était un conte, Metus et moi aurions risqué nos vies pour essayer de le stopper. Mais ce n'est pas un conte. Pas un de ce genre, en tout cas. Et aucun d'entre nous ne voulait mourir pour Telluris. Il n'en valait pas la peine. Je ne suis pas sûr que quelqu'un la vaille.

Je lui accorderais qu'il arriva à la bonne distance pour frapper Annona, mais ce fut tout ce qu'il fit. Il mourut au milieu d'un cri. C'était une façon stupide, inconsciente et idiote de s'en aller, et j'étais sur le point de la répéter, mais je ne prévoyais pas de mourir aujourd'hui. Ensuite, il y avait un vieux dicton, « Si tu veux que les Grands Êtres rient, dis-leur tes plans. »

Ça reposait sur le fait que l'être doré avait le pouvoir de battre Annona s'il avait la chance de l'utiliser. Cela signifiait distraire mon ennemi pendant quelques moments. Je pensais que je voyais une façon de faire ça. Les seules choses que l'être doré avait créé et qui était encore intacts étaient ces pics de roches. Je ne savais pas pourquoi ils avaient été capables de blesser Annona, peut-être quelqu'un avait-il rêvé qu'ils le pouvaient, mais c'était le cas. Et ils allaient le blesser encore une fois.

« Viens ! » dis-je à Metus. « Nous devons casser un de ces pics. »

« Es-tu fou ? » répondit-il, comme c'était prévisible. « Je ne sors pas d'ici. »

Je posais ma main fermement sur son épaule.

« Tu te souviens quand tu étais un serpent ? » lui demandais-je. « Tu te souviens comment tu te sentais ? »

« Bien sûr, » dit Metus.

« Et bien je peux faire en sorte que tu te sentes encore plus mal, et je n'ai pas besoin d'épée magique pour ça, » grondais-je. « Maintenant, viens ! »

Ensemble, nous courûmes pour cela, évitant des guerriers fous et espérant qu'Annona était trop enivré de pouvoir pour nous remarquer. Nous arrivâmes au niveau des pics sans problèmes, mais ensuite ce cher Metus pointa du doigt un petit problème.

« Ils sont en roche solide, » dit-il. « Comment sommes-nous supposés les casser ? »

J'étais tenté de lui suggérer d'utiliser sa tête. À la place, je remarquai qu'un des pics avait été affaibli quand Annona s'en était arraché pour se libérer. Avec l'aide de Metus, je l'ai brisé net. Ce n'était pas une très longue arme, mais la partie pointue était intacte, et c'était tout ce qui m'importait.

« Tu restes ici, » ordonnais-je à Metus. « Si j'échoue, essaye d'en casser un autre et essaye toi-même. Qu'est-ce que je suis en train de dire, tu vas t'enfuir en courant dès que mon dos sera tourné. Très bien, si je meurs, ne dis à personne comment. Je ne veux pas que les gens pensent que j'étais aussi fou et idiot dans mes derniers instants. »

Je saisis le pic et courus. Tandis que je m'approchais d'Annona, je me rendis compte que je devais fermer mes yeux pour ne pas être aveuglé, et je le fis donc. Dès que la chaleur devînt insupportable, je sus que j'étais aussi près que je pourrais l'être. Je me tournais légérement et envoyais le pic aussi fort que je le pus. J'entendis un sifflement, puis j'entendis un cri.

Vous savez, un cri peut être un son délicieux si c'est la bonne personne qui le fait. Je reculais jusqu'à ce que je ne sente plus la chaleur. Je saisis ma chance et ouvris un oeil. Annona avait arrêté d'avancer. Le pic de roche était... enterré... près d'un de ses tentacules d'énergie qui rejoignaient son corps principal. Il était positionné juste de la bonne façon pour que ses tentacules ne puisse pas l'extraire. Ce n'était pas un coup fatal, loin s'en faut, mais il l'avait ralentie.

C'était alors que je vis l'être doré. Il regardait droit vers moi. D'une certaine manière, je pouvais entendre ce qu'il me disait même s'il était trop loin. Ensuite, je sus quoi faire.

Ces deux puissantes entités se développaient grâce au rêve. Et dans mon rêve, personne sur Spherus Magna, personne dans aucun monde, nul part à proximité, ne pouvait rêvé ou souhaiter ou espérer. Je rêvais qu'il n'y avais plus de rêves. J'ouvris à nouveau mes yeux et je le sentis : l'absence, le vide laissé par l'arrêt des rêves. C'était ce que ma tribu avait senti juste avant de mourir. Mais cette fois, l'énergie n'était pas allée à Annona, elle n'était allée nulle part. Elle avait juste cessé d'exister. L'être doré avait rendu le dernier rêve réel.

Je le vis vaciller. Je vis Annona s'emporter. Soudainement, elle sut que même si ellel avait gagné aujourd'hui, il n'y aurait plus de repas. Elle serait piégée sur Spherus Magna tandis que ses habitants deviendraient fous et mourraient, mais elle serait affamée bien longtemps avant que le dernier Agori ne périsse.

J'espérais qu'Annona enragerait et crierait ; au lieu de ça,elle oscilla juste dans les airs et parla directement à l'être doré.

« Tu as fait ça, » dit-elle. « Pourquoi ? »

« Peut-être... parce que les monstres appartiennent aux rêves plutôt que les rêves aux monstres, » répondit l'être doré. « Ou peut être... que je voulais juste que tu meures. »

Il y eut un long silence. Ensuite Annona dit : « Un marché. »

« Quelle sorte de marché ? »

« Un rêve, d'un autre monde remplit d'autres êtres où je pourrais vivre et me nourrir. Ton empire sera sauf et je serais repue. »

L'être doré réfléchit à la proposition pendant un moment puis dit : « J'accepte. »

Je commençais à protester puis quelque chose me fit arrêter. Je me rendis compte que j'aurais pu rêvé qu'Annona cesse d'exister avant, mais je ne l'avais pas fait. Peut-être parce que je savais que ça ne marcherait pas. Si l'être doré pouvait éliminer Annona aussi facilement, il l'aurait déjà fait. Il y avait ici une seconde chance de le faire, et de le faire avec un certain style.

« Sahmad fera le rêve, » dit l'être doré.

« Non, » répondit Annona. « Je ne suis pas d'accord. »

« Je t'ai donné ma parole, » dit l'être doré. « Sahmad n'oserais pas violer cela. »

Il avait raison. Je n'avais pas besoin de violer ça. J'allais donner à Annona ce qu'elle avait demandé. Je fermais mes yeux. J'imaginais un monde vert et luxuriant, un paradis. Là, j'imaginais Annona libre de se nourrir du contenu de son coeur. Et j'imaginais une population pour se nourrir, tout les individus étant des êtres juste comme Annona. Elle se nourrirait d'eux-mêmes et en un an, il n'en resterait plus.

J'ouvris mes yeux et regardai Annona qui s'évaporait.

« Je t'ai eu, » dis-je.

Quand elle fut partie, l'être doré m'approcha.

« Tu aurais pu rêver que je cesse également d'exister, je suis surpris que tu ne l'ai pas fait. »

Je le regardai de haut en bas. C'était quelqu'un d'étrange, et probablement trop intelligent de moitié, mais pour le moment...

« Tu n'es pas mon problème, » dis-je. « Cette chose l'était, et maintenant elle ne l'ai plus. Alors suivons des chemins séparés. »

« Pour le moment, » dit l'être doré. « Après que tu aies rendu le don de rêver au monde. »

« Et que tu m'aies rendu mon pouvoir, » dis-je. « Tout à fait d'accord. C'est fait. »

« Tu entendras encore parler de moi, tu sais, » dis l'être doré. « Je ne me contenterais pas de ce bout de terre pour toujours. »

« Fais moi savoir quand toi et ton armée viendront. », répondis-je. « Peut-être que je vous rejoindrais. »

J'aurais pu lui faire me construire un bateau, mais j'ai décidé de marcher. Annona était bien morte et il y avait beaucoup à faire sur Bara Magna qui vaille de se faire voir ces derniers temps. Non pas que j'allais réellement faire partie de tout ça. Metus non plus, où qu'il se soit enfui. Mais tout était bien. Si j'avais raison, il y aurait plus de troubles qu'ils ne savent comment les contenir très bientôt, et j'adorerais les voir dans la misère. Quand à moi, je me dirige au Nord, vers les montagnes. Il y a des personnes que j'avais perdues il y a longtemps à qui je pourrais finalement dire au revoir. Après cela... eh bien, ce sera entièrement une autre histoire.

Personnages

Diffusion

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TimelineNav.png 2001-2003 Mur de l'Histoire (BIONICLE.com)
2007 Rêves de Destruction | Dans l'Obscurité | Le Blog des Toa Nuva
2008 Les Chroniques de Mutran | Sombre Miroir | Fédération de la Crainte | La Guerre du Destin | Résidents des Ténèbres | Frères d'Armes | Le Blog de Takanuva
2009 L'Empire des Skrall | Le Règne des Ombres | L'Énigme des Grands Êtres
2010 La Saga de Mata Nui | L'Épopée de Sahmad | La Quête d'Hier | Les Pouvoirs en Place