Histoires Courtes/Personne N'Est Laissé Pour Compte

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Personne N'Est Laissé Pour Compte
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Concours du Toa en Stase - 2010
Shadow-Nui

Cris. Les pleurs de douleur des Matoran souffrant autour de lui. Norik cherchait dans tous les sens mais les ténèbres étaient impénétrables. A chaque fois qu'il essayait d'allumer un feu pour le guider, il était rapidement éteint. Les ombres convergèrent vers lui, augmentant lentement la pression, chassant l'air de ses poumons. Les ténèbres prirent vie, une entité vivante ne cherchant que le mort de ce Toa. Soudainement, la présence démoniaque disparut en même temps que les arbres, les rochers, les cris, et, certainement le plus important, le sol. Norik tomba dans l'abysse, une chute libre perpétuelle et éternelle, pour toujours en train de tomber, tomber, tomber...

Norik se releva et s'assit, prit une inspiration, et invoqua rapidement un feu, révélant les alentours. Les arbres et les rochers étaient toujours là, et bien que les seuls sons audibles étaient les chants des oiseaux nocturnes et le vent faisant bruisser les feuilles, les cris continuaient à résonner au fond de son esprit. Il prit une profonde inspiration.

« VARIAN ! », cria-t-il. Un masque azur apparut à coté de lui.

« Tu m'as appelée ? », demanda-t-elle innocemment. Norik la regarda simplement.

« Combien de fois t'ai-je dit de NE PAS faire ça ? », demanda-t-il. C'était un peu une question, et beaucoup un avertissement.

Elle grimaça. « Si je n'avais pas la pleine et entière attention de l'auditoire, j'aurais été insultée par cette question. 288, sans compter la fois où c'était l'expérimentation Xian. »

Norik ne dit rien, continuant ostensiblement à la regarder.

« Quoi, tu t'attendais à ce que je compte aussi ceux vieux de plus d'un an ? Je ne peux pas compter autant. »

***

Ils campaient sur une plage du continent Nord depuis plusieurs jours maintenant, attendant un contact. Quelques semaines plus tôt, ils avaient été contactés par un groupe de Matoran, agissant comme émissaires de leur Turaga. Trois des Toa locaux avaient disparus dans la nuit, même si un quatrième était resté, seul. Le Turaga suspectait une trahison et envoya plusieurs Matoran chercher du renfort. Norik et Varian étaient impatients de refuser l'appel et de retourner avec leur groupe sur leur île. Ils leur fut demandé d'attendre quelques heures en dehors du village, au cas où quelqu'un, ou quelque chose, aurait prit les Toa pour cible et continuait à observer. Ni l'un ni l'autre n'argumenta ; ils avaient vu trop de camarades tomber dans des embuscades. Un guide était supposé revenir un jour ou deux plus tard et les informer de la situation ; ça en faisait trois, et il ne s'était toujours pas montré, Norik commençait à s'inquiéter.

C'était au tour de Norik de monter la garde. Il lança un regard sur son amie endormi, qui était morte pour le monde. L'idée le fit sourire. Elle était tellement plein d'énergie durant le jour qu'il était incroyable qu'elle puisse dormir comme elle le faisait. Contrairement à elle, Norik ne souhaitait pas la réveiller. Non qu'il lui en veuilles à cause de cela ; c'était juste sa façon de faire. C'étaient des partenaires depuis des siècles maintenant, et il s'était habitué à son humour.

Ils avaient été des étrangers l'un pour l'autre ; origine différente, équipe différente, vie différente. Leurs groupes s'étaient rejoints pour arrêter une invasion de Protocairns et leur talent pour le travail en équipe pour régler leur compte aux étranges bêtes (et à l'invasion de Parakrekks qui suivit) mena les équipes à rester ensembles. Au fil des ans, leur nombre avait diminué mais ils étaient restés ensembles, et envoyaient des membres sur diverses missions. Norik et Varian, qui étaient alors bons amis étaient souvent envoyés ensemble aider où ils le pouvaient.

« Elle est calme, n'est-ce pas ? », dit un Toa de couleur grise. Norik se releva en vitesse et invoqua une boule de feu dans ses mains.

« Woah, calme-toi l'ami ! », dit le Toa. « Ce n'était pas mon intention de te surprendre comme ça. La force de l'habitude, je m'excuse ; mon élément est le Son. »

Norik abaissa sa main mais garda la boule de feu. « Tu es notre contact ? »

Le Toa hocha la tête. « Je suis le dernier Toa. Mon Turaga voulait venir lui-même mais j'ai insisté pour venir à sa place. Vous savez ce qui est arrivé ? »

« Juste les bases », répondit Norik. « Tes trois coéquipiers ont été enlevés dans la nuit mais tu as été laissé seul. Une idée de la raison ? »

« Plein », dit le Toa avec rancœur. « Toutes plus folles les unes que les autres, mais toutes nos pistes habituelles ont menées à rien. »

Norik tiqua. « Si tu ne peux pas m'en dire plus que ça, il n'y a pas beaucoup de chances pour que nous le puissions. »

Le Toa du Son approuva de la tête. « C'est bien ce que je pensais mais je devais essayer. Je vais vous mener au village, les amis. »

« Merci » dit Norik. « Au fait, nous ne nous sommes pas présentés ; je m'appelle... » Le Toa leva sa main pour arrêter Norik.

« Pas de noms. Ça sera plus simple comme ça. Appelle moi juste 'Gris'. »

« Je supposes que ça fait de moi 'Rouge', alors. », dit Norik.

Varian, qui s'était réveillée, se moqua. « Alors je serais 'Or' » Norik lui lança un regard de coté. Elle secoua la tête.

« Non, Norik, je ne reviendrais pas là-dessus. Tu me laisses au moins ça. Je ne serais pas 'Bleue' »

'Gris' marmonna. « 'Or' me convient. On devrait y aller - moins nous gaspillons, mieux c'est. »

Ils se levèrent et se dirigèrent vers le village.

« J'étais en train de me demander, », dit 'Gris'. « Pourquoi ne portez-vous pas d'armes ? Vous êtes si doués que ça ? »

Une expression de surprise apparut brièvement sur le visage de Norik, vite remplacée par une de compréhension. Il regarda Varian, et approuva discrètement. Varian souffla profondément ; ce qui ressemblait à des lames apparurent soudainement sur ses avants-bras, et une grosse lance apparut dans le dos de Norik. Tous les deux portaient des boucliers desquels semblait émaner de la lumière, malgré l'obscurité oppressante.

« Alors ça, », dit 'Gris', « c'est un bon truc. »

***

Les trois Toa entrèrent dans le village le matin suivant.

« C'est terriblement calme, », dit Varian, parlant fort. « Où sont les villageois ? »

« Il est un peu tôt, » dit 'Gris', bien qu'il semble quelque peu incertain. « Ils sont probablement à l'intérieur. Je vais vous emmener à nos quartiers... C'est le dernier endroit où on les a vu. »

Le groupe entra dans le bâtiment, et Varian se précipita, s'arrêtant en plein milieu de la pièce. Fermant ses yeux et ramenant ses armes sur elle, elle prit de profondes et calmes inspirations.

« Que fait-elle ? », chuchota 'Gris', ayant peur d'interrompre le rituel. Norik, qui l'avait déjà vu faire, s'épargna cet effort.

« Scanner mentalement la pièce et les environs, », dit-il. « Tu serais surpris de savoir du point auquel une simple recherche de ce type peut être. Ça peut révéler les illusions et repérer les divers êtres cachés dans les alentours... Parfois, les plus petits détails sont les plus importants. »

Les yeux de Varian s'ouvrirent brusquement.

« Sortez d'ici ! », cria-t-elle.

Le bâtiment explosa.

***

Le Chasseur de l'Ombre connu comme Rôdeur, protégé d'une armure de la couleur du sang, se moqua malicieusement. Tenant un énorme canon à plasma, il se tourna vers son compagnon, le colosse Ramasseur.

« Tu vois, Ramasseur ? Les Xians ne sont pas totalement inutiles. »

Ramasseur montra le fusil que Rôdeur portait. « Je pensais que tu t'empêchais d'utiliser des armes fantaisistes. »

« D'habitude, oui, » dit Rôdeur, pointant son arme vers Ramasseur. « Je préfère sentir mes meurtres. Les armes à longue portée sont si impersonelles. Par contre, la dévastation qu'elles causent... n'est pas loin de la magnificence. »

« La femelle est toujours à l'intérieur, » remarqua Ramasseur, ignorant le discours philosophique de Rôdeur sur l'art d'assassiner.

« Quelle honte, » tiqua Rôdeur. « Que la chasse commence. »

***

Les yeux de Norik s'ouvrirent en clignant. Il s'assit mais retomba rapidement, ses muscles criant de protestation S'asseyant à nouveau mais plus lentement, il observa les environs. Il y avait un grand feu en face de lui, crépitant intensément malgré l'air frais. C'était une position confortable - le feu était son élément, après tout. Enfin, jusqu'à ce qu'il se souvienne de ce qui l'avait causé.

« Varian ! » cria-t-il, courant vers la maison. Il se jeta les flammes de côtés avec son pouvoir, les faisant exploser sur la maison. L'intérieur était en ruines, mais, heureusement, pas touché par les incendies. Cherchant dans les débris, il trouva le haut de la tête de sa coéquipière et la dégagea jusqu'aux épaules, puis la sortit de la pièce. Dès qu'ils furent dehors, il l'allongea doucement sur le sol. Elle respirait encore mais ses yeux étaient fermés et elle avait vraiment besoin de sommeil.

Norik resta à ses côtés durant des heures, refusant de la laisser ; il était clair que quelque chose était arrivé aux villageois, et il ne pouvait pas retourner au bateau vue la chance qu'il y avait de tomber dans une embuscade en chemin. Il était en train de rechercher dans les restes d'une des maisons dans l'espoir de trouver quelque chose qui pourrait les aider quand elle se réveilla.

« Tranquille, » dit doucement Norik, « Tranquille. »

« Norik, » articula-t-elle. Elle prenait de courtes inspirations précipitées, et tremblait de tous ses membres

« Calme-toi, » dit Norik, « Tue es en sécurité maintenant. Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Je... Il... » bégaya-t-elle, butant sur chaque syllable. Elle ne pouvait pas aligner deux mots. Norik était complètement perdu et ne pouvait que la regarder tandis qu'elle essayait de parler. Réussissant finalement à retrouver sa voix, elle lui raconta son histoire :

Sa recherche mentale avait repéré deux êtres tous proches. Un examen plus approfondi avait révélé que c'étaient des Chasseurs de l'Ombre, avec une arme capable de tous les anéantir. Quand elle avait crié son avertissement, il était déjà trop tard. Augmentant ses réflexes avec son Kanohi Calix, elle attrapa Norik et le traîna hors de la pièce. Elle fut trop lente pour atteindre leur guide, cependant, et le bâtiment fut frappé par l'attaque. Malgré l'explosion, elle était restée consciente, et cherchait le Toa du Son quand les Chasseurs de l'Ombre arrivèrent. Le plus grand, celui vêtu d'une armure rouge, commença à s'approcher d'elle mais une voix retentit derrière lui, lui ordonnant de s'arrêter. La voix appartenait au Toa du Son, blessé mais toujours en vie. Il se précipita vers les Chasseurs de l'Ombre, préparant son arme. Rôdeur contre-attaqua vicieusement, le frappant et le blessant avec sa lame. Varian commença à préparer une attaque élémentaire, invoquant lentement de l'énergie mentale, pour la relâcher en un seul assaut dévastateur. Ca semblait être le bon moment ; 'Gris' avait clairement le désavantage contre le vicieux Rôdeur, qui essayait d'enfoncer ses griffes dans son corps. Rôdeur leva sa lame, la plaçant de manière à délivrer un coup fatal, et Varian se prépara à agir. Dans la fraction de seconde qui précéda le moment où elle relâcha son assaut psychique, l'autre Chasseur de l'Ombre prépara et lança un Rhotuka, droit sur Varian.

Son histoire s'arrêtait là. Dès qu'elle fut touchée, elle ne décrivit plus que des choses que seul un fou pourrait comprendre ; de violentes explosions de couleurs, un dégradé kaléidoscopique de rien. Norik reconnut le Chasseur grâce à sa description ; un ancien Matoran nommé Ramasseur, capturé et transformé en Chasseur de l'Ombre. Pour ce qu'il en savait, Norik pensait qu'il possédait un Rothuka avec la possibilité de détruire les esprits, ce qui n'était pas juste une bonne arme, mais aussi signe d'une lente agonie pour quelqu'un dont l'esprit était la meilleure arme.

« S'il te plaît Norik, » dit Varian. « Nous devons le sauver. Il est peut-être encore en vie ! On ne peut pas le laisser mourir. »

Malgré les circonstances, et malgré sa propre intuition, Norik savait qu'elle avait raison. S'il y avait une chance que 'Gris' soit en vie, il ne pouvait pas se permettre de l'abandonner à l'ennemi. Ils avaient été inconscients durant quelques heures mais il était venu avec un bon bateau ; s'il arrivait jusqu'à la mer, il devrait réussir à les rattraper.

« D'accord, » dit Norik. « Allons-y. »

Varian approuva exagérément, tenta de se lever, mais s'effondra. Norik accourut pour l'aider, mais elle le repoussa rapidement.

« Je vais bien, Norik. Je suis juste... fatiguée. »

Malgré son assurance, Norik était toujours inquiet.

« Je vais chercher dans les maisons si je peux trouver quelque chose d'utile. Tu veux bien rester assise là ? Ça ira ? »

Varian approuva. Elle semblait aller mieux, bien que toujours un peu déconcentrée ; l'expérience l'avait profondément atteinte. Norik se dirigea lentement vers une hutte sans la quitter des yeux.

Dès qu'il fut parti, elle s'assit, tenant sa tête entre ses mains. Ce qu'elle avait dit à Norik était la vérité - dans l'essentiel. Ce n'était vraiment pas une douleur physique, juste une fatigue insurmontable. En quelque sorte, c'était pire que n'importe quelle blessure, et elle en avait déjà expérimenté bon nombre. Elle tiqua. C'était difficile d'être un Toa. Elle n'était pas du genre à ignorer son destin, laisser sa destinée de côté, mais les batailles fréquentes prenaient leur dû. Elle était initialement chargée de mission d'infiltration et de reconnaissance, comme ses capacités étaient parfaites pour ce travail sensible. Ce qui n'était pas fait pour cette tâche, c'était sa personnalité. Elle adorait la liberté, et encore plus l'action. Non contente de n'être qu'un soutien, elle avait demandé à avoir des missions avec plus de chances de combattre. Leur chef, un Toa de Gravité bougon, avait initialement refusé sa requête, mais après de longues négociations, lui avait permis d'essayer. La rumeur disait qu'elle avait utilisé ses pouvoirs pour le faire changer d'avis, mais ni l'un ni l'autre ne pourrait jamais l'admettre. Elle adorait l'action mais en regardant le passé, elle s'était battue plus qu'elle ne pouvait le supporter ; forte comme elle était, elle n'était pas aussi forte pour se battre que Norik, et chaque mission la fatiguait plus. Depuis des années, elle se promettait de dire ses sentiments à Norik, mais les années passaient, et elle était toujours sur la ligne de front.

Ses pensées furent interrompue par Norik, qui portaient un objet luisant dans ses bras.

« Ce n'est pas exactement un remède à ton problème, » dit Norik « Mais je pense que ça sera utile lors de la bataille. »

« Tu sais toujours comment me faire sentir mieux, Norik. » grimaça Varian. « Qu'est-ce qui est arrivé aux Matoran ? »

Norik secoua sa tête. « Partis. Je ne sais pas ce qui leur est arrivé... Mais je pense que c'est mieux que nous ne le sachions pas. Allez, viens. On a un Toa à sauver. »

***

Comme cela faisait, il n'avait pas besoin de se dépêcher. Les Chasseurs de l'Ombre étaient juste en train de se préparer à jeter les voiles quand les Toa arrivèrent sur le bord de mer. Norik ne s'ennuya pas avec une tactique. Le temps de la subtilité était passé. Il les prévint de sa présence avec une vague de feu, suivie d'un mur de boules de feu. Ramasseur se plaça et intercepta l'attaque, protéger par son armure épaisse. Rôdeur ne prit pas une telle précaution et regardait le spectacle d'un air amusé. Même s'il avait fait attention, il n'aurait pas pu remarquer Varian, protégée par ses pouvoirs élémentaires, s'infiltrer sur le bateau.

Regardant autour d'elle, elle décida de chercher à la main. Norik ne pourrait pas retenir les deux Chasseurs de l'Ombre pour toujours. Elle laissa tomber ses protections et fit une reconnaissance des alentours grâce à ses pouvoirs mentaux, dans l'espoir de trouver le Toa du Son. Juste quand ce fut fait, elle sentit le métal froid de la lame de Rôdeur contre son coup.

« J'ai pensé que votre attaque monumentale sonnait faux, » dit le Chasseur de l'Ombre. « Mais je ne savais pas où tu étais jusqu'à ce que tu sois assez stupide pour te montrer. »

Varian ne releva pas l'insulte, préférant concentrer son énergie élémentaire pour éloigner la lame de son coup par télékinésie. Dès que la distance entre les deux fut suffisante, elle plongea et se rétablit à plus loin, faisant confiance à ses lames sur ses avants-bras. Rôdeur fit un pas de coté mais fut atteint au torse, son armure se cassant à cause de cela. Enragé, il l'attrapa avec ses griffes et l'envoya contre un mur, et la coupa de sa lame.

Leur combat les amena sur le quai. Ramasseur et Norik s'affrontaient toujours sur la plage. Ramasseur était plus puissant, mais il avait des difficultés à manœuvrer depuis qu'il avait été frappé par un Rothuka de Lenteur de Norik. Lurker envoya deux coups bien placés à Varian et la poussa par dessus bord, dans la mer. Norik fut temporairement distrait et Ramasseur prit l'avantage en tirant sur le torse de Norik avec son fusil. Le temps qu'il récupère, le bateau se trouvait à plusieurs kios, et Varian s'extrayait de l'eau, ayant l'air franchement mécontente.

« Je voulais nager, mais ce n'était pas tout à fait ce que j'avais en tête, » se plaignit-elle. « Que fait-on maintenant ? »

« Maintenant, » dit Norik « C'est le moment où l'action commence. On prend le bateau. »

Ils rattrapèrent les Chasseurs de l'Ombre plus tôt qu'ils ne s'y attendaient. Leur bateau était gros, et bien armé, mais il était lent. Le bateau de Norik était, en comparaison, petit, et rapide. Ils talonnèrent leurs ennemis pour un petit temps, mais un Kanoka leur fit remarquer qu'ils ne pourraient pas rester derrière eux très longtemps.

Norik lança un regard à Varian. Ce qu'elle allait faire était incroyable, risqué, et potentiellement suicidaire - encore pire, ça reposait entièrement sur elle. Ils n'avaient pas beaucoup d'autres options, et c'était celle-là qui avait le plus de chance de réussir. C'était faire ça ou mourir ; il était temps qu'ils commencent à jouer.

A l'aide de ses mains et de son esprit, Varian enveloppa le vaisseau des Chasseurs de l'Ombre d'énergie télékinésique. Massif comme il était, l'inertie du bateau le faisait continuer son chemin, surpassant ses pouvoirs qui ne le faisaient même pas ralentir. Ils avaient anticipé cela. Les pouvoirs de Varian étaient déjà diminués et ç'aurait été un challenge pour n'importe qui. Heureusement, il avait une solution. Norik apporta l'objet qu'il avait trouvé dans le village : un masque ornementé, avec un sablier autour de la bouche et de petites aspérités.

Le Kanohi de l'Énergie Élémentaire.

Il le tendit à Varian. Immédiatement après qu'elle l'ait mis, elle sentit un apport d'énergie pure courir dans son corps, revitalisant ses pouvoirs. Ce n'était pas suffisant pour supprimer sa fatigue, mais cela agit comme un stimulant, lui donnant un coup de fouet nécessaire. Réessayant, elle envoya son énergie élémentaire des deux mains vers le bateau. Le bateau résista et grinça mais finit par ralentir puis à s'arrêter.

A distance, Varian remarqua les visages de Rôdeur et Rmasseur émergeant sur le pont pour trouver la raison de l'arrêt de leur bateau. Elle grimaça. Parfait. Courant jusqu'à la proue du bateau de Norik, elle utilisa son Calix pour ralentir le temps et parcourir la distance qui les séparait. Rôdeur s'avança pour la repousser. Une erreur, comme il n'allait pas tarder à s'en rendre compte.

Au milieu de son trajet, Varian prépara son bouclier et concentra son pouvoir dedans. Une roue tournoyante d'énergie se forma en son centre, imprégnée du pouvoir du Sommeil. Varian laissa le Rothuka voler ; la roue partit à une vélocité mortelle, frappant Rôdeur. Il était inconscient avant même de toucher le pont.

Varian atterrit parfaitement et roula au loin, minimisant les dommages de l'atterrissage. Se relevant, elle se retrouva directement en face de Gatherer qui abaissa sa lame. Varian reçut la lame sur son bouclier mais Ramasseur avait le bras puissant et força le sien à plier. De toute sa force, elle fit dévier la lame d'un coté et attaqua rapidement de l'autre, envoyant ses avants-bras pour blesser Ramasseur au flanc. Son armure était cependant trop épaisse et la lame rebondit. Les assauts suivants se montrèrent tout aussi inutiles. Prudemment, Varian fit le tour de Ramasseur, réticente à l'idée d'utiliser ses pouvoirs mentaux alors qu'il avait encore son lanceur de Rothuka.

Un peu plus loin, Norik manœuvrait anxieusement son esquif autour du vaisseau des Chasseurs de l'Ombre. Couler le bateau était hors de question (bien que ce soit tentant), c'était trop risqué d'essayer de monter lui-même. S'il abandonnait l'esquif, il abandonnait leur seule chance de s'échapper. C'était une situation sans issue, et son issue dépendait totalement de Varian, ce qu'elle adorait. Il n'y avait plus moyen d'argumenter avec elle dès qu'elle avait posé le pied par terre (ce qu'elle faisait souvent, au sens littéral). Tout ce qu'il pouvait faire était attendre et espérer, deux des choses pour lesquelles il était mauvais.

Sur le pont, Varian préparait un autre Rothuka. Norik lui avait dit que Ramasseur était un insomniaque qui ne dormait jamais mais ça ne voulait pas dire qu'il en était incapable.

Elle n'eut jamais la chance de tester sa théorie, et elle fut brutalement frappée sur le coté de sa tête. Tandis qu'elle tombait, elle vit Rôdeur, ayant récupéré de sa « sieste », du coin de l'œil. Dans ses derniers moments de conscience, elle envoya un message de détresse télépathique, un dernier essai désespéré, et toucha le pont. Rôdeur ramassa le Toa endormie et se dirigea à l'intérieur pour remettre le bateau en route. Ramasseur le suivit mais une soudaine augmentation de la température le poussa à regarder derrière lui. C'était Norik, des flammes l'environnant, lance et bouclier prêts à attaquer. Norik pointa sa lance et envoya une boule de magma concentrée. Avec une vitesse surprenante, Ramasseur évita le tir et se propulsa en avant. Utilisant son incroyable arsenal, Ramasseur fit feu sur Norik, le touchant avec son Rothuka, son canon d'énergie et plusieurs disques Kanoka. Norik fut incapable d'éviter l'assaut et fut capturé par Ramasseur, qui l'emmena à l'intérieur.

***

Varian ouvrit ses yeux ; du moins, elle pensa qu'elle le fit. C'était difficile à dire dans une telle obscurité. Elle explora manuellement les environs, essayant de voir comment était faits les alentours. Tout ce qu'elle sentit était le froid de la pierre solide de ce qui était une cellule de prison. Un panneau de pierre glissa, l'aveuglant de la lumière qui apparut. Dans l'encadrement de la porte, il y avait un grand Chasseur de l'Ombre avec une armure d'or qu'elle connaissait comme « Ancien ».

« Ah, » dit le Chasseur de l'Ombre vétéran. « Tu es réveillé. Épargne-moi des problèmes. Ta présence est demandée dans la chambre du Ténébreux. »

« Demandée ? » releva Varian. « Et si je refuse ? »

Ancien grogna inamicalement. « Alors tu mourras. »

« Je vais venir. »

« Sage décision. »

Ancien mena Varian dans une grande pièce. Un trône occupait le point principal de la pièce. Assis sur le trône, on pouvait voir le Ténébreux, avec un air de confiance et de pouvoir qu'un être inférieur ne pourrait jamais avoir. Devant elle se trouvait Ténèbres, et à sa droite était assis L'Enregistreur, remplissant son seul but dans la vie. Ancien partit de la pièce pour revenir avec les corps inconscients d'un Toa du Feu et d'un Toa du Son.

« Maintenant, Toa. » dit le Ténébreux, ramenant l'attention de Varian vers lui. « Je suis accablé par un dilemme. Vois-tu, je voulais deux Toa et je me retrouve.. avec trois. Un problème pour la plupart des gens mais j'ai trouvé une solution intelligente. Je vais te permettre de choisir pour moi. »

Pendant une minute, Varian ne comprît pas les mots. Lentement, la vérité de l'action simple et maléfique s'imposa à elle.

« Non. » dit-elle fermement. « Je ne le ferais pas. »

Le Ténébreux rit. « La bravade face au danger est admirable. Cependant, trois c'est du surplus. » Il amena sa lame près du cou de Norik. « Ou bien tu choisis que l'un des deux vive... ou j'en choisis un pour mourir. »

Elle craqua. Norik était son meilleur ami et elle ne pouvait être responsable de sa mort.

« Lui, » dit-elle. « Norik. Je le choisis. »

« Prévisible, » dit dédaigneusement le Ténébreux. « Très bien. Il sera ramené au Continent Nord, vivant. »

Alors qu'Ancien sortait le Toa du Feu de la pièce, Varian étendit ses pouvoirs vers lui, donnant à Norik des pensées et des rêves agréables ; c'était tout ce qu'elle pouvait faire pour une vie d'amitié.

Quand il fut parti, Varian se tourna vers le Ténébreux.

« Et nous ? Qu'est-ce que tu as prévu pour nous ? »

« Toi, » se délecta le Ténébreux, « tu resteras ici, en stase pour l'éternité. Tu ne pourras pas voir entendre ou ressentir quoi que ce soit. »

« Pour-pourquoi ?! » s'exclama Varian. « Quel est le but de tout cela ? »

« But ? » dit le Ténébreux, moqueur. « Ne te flatte pas, Toa. Tu ne seras pas important. Tu seras exposé ici, comme ces Kanohi. Je dois admettre, ce fut difficile de choisir ton élément, mais je me suis décidé pour le Psychisme. Ton genre a un certain... charme, je trouve. »

L'esprit en panique, Varian s'agrippa à la dernière chose qu'elle ne comprenait pas.

« Et le Toa du Son ? Je... Je ne connais même pas son nom. Qu'est-ce que tu as prévu pour lui ? »

« Son nom est Triglax, » dit le Ténébreux, « et il continuera à me servir d'employé comme il l'a déjà fait pendant des siècles. »

Confuse, Varian se tourna vers le Toa, juste pour le voir debout et se reculant vers le mur. Devant ses yeux horrifiés, il commença à changer et à se métamorphoser, arrivant finalement à une forme totalement différente.

Le Ténébreux se glissa vers elle.

« Heureusement pour toi, en stase... Tu ne pourras pas penser. »

Les cris de Varian furent les derniers sons qu'elle émit.

Personnages

Diffusion

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TimelineNav.png 2005 Protection | La Naissance d'un Chasseur de l'Ombre
2006 Le Rapport d'Infiltré | Tentacules | Espoir
2007 Les Nombreuses Morts de Toa Tuyet
2008 Le Royaume
2009 Décadence
2010 Personne N'Est Laissé Pour Compte